lundi 23 juin 2014

CHATEAUX D'ESTUPHIN DE HAUT-KOENIGSBOURG ET D'OEDENBOURG

LES CHATEAUX D'ESTUPHIN DE HAUT-KOENIGSBOURG ET D'OEDENBOURG (67):

TROIS CHÂTEAUX QUE L'ON CONFOND



Lorsqu'on évoque l'histoire du HAUT-KOENIGSBOURG, beaucoup se plaisent à confondre l'histoire de ce château à la durée de vie si courte, avec celles des châteaux d'ETUPHIN et de KOENIGSBERG dit OEDENBOURG qui est situé à deux pas de ce « pauvre » HAUT-KOENIGSBOURG, qui n'a connu qu'une existence effective que d'un peu plus d'un siècle...

En fait sa notoriété vient du fait que l'empereur d'Allemagne Guillaume II en fit une résidence impériale où d'ailleurs il ne vint pour ainsi dire jamais...

Tout sent le faux dans un Haut-Koenigsbourg dédié à la mégalomanie germanique.

L'histoire de ces trois châteaux reste intimement liée et se trouve aujourd'hui confondue à tel point que comme on occulte la présence de l'OEDENBOURG aux visiteurs non avertis, on s'ingénie à attribuer au grand château une histoire qui n'est pas la sienne.

SITUATION

Ces châteaux sont situés sur la commune d'ORSCHWILLER (67) à 757 mètres d'altitude.




LE CHATEAU D'ESTUPHIN


HISTOIRE

Construit à l'emplacement de l'actuel HAUT-KOENIGSBOURG au cours du XI° siècle par Frédéric de BUREN, comte de Souabe et père de CONRAD empereur du Saint Empire Romain Germanique sur une terre appartenant à l'abbaye française de SAINT-DENIS. 
En 1147 le roi de France Louis VII, à la demande de l’abbé de Saint-Denis Othon de DEUIL intervient auprès de l'empereur, un HOHENSTAUFFEN, pour faire valoir les droits de l'abbaye sur le château d'ESTUPHIN. Louis VII sera débouté de sa demande. On sait qu'à cette époque le château possèdait deux tours.

En 1197 l'évêque de Strasbourg Conrad de HUHNEBOURG hostile à l'empereur Philippe de HOHENSTAUFFEN, s'empare du château et le démantèle. Les ruines allaient connaître presque 300 ans d'abandon.





LE KOENIGSBERG dit OEDENBOURG


HISTOIRE

Construit en 1200 sur ordre de Philippe de HOHENSTAUFFEN à proximité immédiate des ruines de l'ESTUPHIN.  Ce nouveau château est confié à THIEBAUT de Lorraine qui mourra empoisonné en 1200 sur ordre de ce même empereur. MATHIEU II de Lorraine inféode le château aux Landgraves de WERD dont la famille est originaire du château de FORBACH (57). En 1362, pour un prix de 10 000 florins d'or, le château devient la propriété de l’évêque de STRASBOURG Jean de LICHTENBERG. En 1395, le KOENIGSBERG devient une forteresse impériale inféodée aux sires de HOHENSTEIN, puis en 1398 aux RATHSAMHAUSEN.



Les nobles de HOHENSTEIN

Au début du XV° siècle nous y retrouvons les HOHENSTEIN. Le château de KOENIGSBERG est devenu un repaire de brigands dirigé par Valentin de NEUENSTEIN et Antoine de HOHENSTEIN. Jean de DAHN, prince palatin est enlevé en 1454 et retenu prisonnier au château. L'homme sera libéré après un long siège mené par l’évêque de STRASBOURG Robert de Bavière. Valentin de NEUENSTEIN sera emmené prisonnier. En 1462, Antoine de HOHENSTEIN est à la tête d'une véritable armée de brigands. Une coalition dirigée par la Maison d'Autriche le bloque avec ses compères au KOENIGSBERG. 17 canons vont faire feu sur la place du 22 au 27 octobre. Une brèche est ouverte dans les murailles, la place est prise et les brigands sont pendus aux merlons du château. Seul leur chef noble est épargné. Il mourra en 1476 après avoir été déchu de ses droits. Le KOENIGSBERG avait vécu. Il devint l'OEDENBOURG, le château abandonné en traduction littérale. Il ne sera jamais relevé et servira de carrière pour la reconstruction de l'ESTUPHIN.

ETAT ACTUEL


Jamais ce château n'a aussi bien mérité son nom qu'actuellement. Les ruines sont envahies par la végétation et leur abords entièrement grillagés en font un site inaccessible. Pourtant la ruine est imposante et mériterait une sérieuse campagne de restauration. L'intérieur du château n'est plus accessible au public.



ACCÈS


Longez le HAUT-KOENIGSBOURG vers le sud et poursuivre sur le sentier au delà du monument. Après quelques centaines de mètres, les ruines du KOENIGSBERG se découvrent.



VUES DU SITE




Croquis des ruines (réalisation personnelle



Reconstitution (collection personnelle)




Le fossé





Vue générale du palais envahit de végétation en 2014




Le même lieu en 1978. Notez les roches mêlées aux murailles




Vestiges de l'enceinte extérieure



La tour pentagonale






Coté Ouest



Façade Ouest en 1980



Même lieu en 2014



Emplacement du donjon en 1980




Intérieur des logis en 1984




Une cheminée en 1984




Le bastion Nord



LE CHÂTEAU DU HAUT-KOENIGSBOURG


HISTOIRE

L'empereur Frédéric III de HABSBOURG ordonne la construction d'un château sur les ruines de l'ESTUPHIN en 1479. Le nouveau château sera grandiose mais son rôle sera strictement militaire. La citadelle qui prendra le nom de HAUT-KOENIGSBOURG est confiée aux sires de TIERSTEIN. En 1533, la Maison d'Autriche engage le château à François-Conrad de SICKINGEN qui l'équipe pour l'artillerie. Un puits est creusé par les mineurs de SAINTE-MARIE-AUX-MINES. Une importante garnison y est entretenue tout au long du XVI° siècle.




Armes des SICKINGEN

1618, la Guerre de Trente Ans éclate. Dés le mois de Juillet, les troupes suédoises à la solde du Roi de France assiègent le château qui capitule le 27 août. Livré au pillage, le château est incendié. Il ne sera plus reconstruit et passera aux mains de plusieurs propriétaires avant d'appartenir à la ville de SELESTAT.

Le 8 mai 1899 cette ville fait don de la ruine à l'empereur Guillaume II d'Allemagne. Celui-ci la fera relever par l'architecte Bodo Ebhardt qui y œuvrera de manière très contestable...

La ruine avait été classée « monument historique » en 1862 par les allemands. Le château est classé palais national en 1930. C'est aujourd'hui l'un des monuments les plus visités de France.

ACCÈS

On y accède facilement au château en véhicule. L'entrée est payante.





VUES DU SITE


LES RUINES


Vue d'artiste du XIX° siècle (collection personnelle)




Vue de l'intérieur (collection personnelle)





Les ruines vers 1995. Notez l'absence de donjon


LE CHÂTEAU ACTUEL




Plans du monument (collection personnelle)




Arrivée sur le site




Extrémité Nord




Ce moulin à vent est une pure fantaisie




Le donjon




Les logis




Coté Sud Est




Tour Sud Est




Tour Sud Ouest




L'enceinte




La porte d'entrée




La herse




Portes successives




Sous le donjon




Les communs




L’accès au chemin de ronde
Lieu de tournage d'une scène du film de Jean RENOIR
"LA GRANDE ILLUSION"




Au delà de cette porte, c'est payant




Accès au château




Seconde porte




Le puits




Escalier renaissance


Impossible de prendre des photos valables des intérieurs tant la fréquentation est importante, aussi, vous devrez vous contenter de ces vielles vues d'un autre âge, mais comme rien n'a changé...



La grande salle





La salle dite "Chambre lorraine"




La salle d'armes




Cour intérieure




Façade Sud des logis




Accès aux tours d'artillerie




Charpente de tour




Chemin de ronde




Chambre d'artillerie




Canon sur affût




Pièces en batterie sur la tour Ouest




Porte de sortie de la visite




Lices Ouest




Courtine Ouest

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