mercredi 22 juillet 2015

CHÂTEAU DE SIERCK

LE CHÂTEAU DE SIERCK (57):

Avec le château de SIERCK, nous rencontrons une fois de plus le gigantisme des forteresses lorraines. 

RÉSIDENCE DES DUCS DE LORRAINE


SITUATION

Le château de SIERCK se trouve sur la commune de SIERCK-LES-BAINS (57). Il surplombe la Moselle au-dessus de la cité médiévale à une altitude de 200 mètres, face au LUXEMBOURG et à proximité de l'ALLEMAGNE. Il est proche de la commune de SCHENGEN, lieu où furent signés les fameux accords européens.


HISTOIRE

Le château semble avoir déjà existé au X° siècle. Il est construit sur une terre relevant de l'autorité de l'archevêque électeur de TREVES (D). En 1047 Adalbert d'Alsace devient le premier duc de Lorraine. Celui-ci décède dès 1048. GERARD, comte de CHATENOIS, son fils, considéré comme le premier duc de Lorraine reçoit cette terre et y frappe monnaie. Le château est confié à une famille venant sans doute des Ardennes et qui deviendra la famille de SIERCK. Sous le règne du duc SIMON Ier (115-1139) le château va connaître son premier siège. En 1285, l'on trouve Ferry de SIERCK parmi les participants au légendaire tournoi de CHAUVENCY qui s'est déroulé à proximité de MONTMEDY (55). Il joute contre Millet de THIL. 

Le duc de Lorraine MATHIEU II (1220-1251) affectionne particulièrement les lieux. Son fils FERRY III affranchit la ville de SIERCK en 1295. Celle-ci s'entoure de fortifications.  Au XIV° siècle le duc de lorraine JEAN Ier apprécie aussi SIERCK comme résidence car outre NANCY, la cour aime à voyager dans divers lieux comme PRENY (54), SPITZEMBERG (88) ou BEAUREGARD (88) - voir ces noms. Le duc CHARLES II aime aussi séjourner à SIERK. Au  XV° siècle, Arnould VI de SIERCK  (1366 - 1455) édifie le château de MENSBERG (voir ce nom) et en fait la résidence principale de sa famille. Il est aussi seigneur de FRAUENBERG. Jacques de SIERCK, son fils (1400 - 1456), deviendra archevêque de TRÊVES. Au XV° siècle, le château acquiert son aspect actuel. Le 2 juillet 1431, Gaspard de SIERCK est tué à la bataille de BULGNEVILLE (voir châteaux de BULGNEVILLE). En 1443, la place est investie par les armées Bourguignonnes qui y demeureront jusqu'à la bataille de NANCY en 1477. Le château redevient lorrain jusqu'au désastreux règne de CHARLES IV lui aussi habitué des lieux.  En 1516 sous le règne du duc ANTOINE LE BON, la place est à nouveau assiégée, mais sans succès. En 1530, la famille de SIERCK s'éteint.



Gaspard de SIERCK

La guerre de Trente-ans éclate. En 1633 le château est pris par les Français, puis repris en 1635 par les lorrains commandés par le capitaine MAILLARD. En 1643 l'armée Française commandée par le Duc d'ENGHIEN dit le Grand CONDÉ assiège et reprend le château. Finalement CHARLES IV cède la ville de SIERCK et la forteresse au roi de France en 1661 par le traité de VINCENNES. LOUVOIS, ministre du roi soleil fait démolir plusieurs tours avant que le site ne soit confié à VAUBAN en 1673 pour son complet réaménagement. En 1705 le duc de MALBOROUGH venant de TREVES rencontre l'armée françaises du Maréchal de VILLARS à SIERCK. Il doit battre en retraite d'où l'origine de la chansonnette "Malbrouk s'en va-t'en guerre..."

Après le traité d'UTRECHT en 1773, la forteresse de SIERCK est à nouveau démantelée. Elle sera relevée par l'architecte CORMONTAIGNE en 1733. La place est tenue par le Maréchal de BELLE-ISLE, gouverneur de la province des TROIS ÉVÊCHÉS. C'est de cette époque que date  la poudrière et le magasin à vivres. La forteresse est totalement désarmée peu avant le Révolution. Elle est vendue en 1791 comme bien de la Nation. Rachetée par l'Etat, la forteresse retrouve un usage militaire en 1814 sous le Premier Empire ; mais dès 1866, le château est définitivement abandonné et vendu à la ville de SIERCK-LES-BAINS. Cette dénomination 'LES BAINS" évoque l’existence d'une station thermale éphémère du XIX° siècle.

Le château de SIERCK a été classé Monument Historique en 1930.

ETAT ACTUEL

Ce château-fort est en cours de restauration. Les travaux réalisés sont spectaculaires. L'ancien magasin à vivre abrite une belle collection d'armes des XV° et XVI °siècle. L'entrée du monument est payante, compter un heure pour une visite complète. La tour du Réduit ou tour SCHALL mérite à elle seule la visite. Il ne faut pas non plus négliger les anciennes portes de la cité médiévale de SIERCK, ni ses venelles. 

ACCÈS

A SIERCK, laisser le véhicule sur l'un des parking aménagé au bord de la Moselle. gagner la vielle ville et la forteresse à pied.


VUES DU SITE



Plan du château (donné aux visiteurs pour la visite des lieux)




SIERCK-LES-BAINS ( gravure allemande du XIX° siècle, collection personnelle)





Vue générale de la ville et du château




LA VILLE MÉDIÉVALE





Le château et la porte Sainte-Marie




La porte Sainte-Marie




En ville




La rue principale




Venelle




La porte Sud


LE CHÂTEAU





La tour SCHALL ou du Réduit érigée en 1673 sur ordre du duc d'ENGHIEN




La courtine Est




Courtine Sud-Ouest




Extrémité Ouest, tour de Récollets et d'artillerie
Entrée du monument




La tour d'artillerie, côté ouest




Traversée de la tour d'artillerie




Tour d'artillerie côté Ouest




Le magasin à vivres




La "salle d'armes"




Armure




L’esplanade sommitale où s'élevait le donjon




La citerne médiévale




La tour de la Redoute, la Moselle et le vignoble des côtes de Moselle




Rempart Est en chantier de restauration




La tour du réduit




Les latrines du XVIII° siècle




La passage de la citerne




La citerne




Vestige de l'enceint médiévale Nord




La tour des Récollets. Au loin, l'Allemagne et le Luxembourg




Tunnel vers le chemin de ronde Sud




Chambre de tir de la tour de la Demi-Lune




A droite accès à la tour du Réduit




Le couloir




La rampe d’accès




Dernier vestige de l'enceinte de la ville reliant le château




Dans la tour du Réduit




Le balcon d'artillerie supérieur




Chambre de tir inférieure




L'escalier de desserte des étage est aménagé dans l'épaisseur du mur




Vers le niveau inférieur...




Où se trouvaient cachot et ustensiles à raviver les mémoires défaillantes




Accès à la tour des Récollets




Chambre d'artillerie de la tour des récollets




La poudrière




Vue prise depuis la terrasse de la tour d'artillerie.
Près du clocher, en contrebas, la tour des Sorcières

vendredi 17 juillet 2015

CHÂTEAU DE BAUDRICOURT

LE CHÂTEAU DE BAUDRICOURT (88):

BERCEAU D'UNE ILLUSTRE FAMILLE DE L'HISTOIRE DE FRANCE

SITUATION

Le château de BAUDRICOURT s'élevait sur la commune du même nom. Bien qu'elle ait totalement disparu, il semble que lieu-dit BASSOMPIERRE fut l'endroit où s'élevait la forteresse .



HISTOIRE

Le village de BAUDRICOURT existe au Xème siècle. 

Au XIV° siècle il est le siège d'une seigneurie et un château-fort y est édifié. La construction du château est certainement due à Jean de BAUDRICOURT ( 1320 – 22.01.1368 ou 1387). Son fils Liébaut (1364 -1400) chambellan du roi de France CHARLES VI lui succède. C'est le père de Robert qui est le plus illustre membre de la famille de BAUDRICOURT.

En 1550, le château est vendu à la puissante famille des BASSOMPIERRE. La seigneurie est élevée en marquisat en 1766 par le roi STANISLAS, mais, le château avait déjà disparu au cours du XVII° siècle...

ROBERT DE BAUDRICOURT


Robert est né soit en 1390, soit en 1395. Il épouse Catherine de CHANCEY, puis en 1425 Aléarde de CHAMBLEY. Il aura onze enfants. Marguerite de BAUDRICOURT, sœur de Robert est aïeule du roi de France Henry IV. Robert est chevalier, seigneur de BAUDRICOURT, de BLAISE, de SORCY, de RETENUE, de BUXY, de VILLEBLAISE, de VAUDOIRE et de FOURQUEUX.

Robert est nommé capitaine de la cité de VAUCOULEURS (55), place forte du BARROIS MOUVANT qui est restée fidèle à la France. En mai 1428, il reçoit la visite d'une jeune illuminée qu'il renvoie durement dans sa famille. Jeanne D'ARC, puisque c'est elle, réitère sa visite en janvier 1429. Il la fait exorciser, puis l'envoie au duc CHARLES II de Lorraine beau-père de son suzerain le roi RENÉ alors duc de BAR. Cette entrevue ne donne pas à Jeanne le résultat qu'elle escomptait. Finalement Robert lui octroie une escorte pour la mener au dauphin le futur CHARLES VII.


Les chevaliers de BAUDRICOURT

Devenu conseiller et chambellan du roi René qui l'a armé chevalier vers 1429, il est au service de ce dernier lorsque la duchesse de lorraine ISABELLE abdique en faveur de son époux qui deviendra le duc RENÉ Ier. C'est ainsi qu'il se trouve engagé aux côté des Lorrains le 2 Juillet 1431 dans la bataille de BULGNEVILLE contre la famille de VAUDEMONT et leurs alliés Bourguignons. Robert se serait enfuit au plus fort de la mêlée d'où son surnom de ROBERT LE FUYARD. En 1437, il est nommé bailli de CHAUMONT (52), puis gouverneur de PONT-A-MOUSSON (54). Il meurt entre février et août 1454.

Il est remplacé dans ses charges par son gendre Geoffroy de SAINT-BELIN, ancien compagnon de Jeanne D'ARC lors de la bataille de LAGNY en 1430. Jean de BAUDRICOURT-CHOISEUIL, fils de Robert est seigneur de LAFAUCHE (voir ce nom), gouverneur de Bourgogne, il deviendra maréchal de France. Son épouse Anne de BEAUJEU est la veuve du maréchal Philippe de CULANT lui aussi compagnon de la Pucelle lors du siège d' ORLEANS.


ETAT ACTUEL

Il ne subsiste aucun vestige du château.





On peut imaginer que le château se trouvait au lieu-dit BASSOMPIERRE

lundi 13 juillet 2015

CHÂTEAU DE PROVENCHERES

LE CHÂTEAU DE PROVENCHERES (88) :


MAISON-FORTE DISPARUE

SITUATION

Le château de PROVENCHERES se trouvait sur la commune de PROVENCHERES-SUR-FAVE (88), à proximité immédiate de l'église sur un terrain aujourd'hui occupé par une résidence moderne appelée « Résidence de Château ».


HISTOIRE

Autre forteresse de la vallée de la FAVE, la maison forte de PROVENCHERES s'est bâtie sur des terres relevant de l'abbaye de SENONES (88). Il semble que le château ait vu le jour au XII° siècle. A cette époque, il relève de l'autorité de l'abbaye de SAINT-DIE. Au XIII° siècle, la maison-forte est occupée par la famille DROUIN qui deviendra seigneur de PROVENCHERES.

On sait bien peu de choses sur la vie de la place qui est déjà en ruines au milieu du XV° siècle. Petit à petit les vestiges du château vont disparaître, servant de carrière de pierre. Son emplacement était resté vierge de construction longtemps, mais récemment, un immeuble moderne y est construit.


VUE DU SITE


Vue générale aérienne de PROVENCHERES-SUR-FAVE
l'étoile rouge marque l'emplacement du château


samedi 11 juillet 2015

CHÂTEAUX DE HERBEVILLER: CHÂTEAU DE LA TOUR et LANNOY

LES CHÂTEAUX DE HERBEVILLER (54):


DEUX FORTERESSES DU COMT
É DE BLÂMONT

SITUATION


La commune de HERBEVILLER à possédé deux châteaux-forts: Le château de LA TOUR et le château de LANNOY, tous deux situés dans ce village traversé par  l'ancienne route nationale 4 entre LUNEVILLE et SARREBOURG .




LE CHATEAU DE LA TOUR

Au centre du village d'HERBEVILLER se dressait la château de LA TOUR érigé comme dépendance du château de BLAMONT, la place est tenue par les sires de BARBAS. Cette famille sera tantôt alliée, tantôt rivale de la famille de LANNOY qui occupe le second château. LA TOUR est en ruines dès 1450. La place fut peut-être relevée. A la fin du XIX° siècle il en restait un pan de mur et une échauguette. Ces vestiges allaient disparaître au cours du premier conflit mondial.


Les seigneurs du comté de BLÂMONT

LA MAISON-FORTE DE LANNOY

Situé à l'est du village, LANNOY était entouré de douves alimentées par la rivière BLETTE. Sa présence est attestée au XIII° siècle à l'époque ou une branche des SALM va fonder la famille de BLÂMONT. L'histoire de cette maison-forte n'est qu'une énumération des familles qui y ont demeuré: :

Thomas D'HERBEVILLER puis les nobles de CREHANGE en sont les premiers occupants. Au XV° siècle on y trouve les BANNEROT. En 1524 Jean BAYER de BOPPARD modifia le château. 

Durant la guerre de Trente-Ans, LANNOY sert de caserne durant dix-huit mois à une compagnie Croate qui laisseront la place en l'état de quasi ruine. En 1664 Nicolas de BANNEROT DE LA TOUR est seigneur de LANNOY. Il est voué de BACCARAT. En 1697, Didier BANNEROT est général dans l'armée impériale. Au XVIII° siècle LANNOY est occupé par René DE BOUCHARD, chevalier du Saint-Empire et futur colonel des troupes du roi de Pologne. Le 14 septembre 1758 par mariage, le château passe au comte de Jean-Pierre de LIGNEVILLE issue de la vieille noblesse vosgienne et alliée des BEAUVAU-CRAON. C'est l'âge d'or pour le château de LANNOY.

Après 1779 le château de LANNOY devient propriété de monsieur DE LA GARDE DE FACHE anobli par le roi STANISLAS. Durant la révolution LANNOY est livré au pillage avant de devenir durant le XIX° siècle, une simple maison d' habitation partagée par plusieurs familles .
Le château de LANNOY allait succomber aux affres de la première guerre mondiale. En ruines, sa chapelle est récupérée par un antiquaire parisien nommé DEMOTTE. Celui-ci la vendra pierre par pierre en 1923 au musée de DETROIT (U.S.A.) où elle est exposée.

ETAT ACTUEL

Le château de LANNOY possède encore plusieurs tours médiévales, mais l'ensemble est en fort mauvais état. C'est une propriété privée qui ne se visite pas.

VUES DU SITE



Le château au début du XX° siècle (collection particulière)




La cour intérieure du château ( collection particulière)




La chapelle, aujourd'hui à DETROIT (U.S.A.)
(collection particulière)




Une tour du château (collection particulière)




Vue générale des ruines