mardi 17 mai 2016

CHÂTEAUX DE DREISTEIN

LES CHÂTEAUX DE DREISTEIN (67):

RUINES DISCRÈTES

Ces ruines sont parfois orthographiées DREYSTEIN

SITUATION

Les châteaux de DREISTEIN se trouvent sur la commune d'OTTROTT (67), dans le massif du MONT SAINTE-ODILE, à 628 mètres d'altitude.


HISTOIRE

Trois châteaux aux allures singulières. A l'ouest un ensemble constitué de deux forteresses accolées mais qui ne communiquent pas entre elles, à l'est, une troisième ressemblant à une maison-forte, type de construction peu courant en Alsace.

Les éléments historiques sur ces forteresses sont rares. On suppose que les deux premiers châteaux ont été construits au XIII° siècle . Le troisième château lui daterait du XIV°. Ces constructions apparaissent dans l'histoire pour la première fois sous le règne de l'empereur Frédéric III. Celui-ci accorde aux sires de RATHSAMHAUSEN-EHENWEIR à titre de fief impérial les châteaux de DRESTEIN et le château de WALDSBERG (HAGELSCHLOSS - voir ce nom). Cette cession est ratifiée en 1550 par l'empereur CHARLES V.

Ce sont les deux seules mentions historiques de ces châteaux. Pour le reste il faut se contenter d'hypothèses. On sait qu'en 1662 le monastère de HOHENBOURG (SAINTE-ODILE) à été pillé. peut-être que les DREISTEN ont subit le même sort ?

Les nobles de RATHSAMHAUSEN-EHENWEIR resteront propriétaire des ruines jusqu'à la Révolution. Les châteaux seront vendus comme bien de la nation et connaîtrons ensuite plusieurs propriétaires.

Les ruines sont inscrites sur la liste des Monuments Historiques depuis le 6 mars 1990. Longtemps à l'abandon, les châteaux se sont beaucoup dégradés ces dernières années. Au cours du XX° siècle le donjon du DREISTEIN occidental s'est écroulé et à entièrement disparu. récemment les châteaux ont enfin été dégagés de leur gangue végétale et ont bénéficié d'une belle restauration.

ETAT ACTUEL

Le château occidental et le château central sont les mieux conservés. Le premier présente une étonnante baie en avec arc surbaissé. Le château oriental possède une fenêtre à double arche reposant sur deux piliers dont l'un a disparu.

ACCÈS

Au départ de KLINGENTHAL prendre la direction du MONT SAINTE-ODILE. Peu avant une suite de virage, stationner le véhicule au lieu-dit SAEGMUEHLMAETTEL (embranchement situé dans un virage en forme de Z). Suivre à pied le sentier balisé qui mène aux ruines en vingt minutes de marche en forte rampe.


VUES DU SITE



Les ruines d'après IMLIN (B.N.U. STRASBOURG)
(collection personnelle)




Plan des ruines (collection personnelle)




Les ruines en 1910. Notez le donjon du château oriental
aujourd'hui disparu (collection personnelle)




Le château oriental en 1974




Le château occidental en 1974




Vue générale des ruines en 2016


CHÂTEAU ORIENTAL




Le fossé




Façade Nord




Angle Sud-Ouest




La citerne




La double baie




Intérieur




Cheminée




Base du donjon


CHÂTEAU CENTRAL




Angle Est




L'entrée




Les logis




Poterne Est




Poterne Est vue extérieure




Entrée et château occidental


LE CHÂTEAU OCCIDENTAL




Côté Nord




Entrée




Logis et donjon




Intérieur du donjon et vestige d'un escalier




Le logis et la grande baie




Donjon et mur séparant les deux châteaux




Le donjon vu du château central

samedi 14 mai 2016

PRIEURE DE BELVAL

LE PRIEURE DE BELVAL (88):

PÈLERINAGE DE SAINT-SPINULE


SITUATION

Le prieuré de BELVAL se trouve sur la commune de PORTIEUX (88) au lieu-dit du même nom à 315 mètres d'altitude à proximité de l'ancienne cristallerie de PORTIEUX.


HISTOIRE

Au VII° siècle le moine SPINULE quittait le prieuré de BEGONCELLE pour se retirer en ermite à proximité du MORI, un petit affluent de la Moselle. L'endroit deviendra BELVAL.

Gérard Ier de VAUDEMONT, fils cadet du duc Gérard Ier de Lorraine (Gérard d'ALSACE), fonde le prieuré de BELVAL en 1107. Il voulait ainsi rendre hommage à l'ermite. Ce lieu servir initialement comme lieu de sépulture a son fondateur et à son épouse avant que leurs cendres ne soient transférées à NANCY en 1718.

Le prieuré est placé sous l'autorité d'un prieur bénédictin qui adressa une demande officielle à l'abbé BERTICE de MOYENMOUTIER (88) pour obtenir le transfert des restes de SAINT-SPINULE à BELVAL. Gérard de VAUDEMONT faisait entrer les reliques dans la nouvelle église de BELVAL. Celle-ci fut consacrée en 1134 par Henri de Lorraine évêque de TOUL qui la plaça sous le patronage de la Sainte-Croix. BELVAL devint un centre important de pèlerinage où semble-t-il de nombreux miracles eurent lieu.

Le prieuré vivra jusqu'au 29 décembre 1616 date où il est officiellement supprimé par le pape PAUL V. Les religieux quittent BELVAL pour l'abbaye SAINT-LEOPOLD de NANCY. Néanmoins, le pèlerinage de SAINT-SPINULE va être maintenu, rattaché à la congrégation de SAINT-VANNE sous l'autorité de MOYENMOUTIER.

François MAGNIEN, maître d'hôtel du duc de Lorraine LEOPOLD Ier obtient de celui-ci l'autorisation de créer une verrerie à proximité de BELVAL qui deviendra la cristallerie de PORTIEUX qui a fermé ses portes récemment.

Les reliques de SAINT-SPINULE seront ensuite transférées en l'église paroissiale de PORTIEUX. Le prieuré lui sera transformé en ferme, puis accueillera des religieuses jusque récemment. C'est aujourd'hui un centre d'aide par le travail pour handicapés.


SAINT-SPINULE

Parmi la douzaine de saints que compte de département des Vosges, SAINT-SPINULE est sans doute le plus méconnu. 

L'on sait peu de chose sur ce personnage, si ce n'est qu'il est un compagnon de SAINT-HIDULPHE, évêque de TREVES (D), fondateur de l'abbaye de MOYERNMOUTIER. On sait qu'il est né dans les Vosges et qu'il fut chargé par HYDULPHE de créer une celle au confluent du RABODEAU et de la MEURTHE. C'est ainsi que naquit le prieuré de BEGONCELLE situé au hameau nommé de nos jours SAINT-BLAISE. SPINULE fut toujours de santé précaire. Vers la fin de sa vie il s'est retiré à BELVAL. Il serait mort dans mes bras d'HYDULPHE.

Jusque là aucune raison d’accéder à la sainteté si ce n'était le fait qu'après sa mort, le personnage commença à faire des miracles à un rythme tel que cela devenait gênant pour la tranquillité des lieux au point qu'il a fallu officiellement intervenir par des prières afin que ces miracles cessent...

Dès lors l'ambiance des pèlerinages fut plus serein , les miracles devinrent rares au point de disparaître entièrement...


ETAT ACTUEL

Il reste bien peu de chose du prieuré originel: Un bâtiment qui présente un oriel de chapelle et une tour médiévale et une façade avec fronton de style classique.

ACCÈS

BELVAL est une propriété privée qui ne se visite pas


VUES DU SITE


Vue aérienne des lieux (Géoportail)


BELVAL vu sens Nord-Sud au début du XX° siècle
(collection particulière)


Vue sens Sud-Nord (collection particulière)


Façade classique


Vestiges d'une chapelle


Tour médiévale

ABBAYE DE MURBACH

L'ABBAYE DE MURBACH (68):


PUISSANT ÉTABLISSEMENT RELIGIEUX



Cette puissante abbaye du sud de l'Alsace fut à l'origine de nombreux châteaux-fort comme le HOHRUPF, le HERRENFLÜL, ou encore de HUGSTEIN.



SITUATION


L'abbaye de MURBACH se trouve sur la commune du même nom. Elle occupait un vaste espace situé à 440 mètres d'altitude environ.


HISTOIRE

En l'an 727, le comte Eberhard d'EGUISHEIM, un neveux de SAINTE-ODILE décide de la création de l'abbaye. Il fait venir SAINT-PIRMIN accompagné de douze moines pour réaliser son vœux. Le premier des abbé fur ROMANUS.  Dès le 12 juillet 727 le roi  mérovingien Thierry IV confirme la donation d'Eberhard. CHARLEMAGNE nommé l'abbé SIMPERT évêque d'AUGSBOURG (D) et devin abbé laïc de MURBACH durant une années.

Le X° siècle voit arriver les incursions destructrices des Hongrois. Le 4 juillet 926 l'abbaye est mise à sac et sept moines sont exécutés. En 977 MURBACH est sous la dépendance de l'abbaye bourguignonne de CLUNY (72), qui a, suivant la volonté de l'impératrice Adélaïde de BOURGOGNE, financé la restauration des lieux. L'abbaye de MURBACH va vite se retrouver à la tête d'un immense territoire comprenant quelque 350 localité réparties de la Suisse au Palatinat. Elle possède de nombreux châteaux, des verreries, des mines et des sources thermales.

Hugues de ROTHENBOURG, abbé, obtient le titre de prince du Saint-Empire en 1228. Il siège au conseil  des prélats d'Empire avec privilège de préséance sur les autres abbés. Une imposante bibliothèque va être constituée tout au long du moyen-âge. L'empereur CHARLES QUINT autorise l'abbaye à battre monnaie en 1544. En 1554 MURBACH est réunie avec l'abbaye de LURE (70). En 1587 l'abbé Gabriel GIEL est élu, mais le pape refuse cette élection et impose aux moines comme abbé André d'AUTRICHE. Celui-ci instaure le régime de la commende qui perdurera jusqu'au XVIII° siècle. Cet état de fait sera source de plusieurs conflits avec la pape, l'empereur ou le roi de France.


L'abbaye de MURBACH

L'abbaye est dévastée vers 1650 par les troupes de Bernard de SAXE-XEIMAR. A la réunion de l'Alsace à la France en 1648, l'abbaye perd son droit de battre monnaie. A partir de 1704 plusieurs abbés commendataires furent élus, mais souvent ils ne fréquentaient plus les moines et ne demeuraient plus à l'abbaye. En 1720, les moines quittent les lieux pour s'installer à GUEBWILLER. A cette époque, la destruction de l'abbatiale est commencée. Elle doit faire place à une nouvelle église de style baroque qui ne verra jamais le jour...

En 1764 Seuls dix moines constituaient l'effectif de l'abbaye qui ferma définitivement en 1789.

Ce qui reste de l'abbatiale fut classé Monument Historique en 1841.

ÉTAT ACTUEL

Il subsiste le transept roman de l'église abbatiale aménagé en église paroissiale. A l'intérieur gisant d'Eberhard d'EGUISHEIM qui décidé de la fondation de l'abbaye.  Le portail d'entrée porte encore les rames de l'abbaye. Au-dessus de l'église se trouve la chapelle Notre Dame de LORETTE de construction plus récente. De cette chapelle part le sentier pour attendre les ruines du château de HOHRUPF-voir ce nom.

ACCÈS

Laisser le véhicule sur le parking situé hors les murs et visiter les lieux à pied.


VUES DU SITE





Vue du monument depuis le parking




La porterie




Armes de l'abbaye




L'abbatiale




Sculptures romanes




Détail




Le vide laissé par la destruction des nefs a été comblé par un mur austère




A la place des nefs, le cimetière




Entrée actuelle




Transept




Le chœur




Tombeau d'Eberhard d'EGUISHEIM




Le gisant




Chapelle N.D. de LORETTE

vendredi 13 mai 2016

CHÂTEAU DE LIGNY

LE CHÂTEAU DE LIGNY (55):

CHÂTEAU DE L'HOMME QUI ARRÊTA JEANNE D'ARC

SITUATION

Le château de LIGNY se trouve sur la commune de LIGNY EN BARROIS (55), en bordure de l'ORNAIN à l'extrémité est de la ville à 230 mètres d’altitude.


HISTOIRE

Le château-fort de LIGNY est né aux alentours du XII° siècle. C'est une possession des comtes de Champagne qui va devenir barroise sous le comte RENAUD II de BAR suite à son mariage avec Agnès de CHAMPAGNE. 

Au début du XIII° siècle le château est entre les mains de la famille de LUXEMBOURG. Henri V de LUXEMBOURG vient d'épouser Marguerite de BAR. Les LUXEMBOURG prétendent être descendants de la fée MELUSINE. Le château de LIGNY sera marqué pas cette légende car la fée y sera plusieurs fois représentée, même dans la chapelle...

VALERAN II de LUXEMBOURG reçoit le château et la ville de LIGNY. Il meurt en 1288 à la bataille de WORRINGEN. Le comte VALERAN III de LIGNY ( 1371 - 1415) sera le constructeur le la Porte des Moulins qui par un pont sur l'ORNAIN donnera accès au château. Cette porte sera placée entre deux tours, dont celle dite de LUXEMBOURG qui constitue de nos jours l'unique vestige de la forteresse. En 1369 celui qui deviendra le cardinal-évêque de METZ Pierre de LUXEMBOURG voit le jour dans cette tour.


Valèran II de LUXEMBOURG-LIGNY


En 1367 le roi de France CHARLES V fait de la châtellenie de LIGNY un comté. Les comtes de LUXEMBOURG-LIGNY étaient normalement des vassaux du comte de BAR. Dans la réalité ils se plaçaient en fonction des circonstances au service du Saint-Empire, de la France ou de la Bourgogne.

C'est ainsi qu'en 1430 Jean II de LUXEMBOURG-LIGNY qui est au service des Bourguignons capture Jeanne D'ARC à COMPIÈGNE et la vend aux Anglais...

Au XVI° siècle l'empereur CHARLES QUINT fait assiéger la place (1544) par le condottiere Ferdinand Ier de GONZAGUE. Il investit le château qu'il met à sac. Au XVII° siècle, c'est le duc de Lorraine CHARLES IV qui enlève brièvement la place vite reconquise par le maréchal Français DE LA FERTE.

La ville de LIGNY et son château sont vendus au duc de Lorraine LEOPOLD Ier en 1719. Le roi STANISLAS ordonne le démantèlement du château et de l'enceinte de la ville. Seule la tour de LUXEMBOURG sera conservée pour servir de prison.

Cette tour est classée Monument Historique dès 1840

ETAT ACTUEL

De ce très grand château fort de huit tours d'enceinte, il ne subsiste que la tour de LUXEMBOURG. La tour à canons a survécu jusqu'en 1878.


ACCÈS

L'accès pédestre à la tour est bien indiqué. Le monument n'est ouvert à la visite que lors des journées du patrimoine.


VUES DU SITE



Croquis des lieux tels qu'ils existaient au XVII° siècle 




Le château et l' ORNAIN




Vue rapprochée




La porte des Moulins




Vestiges de la porte




La tour de LUXEMBOURG




Mâchicoulis




Grande archère cruciforme devenue canonnière