mardi 25 novembre 2014

CHÂTEAU-SUR-PERLES

LE CHÂTEAU DE CHÂTEAU-SUR-PERLES (88) :


CERTAINEMENT LA RUINE LA PLUS MÉCONNUE DES VOSGES


SITUATION :

Le château de CHÂTEAU-SUR-PERLES se trouve dans la vallée de la Vologne, sur la commune de CHENIMENIL (88). Il domine le village à 448 mètres d'altitude.


LES PERLES DE LA VOLOGNE 

Et oui, des perles issues d’huîtres perlières de l’espèce dite Mulette allongée. Ces mollusques d'eau douce vivaient dans les rivières du Neuné et de la Vologne qui à l'époque des ducs de lorraine s'appelait LA PERLE. Le mollusque était endémique de la rivière NEUNE qui est affluente de la Vologne qui a été peu à peu colonisée par celui-ci. Les perles trouvées dans ces huîtres étaient très recherchées et sont entrées dans la fabrication de trésors royaux. C'est toute une activité de pêche qui va se développer au cours des siècles. Parmi les bijoux réalisés figurent ceux d’Élisabeth d’Orléans, épouse du duc de Lorraine LEOPOLD 1er, ceux des abbesses de REMIREMONT, où ceux de Joséphine de Beauharnais épouse de Napoléon 1er.

Malheureusement, et pour cause de surexploitation, l'espèce du coquillage perlier a été anéantie et lorsqu'en 1828, la duchesse d'Angoulême désira un collier et un  bracelet de perles de la Vologne, elle ne put être satisfaite car la ressource avait disparu.

Quoi que...

HISTOIRE 

Le CHATEAU-SUR-PERLES est une construction tardive autorisée par le duc de Lorraine RENE II en 1473. Il est tenu Gérard d'HARAUCOURT sénéchal de Lorraine qui sera en outre chargé de veiller sur le commerce des perles. Une chapelle dite NOTRE DAME DES NEIGES sera édifiée dans l'enceinte du château et donnera lieu à un pèlerinage qui perdurera jusqu'au XIX° siècle, bien que cet oratoire eut disparu depuis longtemps.

Le château passe aux LENONCOURT. Charlotte, dernière représentante de sa lignée, dame du chapitre de REMIREMONT vend alors la place au curé de DOCELLES nommé PARISOT. En 1775 il est la propriété d'Antoine de CHAINEL qui va transformer la forteresse en y créant des jardins en terrasse au sud de la colline. Longtemps la noblesse des De CHAINEL fut contestée mais le duc Léopold Ier confirmera l'origine noble des châtelains le 10 août 1706. Philippe Antoine de CHAINEL recevra de 10 juin 1757 la seigneurie de CHENIMENIL et CHÂTEL-SUR-PERLES des mains du roi de Lorraine STANISLAS, puis le fief de TURKHEIM leur sera accordé par l'évêque de METZ SAINT-SIMON le 14 septembre 1759.



Le château avant destruction

Les DE CHAINEL fuiront la France durant la Révolution. CHÂTEAU-SUR-PERLES est saisit et vendu pour 415 000 livres à des agriculteurs le 26 fructidor de l'an III.

Le château sera ensuite démantelé et exploité comme carrière de pierres.

ETAT ACTUEL

Les restes de ce château bien que très étendus sont dans un complet état d'abandon. Il ne subsiste que des bases de murs, dont ceux des terrasses des jardins du XVIII° siècle. Un puits d'une profondeur encore importante, une cave et un couloir souterrain, le tout littéralement mangé par la végétation.

ACCÈS


A CHENIMENIL, prendre la direction de RAMBERVILLERS. A hauteur d'un pont routier sur lequel passe la route d'EPINAL, laisser le véhicule. Suivre le chemin de champ situé à proximité de ce pont et qui longe la dite route, puis grimper sur la colline. On atteint les ruines après 10 minutes de marche.

VUES DU SITE



Croquis des ruines réalisé sur place




Cette maison aujourd'hui disparue était à proximité du puits (collection particulière)




Aspect général du site




A droite, le puits




Le puits et sa grille protection




Et là surprise! notez la construction, pierres, briques et roc




Bases de murs




Entrée des souterrains




La cave




Galerie voûtée




mur médiéval




Vestiges des terrasses




Autre vestige




Terrasse Sud




Enceinte Sud




Des restes de murailles se retrouvent un peu partout




Rocher Est




La végétation "mange" de château




Terrasse Sud-Est




Muraille Est




Gros moellon répertorié "5" sur le croquis

lundi 10 novembre 2014

CHÂTEAU DE GUIRBADEN

LE CHÂTEAU DE GUIRBADEN (67) :


LE PLUS GRAND CHÂTEAU D'ALSACE


Le château de GUIRBADEN se trouve sur la commune de MOLLKIRCH (67) à 565 mètres d'altitude, entre les vallées de la BRUCHE et de la MAGEL.


HISTOIRE


Le château est élevé à l'initiative de Hugues III de DABO EGUISHEIM au X° siècle. Il est censé protéger la nouvelle abbaye d'ALTORF voulue par ces dynastes pour en faire leur sépulture. En 1024 le duc de SOUABE Ernest II allié à des nobles lorrains entre en guerre contre l'empereur CONRAD II. Vaincu, Ernest n'a qu'un désir : la revanche. Il envahit l'Alsace et s'en prend aux fortifications. Le GUIRBADEN sera ravagé.

En 1137 le château réapparaît alors qu'une chapelle est érigée à proximité de celui-ci mais en 1198 la place est à nouveau au centre d'un conflit durant la lutte dite entre César et anti-César. A l'extinction des DABO-EGUISHEIM, le château devient une forteresse d'empire laissée aux mains des LINANGE successeurs de la dynastie éteinte. L'évêque de STRASBOURG Guillaume de TECK revendique alors la pleine propriété sur le château, l'empereur confirme qu'il appartient bien au prélat. Le château sera dès lors confié à des baillis issus notamment des familles BALBRONN, ANDLAU ou MULLENHEIM.

Vers la fin du XIII° siècle le GUIRBADEN est aux mains des Templiers jusqu'en 1332 à la suppression de l'ordre par le roi de France PHILIPPE IV LE BEL.

La place est alors engagées à Rodolphe de HOHENSTEIN, mais l'évêque de STRASBOURG Guillaume II de DIEST s'y oppose et chasse le nouveau châtelain des lieux. Finalement les HOHENSTEIN resteront les maîtres du château.



Les sires de HOHENSTEIN
(Collection personnelle)


En 1445 les Armagnacs sont mis en déroute lors de leur tentative pour investir le château. En mars 1475 Jacques de HOHENSTEIN complote avec CHARLES LE TEMERAIRE duc de BOURGOGNE. Il envisage que son château devienne une base privilégiée pour les forces bourguignonnes, mais son projet s’éventera et l'évêque de STRASBOURG fera investir le château par des mercenaires qui arrêteront le châtelain. Une garnison strasbourgeoise sera entretenue dans la place.

Au XVI° siècle le château est confié aux sires de RATHSAMHAUSEN. En 1525, les Rustauds ne pourront pas entrer au GUIRBADEN.

La guerre de Trente-Ans éclate et en septembre 1632 les Suédois sous les ordres du colonel HARFF tentent vainement d'entrer dans la place. Une garnison lorraine sous les ordres du comte Adolphe de SALM vient renforcer les défenseur. Cependant le commandant de la place leur en refuse l'entrée. L'armée de SALM entre par force et s'installe. Le 14 septembre 1633 les Suédois sont de retour au GUIRBADEN qui est encerclé. Finalement le château se rendra. Il sera gravement endommagé mais toujours habitable car en 1647 les RATHSAMHAUSEN  sont de retour. En 1652, la lorraine est occupée par la France, mais son duc CHARLES IV cherche à reconquérir son trône. Son armée attaque de château en 1652 et l'incendie. Le coup de grâce est porté à la forteresse en 1657, elle est abattue à coups de mines par les Français.

En 1696 la seigneurie de GUIRBADEN est donnée par le roi de France LOUIS XIV au marquis de CHAMBLAY, puis échoira au cardinal de ROHAN. La famille conservera la ruine jusqu'à la Révolution. Saisit comme bien de la Nation, le château ne trouvera pas preneur et sera restitué aux ROHAN à la Restauration. Les WANGEN deviendront propriétaires des lieux et y feront exécuter d'importants travaux de restauration. Actuellement les ruines sont propriété de la famille de LASSUCHETTE.

Plusieurs tentatives de restaurations furent commencées ces dernières années, mais aucune de sera suivie d'effet.

Le château est classé Monument Historique depuis le 6 décembre 1898.


ÉTAT ACTUEL


Le château s'inscrit dans une surface mesurant 100 mètres sur 50 et constitue la plus grande ruine d'Alsace. Il s'articule en deux parties séparées par un fossé creusé à la main. A l'est se trouve le château proprement dit et à l'ouest existe une vaste basse-cour où s'élève la chapelle autrefois dédiée à SAINT-SÉBASTIEN et une tour carrée dite TOUR DE LA FAIM. Au sud l'entrée est protégée par une puissante barbacane. A l’Extrême Est, le donjon est perché sur un rocher inaccessible. Il constitue la partie la plus ancienne de la forteresse.

ACCÈS


On se rend aux ruines par plusieurs itinéraires balisés aux départs de MOLLKIRCH ou de GRENDELBRUCH. Dans les deux cas compter une bonne heure de marche pour atteindre les lieux.


VUES DU SITE



Plan du GUIRBADEN (collection personnelle)




Reconstitution (collection personnelle)




Sur gravure allemande du XIX° siècle ( collection personnelle)




Le donjon en 1975




Les parties anciennes en 2014




Entrée Est




Première porte Ouest




Détail sur le débattement de la porte Ouest





La porte Ouest vue depuis la barbacane




Tour de flanquement interne à la barbacane




Face Ouest de la deuxième porte




Face Est de la deuxième porte




Vestiges de la troisième porte




La grande arche de décharge sous le donjon




La petite arche de décharge




La cinquième porte était pourvue d'une herse
(la quatrième porte a disparu)




La porte d'accès au vieux château




Côté Nord Ouest du donjon




Arche de décharge Nord-Ouest




La poterne Est




Le rempart Est




Le palais en 1975




Intérieur du palais en 2014




Baie romane prise en 1975 et qui est aujourd'hui masquée par les arbres




Vue du palais depuis le fossé en 1975. De nos jours ce
fossé est occupé par une jungle...




Il nous faut ressortir du château par la porte Ouest...




pour accéder à la cour




Nous y trouvons la chapelle




Vue intérieure de la chapelle




En 1975, le tour de la faim avait encore fière allure, mais
les arbres qui y poussaient allaient la disloquer




Aujourd'hui elle se cache dans les arbres




Si la façade Est est encore altière,




la façade Ouest accuse les destructions causés par les chutes d'arbres