lundi 16 décembre 2019

RAOUL DE LORRAINE

RAOUL DE LORRAINE :



NOBLE GERMANIQUE MORT AU SERVICE DU ROI DE FRANCE


Le duc RAOUL appelé aussi RODOLPHE sera un personnage belliqueux qui passera une grande partie de sa vie à guerroyer pour des causes diverses, ce qui lui vaudra le surnom de "LE VAILLANT".


BIOGRAPHIE

RAOUL DE LORRAINE est né le 26 août 1320. il est le fils du duc FERRY IV et d'ELISABETH DE HABSBOURG née à VIENNE vers 1293 et morte à NANCY le 19 mars 1352. Il a neuf ans quand il succède à son père sous la régence de sa mère. L'évêque de TOUL Thomas de BOURLEMONT est chargé d'assurer l'éducation du jeune duc. Très vite, la régente se brouille avec le précepteur et lui fait la guerre au cours de laquelle le château de LIVERDUN sera détruit. En 1329, RAOUL épouse Aliénor de BAR fille du comte Edouard 1er et de Marie de BOURGOGNE. Aliénor s’éteint en 1332 sans avoir donné d'héritier au duc. Le roi de France PHILIPPE VI de VALOIS jouera le médiateur pour mettre fin au conflit opposant la régente à l'évêque de TOUL. 

En 1334 RAOUL dispose de toute l'autorité sur le duché. Il épouse Marie de CHÂTILLON dite aussi de BLOIS, princesse française nièce du roi de France et sœur de Charles de BLOIS qui s'est engagé dans la guerre de succession de Bretagne. Marie serait morte en 1363. Ce mariage rapporte en dot à la Lorraine  les seigneuries de BOXES et de GUISE en Picardie. Dès lors le comté de GUISE se trouve réuni à la LORRAINE. On sait l'importance que prendra pour la France cette famille Lorraine de GUISE  sous les règnes des derniers rois VALOIS.

PHILIPPE VI achète la ville de VAUCOULEURS au comte de BAR, créant ainsi cette enclave française qui sera l'un des théâtre de l'épopée johannique. 




En 1339 RAOUL fonde la collégiale SAINT-GEORGES de NANCY aujourd'hui disparue. Un temps nécropole ducale, cette église sera remplacée par l'église SAINT-EPVRE qui est toujours considéré comme l'église paroissiale des HABSBOURG-LORRAINE. L'archiduc OTTO s'y mariera en 1954, et une relique du dernier empereur d'Autriche le bienheureux CHARLES 1er y est conservée.


La collégiale SAINT-GEORGES
se trouvait à l'emplacement de l'actuel
palais du Gouvernement

En 1340 RAOUL créé la Foire de NANCY et en 1341 la "Confrérie des Marchands" ancêtre de la Chambre de commerce et d'industrie de Meurthe-et-Moselle.

RAOUL répond à l'appel du pape JEAN XXII est part guerroyer en Espagne dans une croisade contre les Maures. Il participe à la bataille de TARIFA en 1340.

En 1341 il est en BRETAGNE pour défendre son beau-frère CHARLES DE BLOIS contre Jean de MONTFORT. Il prend une part active dans la bataille dite des DEUX CENTS CHEVALIERS. De retour en Lorraine il poursuit les guerres perpétuelles contre les Messins.

Le roi d’Angleterre EDOUARD III débarque en Normandie et se dirige vers les Flandres à la tête d'une petite armée dont la capacité sera sous évaluées. La Guerre de CENTE-ANS s'installe en France. De part sa parenté avec le roi de France, RAOUL va avec plus de trois cents hommes d'armes rejoindre d'ost royal à ABBEVILLE (80). Il se retrouve engagé dans la désastreuse bataille de CRECY du 26 août 1346. Avec RAOUL on  trouve le comte EDOUARD II de BAR, les VAUDEMONT et les SALM. Ensembles, ils parviennent à proximité de la position du roi d'Angleterre mais seront tous sont tués. RAOUL devenait après son père le second duc de Lorraine mort pour la France en moins de vingt ans. Son corps est rapatrié pour être inhumé à l'abbaye de BEAUPRE - voir ce nom.



Effigie du duc RAOUL sur la porte
de la Craffe à NANCY
                         

LA DESCENDANCE DE RAOUL LE VAILLANT
avec Marie de Châtillon

Deux filles jumelles, mortes nées en 1343


JEAN 1er( 1346-1390) duc de Lorraine. Il épousera vers 1362 Sophie de WURTHEMBERG (morte en 1369)   .

Isabelle de Lorraine, comtesse de VAUDEMONT, (morte vers 1410) mariée le 26 février 1386 avec Enguerrand DE COUCY, comte de SOISSON (mort en 1398).

FERRY 1er DE VAUDEMONT ( 1368-1415) marié en 1393 avec Marguerite de JOINVILLE (morte en 1434)
                                                  

jeudi 5 décembre 2019

ERMITAGE DE BARCAN

L'ERMITAGE DE BARCAN (88) :


DANS UN VALLON TRANQUILLE


SITUATION

L'ermitage de BARCAN se trouve sur la commune de BELMONT-LES-DARNEY (88), blottit dans le vallon du ruisseau de BOIS LE COMTE à 302 mètres d’altitude .

HISTOIRE

Comme d'autres ermitages de la plaine des Vosges, BARCAN, dépendait du prieuré de HERIVAL (voir ce nom) et suivait la stricte règle de cet établissement. 
Les ermites y vivaient en ascètes.  La date de création de BARCAN n'est pas connue et aucun texte n'a été trouvé à ce jour concernant son histoire. Sur place on découvre les vestiges d'une installation destinée au rouissage du chanvre qui était exploitée par deux ermites qui occupaient les lieux. 
Un pèlerinage dédié à SAINTE-ANNE fut longtemps organisé sur le site de BARCAN.


ÉTAT ACTUEL

Les vestiges sont constitués des restes d’une enceinte sur le flanc est du vallon, avec en face, une paroi rocheuse creusée de divers aménagements. Devant elle, un rocher a été entièrement aménagé en habitation. Plusieurs bassins creusé témoignent d'une activité relative à la culture du chanvre. Au sommet du rocher on découvre un puits de 14 mètres.

ACCÈS

A DARNEY, gagner le quartier dit du GRAND PRE. Poursuivre la route principale que devient une étroite chaussée forestière en sens unique. A proximité d'un virage à 90° à droite laisser le véhicule et poursuivre à pieds sur le chemin agricole qui est dans l'axe de la route précédemment empruntée. Après quelques dizaines de mètres parcourus sur ce chemin, prendre un sentier fléché à gauche qui vous mènera en quelques minutes à l'ermitage. 


VUES DU SITE


Plan de situation



L'enceinte Est


Vue générale


Le rocher et l'enceinte Ouest



Muraille


Le rocher d'habitation


Le rocher d'habitation vu coté Sud


Le rocher d'habitation vu coté Nord


Détail sur les escaliers taillés dans le roc



La cheminée


Pièce troglodytique




Les bassins de rouissage

mardi 5 novembre 2019

ABBAYE DE MUREAU

L'ABBAYE DE MUREAU (88) :




UNE ABBAYE PRESQUE OUBLIÉE


SITUATION

L'abbaye Notre Dame de MUREAU se trouve sur la commune de PARGNY-SOUS-MUREAU (88), au lieu dit MUREAU, à l'est du village, à 331 mètres d'altitude.

HISTOIRE

Des chanoines prémontrés créent l'abbaye au cours du XII° siècle vers 1147. Ce sera une abbaye fille de SEPTFONTAINE. A l'époque, nous sommes en terre champenoise. Elle va beaucoup souffrir des méfaits de la guerre de Cent-Ans. Se trouvant juste à la frontière avec la Lorraine, les pillards de toute origine vont plusieurs fois saccager l'abbaye. Au XVI° siècle le monastère va connaitre une grande renommée et va devenir l'un des plus riche de la région. Ses possessions sont situées dans la ville de METZ, dans les mines de fer de CHALIGNY, les salines de MARSAL, les vignes de TOUL entre autres. Les chanoines vont créer une activité métallurgique aux abords de l'abbaye et dans la vallée de la Saônelle. 




Abbaye de MUREAU

La guerre de Trente-ans va causer la ruine de l'abbaye vouée à SAINT-NORBERT. A partir de 1646, l'abbatiale, le cloître et les logis vont être reconstruits. La Révolution va mettre un terme à l'activité religieuse. En 1791, l'abbaye est vendue et passablement détruite pour en vendre les pierres. Une exploitation agricole s'y installera avant d'être abandonnée à la fin du XIX° siècle. 

Laissés à l'abandon, le site va continuer d'être pillé. Vers 1960 la porterie de l'abbaye avait encore fière allure, mais la toiture et les murailles se sont effondrées depuis. Actuellement une mise en valeur des vestiges est en cour.


ÉTAT ACTUEL

Le principal vestige est constitué par la porterie. Un tunnel construit par les religieux permet au ruisseau de MUREAU de traverser l'emprise du monastère en souterrain.

ACCÈS

Dans le village, peu avant l'église, suivre la rue menant à la chapelle SAINT-QUIRIN. Poursuivre le chemin, longer un étang puis on atteint les ruines de l'abbaye.


VUES DU SITE


Vue générale de l'abbaye au début du XX° siècle (collection particulière)


La porterie vers 1950 (collection particulière)


Porterie coté cour vers 1960 (collection particulière)



la porte


vestige principal vu coté cour

vendredi 25 octobre 2019

L'ABBAYE D'ANDLAU

L'ABBAYE D'ANDLAU (67) :




FONDÉE SUR L'INDICATION D'UN OURS ?


SITUATION

L'abbaye d'ANDLAU de trouve sur la commune du même nom, au centre du village à environ 240 mètres d'altitude.

HISTOIRE

L'abbaye aurait été fondée en 880 par l’impératrice RICHARDE, épouse de CHARLES III LE GROS. Le choix du lieu de sa construction résulte d'une légende. RICHARDE accusée d'infidélité aurait été soumise à l'épreuve du feu pour prouver son innocence. Cette ordalie consistait à traverser des flammes en portant une robe enduite de cire sans être brûlée. L'impératrice a réussi l'épreuve mais quitte son logis et gagne la forêt. Elle est guidée vers un endroit ou une ourse gratte la terre. Un ange lui indique que c'est ici qu'elle doit construire son abbaye...



Sainte Richarde

La réalité historique est tout autre car en 880 l'abbaye semble exister depuis déjà sept années. Une seconde abbaye située à ETIVAL (88) - voir ce nom, a déjà été fondée par Richarde en 881. Elle meurt à ANDLAU vers 896. Les statuts de l'abbaye rédigés par la fondatrice, sont approuvée par le pape JEAN VIII. L'abbatiale est placée sous le vocable du Saint Sauveur. L'abbaye battra monnaie jusqu'en 1004 et l’empereur HENRI II lui accordera la privilège de tenir un marché.

Richarde est canonisée en 1049 par le pape LEON IX, évêque de TOUL, avec titre de vierge du diocèse de STRASBOURG.  ANDLAU va adopter une règle analogue à celle de REMIREMONT (88). Seule l'abbesse, nommée par l'empereur, prononce des vœux définitifs, elle a le titre de princesse d'empire en 1288 avec droit d'élection aux Diètes du Saint Empire germanique. Les religieuses, toutes issues de la noblesse locale devaient prouver posséder seize quartiers de noblesses. Elles pouvaient quitter le couvent comme bon leur semblait et se marier. Le portail roman de l'abbatiale a été érigé suivant la volonté de l'abbesse HADEWITZ vers 1130. Au soir de Pâques 1160 l'église est la proie des flammes. Elle sera reconstruite. Un pèlerinage dédié à Notre Dame avait lieu dans la crypte de l'église censée se trouver à l'endroit indiqué par l'ourse. Longtemps l'abbaye élevait des plantigrades, jusqu'à ce qu'un ours de dévore accidentellement un enfant. Ils ont alors été remplacés par des statues.

Au XVII° siècle, l'Alsace fait partie du royaume de France. En 1686 le roi LOUIS XIV reconnait aux chanoinesses d'ANDLAU le droit d'élire leur abbesse, même si celle-ci devenait princesse d'empire.
L'abbaye fut supprimée en 1789 et les bâtiments conventuels vont être détruits. Seule l'église abbatiale échappera à la destruction. 

Elle sera classée Monument Historique dès 1846.


ÉTAT ACTUEL

L'église abbatiale présente un mélange de divers styles. Le portail roman est coincé dans une ruelle étroite bordé du mur d'enceinte d'un établissement privé. Dans la crypte se trouve la statue de l'ourse, emblème de l'abbaye. De nombreux sarcophages sont disposés à l'extérieur de l'église.

ACCÈS

Gagner l'abbaye à pied ( possibilité de stationnement limitées).


VUES DU SITE


Vue générale de l'abbaye


Coté ouest


Le chœur


Sarcophage


Gisant et pilier


clé de voûte du portail roman



La frise aux ours


Le tympan


Le portail


La nef et le chœur


Les voûtes


Le reliquaire


Peinture du "miracle" de l'ours


Vers la crypte


La crypte


L'hôtel de la crypte


L'ours et le trou matérialisé par la trappe

vendredi 18 octobre 2019

L'ABBAYE DE SELTZ

L'ABBAYE DE SELTZ (67):

SELTZ, aux marches de la France, à une enjambée de l'Allemagne, est une localité qui me tient à cœur, car c'était la cité de ma mère. Enfant, lors des grandes vacances, j'ai hanté les rues et venelles de ce village et parfois aussi fréquenté l'emplacement de ce monastère disparu sur la rive du SELTZBACH.


UN MONASTÈRE MIXTE DISPARU 


SITUATION

L'abbaye mixte de SELTZ se trouvait en bordure de la rivière SELTZBACH, au fond de l'actuelle rue Sainte Adélaïde.


HISTOIRE

A l'époque gallo-romaine SELTZ est la cité de SALETIO. Au moyen âge un château fort aujourd'hui entièrement disparu y sera édifié. SELTZ fera partie de la DÉCAPOLE jusqu'au milieu du XIV° siècle.

L'abbaye est fondée au cour du X°siècle par SAINTE ADELAïDE dite DE BOURGOGNE qui y meurt le 16 décembre 999. Au départ s'est une abbaye mixte. Les femmes fondent en 1197 le couvent dit de MIRMELBERG qui sera emporté par une crue du Rhin en 1469. Il ne sera pas reconstruit.

Aux XII° et XIII° siècles l'abbaye est l'enjeu d'intrigues entre les margraves de BADE et l'évêque de STRASBOURG. SELTZ devient une ville franche qui rejoint la DÉCAPOLE avec l'accession au trône de Rodolphe de HABSBOURG. Plusieurs nobles sont inhumés dans l'église SAINT-ETIENNE. C'est de cette époque  que datent les gisants exposés sous la galerie de l'église actuelle. En 1307 l'abbaye est emportée par une crue du Rhin. C'est sans doute à cet événement qu'il faut rapprocher  la perte des reliques de SAINTE-ADELAÏDE. En 1356 la nouvelle abbaye est inaugurée.

Les sires de FLECKENSTEIN seront voués de l'abbaye entre 1358 et 1408. L'abbé de SELTZ Jean IV de FLECKENSTEIN (1423  1463) devient évêque de BÂLE. En 1431, à l'appel du duc de Lorraine René 1er le bailli de SELTZ, FREDERIC III de FLECKENSTEIN participe à la bataille de BULGNEVILLE (88) contre les VAUDEMONT et la Bourguignons où il trouvera la mort. Le 26 mai 1481 le pape SIXTE IV sécularise l'abbaye car ses moines sont tombés dans la débauche. Un chapitre de chanoines sera créé en remplacement. En même temps l'abbaye est abandonnée et les religieux s'installent dans la cité. 



SELTZ au XVI° siècle

En 1681 SELTZ devient française L'église paroissiale SAINT-ETIENNE devient une collégiale en 1684. Un clocher à bulle et un retable baroque prendra place dans le chœur gothique de l'édifice en 1748. Les dragons du roi imposent à la population des conversions forcées au catholicisme. Une trentaine de récalcitrants seront noyés dans le SELTZBACH afin que les autres de convertissent "volontairement".

Les vestiges de l'abbaye seront entièrement utilisés comme carrière de pierre.

En 1899 l'empereur d'Allemagne GUILLAUME II finance une cloche de 2,5 tonnes pour équiper le nouveau clocher de l'église. A la même époque la statue de SAINTE-ADELAÏDE est érigée sur le parvis. Durant le second conflit mondial l'église est anéantie à l'exception du chœur qui sera intégré dans la nouvelle construction.

L'emplacement de l'abbaye a fait l'objet d'une inscription au titre des monuments Historiques le 12 septembre 1995.

ÉTAT ACTUEL

Il ne reste rien du monument.

ACCÈS

Aucun intérêt.


SAINTE ADÉLAÏDE

ADELAÏDE est la fille du roi RODOLPHE DE BOURGOGNE et de Berthe DE SOUABE. Très jeune, elles est marié au très jeune roi LOTHAIRE d'ITALIE. Elle aurait été violée par son beau père Hugues D'ARLES avant même d'avoir pu rejoindre son époux. LOTHAIRE sera probablement empoisonné en 950 par BERANGER II qui emprisonne ADELAÏDE. Le roi de Germanie OTHON 1er détrône BERANGER en 951 et épouse la prisonnière. Le couple s'installe à STRASBOURG et aura quatre enfants. En 962 ADELAÏDE devient impératrice. Elle est couronnée par le pape JEAN XII à ROME en même temps que son époux. Elle va ensuite constituer un appui important dans la réforme clunisienne. En 973 ADELAÏDE est à nouveau veuve. Elle entre en conflit avec sa belle fille THEOPHANO mais sera ensuite son alliée notamment pour arracher son fils OTHON II de la tutelle d'Henri LE QUERELLEUR qui en a la garde.  A partir de 983 elle devient régente jusqu'à la majorité d'OTHON II en 995, Elle sera à l'origine de la création de plusieurs monastères comme SAINT-MARTIN de TOURS ou SELTZ où elle se retirera et mourra le 16 décembre 999. Canonisée, elle est fêtée le 16 décembre.

VUES DU SITE




Emplacement de l'abbaye (Géoportail)



Le chœur baroque de l'église paroissiale


Statue de Sainte Adélaïde