mercredi 18 juillet 2018

PRIEURE DE LEOMONT

LE PRIEURE DE LEOMONT (54) :


THÉÂTRE DE LA PREMIÈRE VICTOIRE FRANÇAISE LORS DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE


SITUATION

Le prieuré de LEOMONT se trouve sur le commune de VITRIMONT, au sommet d'une colline pentue surplombant l'ancienne RN 4, à 330 mètres d'altitude. 

HISTOIRE

Le site était déjà occupé durant l'Antiquité. Des fouilles effectuées dès le XVIII° siècle ont parmi la découverte de pièces de monnaies romaines et des vestiges de casques et d'épées. Un temple en l'honneur de DIANE y aurait été élevé. Vers 1097 un moine de l'abbaye de MOYENMOUTIER nommé Hugues édifie un prieuré sur la colline. Cet établissement est baptisé LEOMONT en honneur du pape SAINT-LEON IX. Au XII° siècle ( on connaît les dates de 1105 et 1124), le LEOMONT est une propriété de l'abbaye de SENONES (88).  Sur le pentes de la butte on cultive la vigne. 

Dès 1499, le pape Alexandre VI retire à l'établissement le titre de prieuré, suite au démembrement de la mense abbatiale de SENONES. L'établissement conserve toutefois une occupation monacale. Par la volonté du duc de lorraine LEOPOLD 1er qui a établi sa résidence au château de LUNEVILLE, un nouveau prieuré est fondé dans cette ville au lieu-dit LE MENIL en 1734.  L'occupation du LEOMONT par les moines perdurera jusqu'en 1752, date à laquelle les bâtiments sont vendus et transformés en exploitation agricole. L'église et le cloître sont transformés en étable et en écurie, tandis que les locaux des cellules deviennent l'habitation du fermier. 

Cette ferme va fonctionner jusqu'au déclenchement de la première guerre mondiale. En août 1914 le prieuré est occupé par les Allemands. La  11ème division d'Infanterie dite "DIVISION DE FER" composée des 26ème, 37ème, 69ème et 79ème régiment d'Infanterie appuyée par le 8ème régiment d'Artillerie et le 20ème régiment de sapeurs va tenter de reprendre ce point d'observation privilégie. Du 20 août au 20 septembre , le LEOMONT va être de théâtre de combat acharnés pour la défense de NANCY. Par huit fois la ferme-prieuré va changer de mains. On combat les allemands au corps à corps jour et nuit. Enfin, les français réussissent à stopper l'avance des envahisseurs. Les villages situés aux alentours sont en flammes. Le front se stabilise et restera figé jusqu'au 11 novembre 1918. Cette bataille inaugure les combats dits du GRAND COURONNE et constitue la première victoire française de la Grande Guerre. 

Un monument commémoratif est élevé au nord du prieuré en 1922. Il est détruit par les Allemands en 1940. En 1950, un nouveau monument le remplacera.


ÉTAT ACTUEL

Il subsiste encore de nombreux vestiges du prieuré, mais ceux-ci sont interdits aux visiteurs par l'actuel propriétaire. Une antenne relais (encore une) a été construite en limite des ruines. Seul un mur de soutènement émerge de l'abondante végétation qui a envahie les lieux. Les traces des combats sont encore présentes au abords du monument ( tranchées, entonnoirs...).

ACCÈS

Une route qui s'embranchant sur l'ancienne RN 4 au nord de VITRIMONT mène au sommet du LEOMONT. 


VUES DU SITE



L'étoile rouge matérialise l'emplacement du prieuré (Géoportail)



Vestiges du prieuré


Vues rapprochée



Les ruines après les combats (tableau d'O. RENAUDIN)




Visions de guerre


Le champs de bataille


Une tombe oubliée ?


Vers le monument


Le monument

vendredi 13 juillet 2018

CHÂTEAU DE CHÂTRY

LE CHÂTEAU DE CHÂTRY (57) :


FORTERESSE DU SEL


SITUATION

Le château de CHÂTRY s'élevait sur une butte formant une île sur la rivière SEILLE et située à cheval sur les communes de MOYENVIC et VIC-SUR-SEILLE, à 202 mètres d'altitude environ. 

HISTOIRE

Un premier château existe avant le XI° siècle. C'est une construction possession des ducs de Lorraine qui est rasée en 1120 sur l'ordre de l’évêque de METZ Etienne DE BAR. Ce château sera relevé en 1195 et deviendra la résidence de Mathilde de HOMBOURG, fondatrice de l'abbaye de SALIVAL. Le lieu est alors dénommé CASTRUM SALLUM. Les restes de cette première forteresse correspondraient à la partie rectangulaire située au centre de la bute castrale. Au pied du château se trouvait le village disparu de BOURMONT.

Le château de CHÂTRY est érigé sur les ruines du précédent en 1296 à l'initiative de l'évêque de METZ Gérard de RELANGES afin de protéger ses exploitations de sel de la convoitise des comtes de BAR. En effet en 1120, Thierry de BAR détruit MOYENVIC et ses salines qui concurrences les exploitations barroises. En 1294 Thiébaud II DE BAR réitère les destructions. Gérard de RELANGES serait décédé au château qui lui servait surtout de cadre pour y organiser des d'orgies...

L'évêque Thierry V BAYER DE BOPPARD fait fortifier MOYENVIC et impose la gabelle à ses administrés. En représailles les bourgeois de METZ détruises la cité de MOYENVIC en 1430. Le roi de France LOUIS XI possède la région en 1840 et en 1536 MOYENVIC est à nouveau fortifiée.

Le cardinal Charles de Lorraine vend MARSAL et MOYENVIC au duc CHARLES III de Lorraine le 22 octobre 1571. CHARLES IV qui a désormais le monopole du sel en Lorraine fera renforcer les défenses , mais celles-ci seront abattues par Jacques NOMPAR DE CAUMONT après quinze jours de siège le 27 décembre 1631. En 1648, le traité de WESTPHALIE rend la région au duc CHARLES IV.

On ignore les circonstances de la fin du château. Les ruines seront exploitées comme carrière jusqu'à complète disparition.

En 1789, un habitant de MOYENVIC entreprend d'exploiter le puits salé proche du château. Il se sert des matériaux présents dans les ruines pour monter son installation qui sera un échec malgré un taux de salinité bien supérieur à ceux des autres sources exploitées. 

En 1974 des fouilles permettent d'établir que la butte castrale n'est pas naturelle, mais composé uniquement de débris du briquetage utilisé dés la plus haute antiquité pour exploiter le sel.


ÉTAT ACTUEL

Sur les vues aériennes la trace du contour des fortifications apparaît.

ACCÈS

On voit très bien la butte castrale depuis la route qui la surplombe. CHÂTRY est une propriété agricole privée


VUES DU SITE



L'étoile rouge matérialise l'emplacement du château



Tracé des vestiges visibles sur les vues aériennes


Photographie aérienne des lieux trouvée sur Internet


Vue de la butte située derrière la haie qui court
le long de la rivière.

mercredi 11 juillet 2018

MANOIR DE SEXEY-AUX-FORGES

LE MANOIR DE SEXEY-AUX-FORGES (54) :


DEVENU MAISON D'HÔTE


SITUATION

Le manoir de SEXEY-AUX-FORGES se trouve sur la commune du même nom, au centre du village, rue du château à environ 240 mètres d'altitude. 

HISTOIRE

Le manoir apparaît tardivement dans l'histoire au XVI° siècle. Sa construction est toutefois antérieure à cette époque, certains la font remonter au XI° siècle. C'est une propriété des moines de l'abbaye SAINT-MANSUY de TOUL qui, localement, exploitent du minerais de fer. Le lieux est successivement nommé FERRIERES-SOUS-CHALIGNY puis SEXEY-LA-LAMOUZE. Cette exploitation est florissante au cours du XV° siècle. C'est sans doute à cette époque que le manoir a été érigé. La cité de SEXEY est aussi fortifiée et on y fabrique entre autre des boulets de canon. L'exploitation des mines est administrée par Olry de BLÂMONT. En 1495 celui-ci loue les lieux au duc de Lorraine par l'entremise de l'administrateur Georges DES MOYNES. Ce dernier à la charge de restaurer les installations qui menacent ruines. C'est la première mention historique relative à l’existence du manoir. En 1572 d'importants travaux d'aménagement sont effectués sur le manoir.

En 1709, les lieux sont toujours administrés par l'abbé de SAINT-MANSUY.

Le manoir va traverser l'histoire et arrivera heureusement intact jusqu'à nos jours. Il est classé Monument Historique en 1980.


ÉTAT ACTUEL

L'édifice se présente sous la forme d'une tour carrée percée de fenêtre renaissance. Cette tour semble être les restes d'un construction bien plus importante à en juger par les traces d'ouvertures obturées présente sur la façade du bâtiment. Il reste des vestiges d'une porte forte et diverses murailles présentes aux abords du manoir. Une étrange sculpture dite "GRIGNE-DENTS" est incorporée à la façade Est.

ACCÈS

Le manoir est privé et ne se visite pas. Il est actuellement exploité comme gîte. 


VUES DU SITE


L'étoile rouge matérialise l'emplacement du manoir (Géoportail)


Le manoir au début du XX° siècle (collection particulière)


Vue générale



Pont d'accès et entrée


Jardin médiéval aménagé dans les anciennes douves


La tour et la porte, à droite de la fenêtre du bas
se trouve la sculpture du Grigne-Dents


Le Grigne-Dents


La façade Est et ses voûtes obstruées


La porte


Vestiges d'enceinte (après la maison à gauche)


Façade Ouest et cage d'escalier

dimanche 8 juillet 2018

ABBAYE D'EBERSMUNSTER

L'ABBAYE D'EBERSMUNSTER (67):

CHEF D’ŒUVRE DU BAROQUE


SITUATION

L'abbaye d'EBERSMUNSTER se trouve sur la commune du même nom, au centre du village, à 164 mètres d'altitude. 


HISTOIRE

La fondation de l'abbaye d'EBERSMUNSTER remonte à la fin du VII° siècle. SAINT-DEODAT ( SAINT-DIE), est un moine irlandais évêque de NEVERS qui se lie d'amitié avec les seigneurs alsaciens HUNON et HUNA - voir château de HUNAWIHR. Vers 675, DEODAT va fonder l'abbaye d'EBERSMUNSTER et y imposer la règle de SAINT-COLOMBAN - voir abbaye de LUXEUIL. Dès 669, il avait créé l'abbaye des JOINTURES devenue aujourd'hui la cathèdrale de SAINT-DIE-DES-VOSGES - Voir châteaux de SAINT-DIE. Le seigneur HUNON et son épouse sont des favoris du fils du maire du palais de NEUSTRIE, nommé ETICHON ou ALARIC qui sera comte d'Alsace et père de SAINTE-ODILE. Le couple HUNON - HUNA aura un fils qui sera prénommé DIEUDONNE en l'honneur de SAINT-DEODAT. Ce fils deviendra religieux et mourra à l'abbaye d'EBERSMUNSTER. HUNA sera canonisée sous le nom de Sainte HUNE. A sa mort, ses biens seront partagés entre l' abbaye des JOINTURES et celle d'EBERSMUNSTER.



SAINT-DEODAT

L'abbaye reçu les reliques de SAINT-DEODAT à la mort de celui-ci le 19 juin 679 aux JOINTURES. Au VIII° siècle, l'église abbatiale est consacrée par SAINT-PIRMIN. En 817 l'empereur Louis 1er Le Pieux y impose la règle de SAINT-BENOIT et en 818 le monastère est élevé au rang d'abbaye impériale. Au IX° siècle EBERSMUNSTER est placée sous l'autorité de l'évêque de STRASBOURG. En 1049 le pape SAINT-LEON IX, ancien évêque de TOUL y aurait consacré une chapelle dédiée à SAINT-MAURICE, édifice rasé en 1813.

Une abbatiale romane est érigée en 1112 et consacrée en 1155. Cet édifice sera ensuite modifié par des éléments architecturaux gothiques. L'église deviendra l'objet d'un pèlerinage très populaire en l'honneur de SAINT-NICOLAS. La localité qui s'est constituée autour de l'abbaye est élevée au rang de ville en 1331 par l'évêque de STRASBOURG Berthold DE BUCKECK. 

En 1525, la guerre des Rustauds fait rage. Les paysans révoltés pillent l'abbaye, dispersent les reliques de SAINTE-HUNE. Puis en 1549 ce sont les habitants de HUNAWIHR, convertis au protestantisme qui ravagent les lieux.

Au XVII° siècle (1607) l'abbaye relève de la congrégation de BURSFELDE implantée à HANOVRE (D). En 1624 elle dépend à nouveau de STRASBOURG. La guerre de Trente-Ans survient et en 1632 le monastère est incendié par les Suédois du maréchal Gustav HORN. Les moines se réfugient à SELESTAT. Il resteront dans cette ville jusqu'en 1648, date du traité de WESTPHALIE par lequel l'Alsace devient française. Pour remplacer l'abbatiale en ruines une nouvelle église est érigée en 1712. De style baroque, elle est due à l'architecte autrichien Peter THUMB. La foudre frappe cette église en 1717. Elle sera relevée entre 1720 et 1726. En 1791, il restait vingts moines lorsque les communautés religieuses furent abolies. L'abbaye sera vendue en 1792  et sa bibliothèque qui possédait 9025 ouvrage sera pillée. La majorité des ouvrages seront brûlés, le reste sera transporté à STRASBOURG. 

Heureusement, l'abbaye sortira intacte de la période révolutionnaire. L’abbatiale deviendra église paroissiale et les bâtiments annexes sont aujourd'hui une institution privée. 

L'abbatiale est classée Monument Historique en 1898 par les autorités allemandes. 


ÉTAT ACTUEL

L'abbatiale constitue le seul exemple d'architecture baroque autrichien de l'est de la France. L'église est dans un état remarquable. Le reste de l'abbaye qui est privé n'est pas ouvert aux visiteurs.

ACCÈS

L'église se trouve au centre du village.


VUES DU SITE



Vue arrière de l'abbatiale


La façade


Entrée de l'abbaye


Les bâtiments abbatiaux


Maquette de l'abbaye exposée dans l'église


Le choeur


Coté intérieur Sud


Les orgues


La chaire



L'autel



Les stalles




SAINT-DEODAT et SAINTE HUNE


Au centre SAINT-HYDULPHE, fondateur de
 l'abbaye de MOYENMOUTIER (88) .




Détail du plafond de l'église

mardi 3 juillet 2018

CHÂTEAU DE HARDEMONT

CHÂTEAU DE HARDEMONT (88) :


UN CHÂTEAU DISPARU COMME TANT D'AUTRES


SITUATION

Le château de HARDEMONT se trouvait sur la commune de LA CHAPELLE-AU-BOIS, lieu dit HARDEMONT, à environ 360 mètres d'altitude. 

HISTOIRE

Le château est construit au début du XIII° siècle probablement par le comte FERRY DE TOUL, époux d'Agnès DE FERRETTE. Par héritage la place revient aux comtes de FERRETTE vers 1250.




                                                     Les comtes de FERRETTE


Le château passe aux sires de THUILLIERES par le mariage d'un membre de cette famille avec Jeanne de MONTREUX-FERRETTE. Les THUILLIERES garderont le château jusqu'à la guerre de Trente-Ans, événement qui est certainement la cause de sa destruction.

Malheureusement et comme beaucoup de châteaux du département des Vosges, les ruines vont êtres exploitées comme carrière de pierre, jusqu'à disparaître entièrement.

Sur la carte de CASSINI réalisée au XVIII° siècle, le château est mentionné comme étant ruines.




Le château sur la carte de Cassini

VUES DU SITE



Vue aérienne du hameau de HARDEMONT. La
croix situe l'emplacement supposé du château (Géoportail)