mardi 5 novembre 2019

ABBAYE DE MUREAU

L'ABBAYE DE MUREAU (88) :



UNE ABBAYE PRESQUE OUBLIÉE


SITUATION

L'abbaye Notre Dame de MUREAU se trouve sur la commune de PARGNY-SOUS-MUREAU (88), au lieu dit MUREAU, à l'est du village, à 331 mètres d'altitude.

HISTOIRE

Des chanoines prémontrés créent l'abbaye au cours du XII° siècle vers 1147. Ce sera une abbaye fille de SEPTFONTAINE. A l'époque, nous sommes en terre champenoise. Elle va beaucoup souffrir des méfaits de la guerre de Cent-Ans. Se trouvant juste à la frontière avec la Lorraine, les pillards de toute origine vont plusieurs fois saccager l'abbaye. Au XVI° siècle le monastère va connaitre une grande renommée et va devenir l'un des plus riche de la région. Ses possessions sont situées dans la ville de METZ, dans les mines de fer de CHALIGNY, les salines de MARSAL, les vignes de TOUL entre autres. Les chanoines vont créer une activité métallurgique aux abords de l'abbaye et dans la vallée de la Saônelle. 



Abbaye de MUREAU

La guerre de Trente-ans va causer la ruine de l'abbaye vouée à SAINT-NORBERT. A partir de 1646, l'abbatiale, le cloître et les logis vont être reconstruits. La Révolution va mettre un terme à l'activité religieuse. En 1791, l'abbaye est vendue et passablement détruite pour en vendre les pierres. Une exploitation agricole s'y installera avant d'être abandonnée à la fin du XIX° siècle. 

Laissés à l'abandon, le site va continuer d'être pillé. Vers 1960 la porterie de l'abbaye avait encore fière allure, mais la toiture et les murailles se sont effondrée depuis. Actuellement une mise en valeur des vestiges est en cour.


ÉTAT ACTUEL

Le principal vestige est constitué par la porterie. Un tunnel construit par les religieux permet au ruisseau de MUREAU de traverser l'emprise du monastère en souterrain.

ACCÈS

Dans le village, peu avant l'église, suivre la rue menant à la chapelle SAINT-QUIRIN. Poursuivre le chemin, longer un étang puis on atteint les ruines de l'abbaye.


VUES DU SITE


Vue générale de l'abbaye au début du XX° siècle (collection particulière)


La porterie vers 1950 (collection particulière)


Porterie coté cour vers 1960 (collection particulière)



la porte


vestige principal vu coté cour

vendredi 25 octobre 2019

L'ABBAYE D'ANDLAU

L'ABBAYE D'ANDLAU (67) :




FONDÉE SUR L'INDICATION D'UN OURS ?


SITUATION

L'abbaye d'ANDLAU de trouve sur la commune du même nom, au centre du village à environ 240 mètres d'altitude.

HISTOIRE

L'abbaye aurait été fondée en 880 par l’impératrice RICHARDE, épouse de CHARLES III LE GROS. Le choix du lieu de sa construction résulte d'une légende. RICHARDE accusée d'infidélité aurait été soumise à l'épreuve du feu pour prouver son innocence. Cette ordalie consistait à traverser des flammes en portant une robe enduite de cire sans être brûlée. L'impératrice a réussi l'épreuve mais quitte son logis et gagne la forêt. Elle est guidée vers un endroit ou une ourse gratte la terre. Un ange lui indique que c'est ici qu'elle doit construire son abbaye...



Sainte Richarde

La réalité historique est tout autre car en 880 l'abbaye semble exister depuis déjà sept années. Une seconde abbaye située à ETIVAL (88) - voir ce nom, a déjà été fondée par Richarde en 881. Elle meurt à ANDLAU vers 896. Les statuts de l'abbaye rédigés par la fondatrice, sont approuvée par le pape JEAN VIII. L'abbatiale est placée sous le vocable du Saint Sauveur. L'abbaye battra monnaie jusqu'en 1004 et l’empereur HENRI II lui accordera la privilège de tenir un marché.

Richarde est canonisée en 1049 par le pape LEON IX, évêque de TOUL, avec titre de vierge du diocèse de STRASBOURG.  ANDLAU va adopter une règle analogue à celle de REMIREMONT (88). Seule l'abbesse, nommée par l'empereur, prononce des vœux définitifs, elle a le titre de princesse d'empire en 1288 avec droit d'élection aux Diètes du Saint Empire germanique. Les religieuses, toutes issues de la noblesse locale devaient prouver posséder seize quartiers de noblesses. Elles pouvaient quitter le couvent comme bon leur semblait et se marier. Le portail roman de l'abbatiale a été érigé suivant la volonté de l'abbesse HADEWITZ vers 1130. Au soir de Pâques 1160 l'église est la proie des flammes. Elle sera reconstruite. Un pèlerinage dédié à Notre Dame avait lieu dans la crypte de l'église censée se trouver à l'endroit indiqué par l'ourse. Longtemps l'abbaye élevait des plantigrades, jusqu'à ce qu'un ours de dévore accidentellement un enfant. Ils ont alors été remplacés par des statues.

Au XVII° siècle, l'Alsace fait partie du royaume de France. En 1686 le roi LOUIS XIV reconnait aux chanoinesses d'ANDLAU le droit d'élire leur abbesse, même si celle-ci devenait princesse d'empire.
L'abbaye fut supprimée en 1789 et les bâtiments conventuels vont être détruits. Seule l'église abbatiale échappera à la destruction. 

Elle sera classée Monument Historique dès 1846.


ÉTAT ACTUEL

L'église abbatiale présente un mélange de divers styles. Le portail roman est coincé dans une ruelle étroite bordé du mur d'enceinte d'un établissement privé. Dans la crypte se trouve la statue de l'ourse, emblème de l'abbaye. De nombreux sarcophages sont disposés à l'extérieur de l'église.

ACCÈS

Gagner l'abbaye à pied ( possibilité de stationnement limitées).


VUES DU SITE


Vue générale de l'abbaye


Coté ouest


Le chœur


Sarcophage


Gisant et pilier


clé de voûte du portail roman



La frise aux ours


Le tympan


Le portail


La nef et le chœur


Les voûtes


Le reliquaire


Peinture du "miracle" de l'ours


Vers la crypte


La crypte


L'hôtel de la crypte


L'ours et le trou matérialisé par la trappe

vendredi 18 octobre 2019

L'ABBAYE DE SELTZ

L'ABBAYE DE SELTZ (67):

SELTZ, aux marches de la France, à une enjambée de l'Allemagne, est une localité qui me tient à cœur, car c'était la cité de ma mère. Enfant, lors des grandes vacances, j'ai hanté les rues et venelles de ce village et parfois aussi fréquenté l'emplacement de ce monastère disparu sur la rive du SELTZBACH.


UN MONASTÈRE MIXTE DISPARU 


SITUATION

L'abbaye mixte de SELTZ se trouvait en bordure de la rivière SELTZBACH, au fond de l'actuelle rue Sainte Adélaïde.


HISTOIRE

A l'époque gallo-romaine SELTZ est la cité de SALETIO. Au moyen âge un château fort aujourd'hui entièrement disparu y sera édifié. SELTZ fera partie de la DÉCAPOLE jusqu'au milieu du XIV° siècle.

L'abbaye est fondée au cour du X°siècle par SAINTE ADELAïDE dite DE BOURGOGNE qui y meurt le 16 décembre 999. Au départ s'est une abbaye mixte. Les femmes fondent en 1197 le couvent dit de MIRMELBERG qui sera emporté par une crue du Rhin en 1469. Il ne sera pas reconstruit.

Aux XII° et XIII° siècles l'abbaye est l'enjeu d'intrigues entre les margraves de BADE et l'évêque de STRASBOURG. SELTZ devient une ville franche qui rejoint la DÉCAPOLE avec l'accession au trône de Rodolphe de HABSBOURG. Plusieurs nobles sont inhumés dans l'église SAINT-ETIENNE. C'est de cette époque  que datent les gisants exposés sous la galerie de l'église actuelle. En 1307 l'abbaye est emportée par une crue du Rhin. C'est sans doute à cet événement qu'il faut rapprocher  la perte des reliques de SAINTE-ADELAÏDE. En 1356 la nouvelle abbaye est inaugurée.

Les sires de FLECKENSTEIN seront voués de l'abbaye entre 1358 et 1408. L'abbé de SELTZ Jean IV de FLECKENSTEIN (1423  1463) devient évêque de BÂLE. En 1431, à l'appel du duc de Lorraine René 1er le bailli de SELTZ, FREDERIC III de FLECKENSTEIN participe à la bataille de BULGNEVILLE (88) contre les VAUDEMONT et la Bourguignons où il trouvera la mort. Le 26 mai 1481 le pape SIXTE IV sécularise l'abbaye car ses moines sont tombés dans la débauche. Un chapitre de chanoines sera créé en remplacement. En même temps l'abbaye est abandonnée et les religieux s'installent dans la cité. 



SELTZ au XVI° siècle

En 1681 SELTZ devient française L'église paroissiale SAINT-ETIENNE devient une collégiale en 1684. Un clocher à bulle et un retable baroque prendra place dans le chœur gothique de l'édifice en 1748. Les dragons du roi imposent à la population des conversions forcées au catholicisme. Une trentaine de récalcitrants seront noyés dans le SELTZBACH afin que les autres de convertissent "volontairement".

Les vestiges de l'abbaye seront entièrement utilisés comme carrière de pierre.

En 1899 l'empereur d'Allemagne GUILLAUME II finance une cloche de 2,5 tonnes pour équiper le nouveau clocher de l'église. A la même époque la statue de SAINTE-ADELAÏDE est érigée sur le parvis. Durant le second conflit mondial l'église est anéantie à l'exception du chœur qui sera intégré dans la nouvelle construction.

L'emplacement de l'abbaye a fait l'objet d'une inscription au titre des monuments Historiques le 12 septembre 1995.

ÉTAT ACTUEL

Il ne reste rien du monument.

ACCÈS

Aucun intérêt.


SAINTE ADÉLAÏDE

ADELAÏDE est la fille du roi RODOLPHE DE BOURGOGNE et de Berthe DE SOUABE. Très jeune, elles est marié au très jeune roi LOTHAIRE d'ITALIE. Elle aurait été violée par son beau père Hugues D'ARLES avant même d'avoir pu rejoindre son époux. LOTHAIRE sera probablement empoisonné en 950 par BERANGER II qui emprisonne ADELAÏDE. Le roi de Germanie OTHON 1er détrône BERANGER en 951 et épouse la prisonnière. Le couple s'installe à STRASBOURG et aura quatre enfants. En 962 ADELAÏDE devient impératrice. Elle est couronnée par le pape JEAN XII à ROME en même temps que son époux. Elle va ensuite constituer un appui important dans la réforme clunisienne. En 973 ADELAÏDE est à nouveau veuve. Elle entre en conflit avec sa belle fille THEOPHANO mais sera ensuite son alliée notamment pour arracher son fils OTHON II de la tutelle d'Henri LE QUERELLEUR qui en a la garde.  A partir de 983 elle devient régente jusqu'à la majorité d'OTHON II en 995, Elle sera à l'origine de la création de plusieurs monastères comme SAINT-MARTIN de TOURS ou SELTZ où elle se retirera et mourra le 16 décembre 999. Canonisée, elle est fêtée le 16 décembre.

VUES DU SITE




Emplacement de l'abbaye (Géoportail)



Le chœur baroque de l'église paroissiale


Statue de Sainte Adélaïde

mercredi 11 septembre 2019

CHARLES V DE LORRAINE

CHARLES V DE LORRAINE :



DUC SANS DUCHÉ, MAIS VAINQUEUR DES TURCS


CHARLES V, un duc particulièrement méconnu ; et pour cause. Jamais il de régnera car Lorraine et Bar sont sous occupation française. Cependant, il se mettra au service des HABSBOURG et écrasera l'envahisseur turc. Il sera précurseur dans l'accession de la famille de Lorraine sur le trône impérial.


BIOGRAPHIE

Charles Léopold de Lorraine naît à VIENNE (Autriche) le 3 avril 1643. Il est le fils du duc NICOLAS-FRANCOIS et de CLaude de LORRAINE.

Destiné à entrer dans les ordres il devient abbé de GORZE (57) en 1645, puis grand prévôt du chapitre canonial de SAINT-DIE (88).
Le décès de l'héritier légitime du trône de Lorraine le fait héritier présomptif du titre. Il a alors 18 ans. Il vit à la cour de France au palais du Louvre tout comme sa tante qui demeure au palais du Luxembourg et qui est la tante du roi Louis XIV. Charles est amoureux de Marguerite-Louise d'ORLEANS qui épousera le grand-duc de Toscane CÔME III pour des raisons politiques. Fiancé avec Marie-Jeanne-Baptise de SAVOIE qui est parente de LOUIS XIV, ce projet de mariage sera annulé suite à l'opposition de CHARLES au traité de Montmartre par lequel le duc de Lorraine CHARLES IV cède ses duchés à la couronne française. Le jeune Charles va alors quitter la France pour vivre à VIENNE dans la cour de l'empereur LEOPOLD 1er qui est son suzerain légitime. 


                          Charles V de Lorraine

Charles entre dans l'armée autrichienne en 1663. A cette époque les troupe de la Sublime porte menacent d'envahir l'ouest de l'Europe. Le 1er août 1664 il s'illustre lors de la bataille de SAINT-GOTHARD contre les ottomans. Dès septembre 1675, au décès de CHARLES IV, CHARLES est reconnu comme duc légitime le Lorraine et de Bar. Il est aussi reconnu comme tel par tous les états européens sauf la France. En même temps, il devient généralissime des armées de l'empire. 

Charles V fréquente l'archiduchesse Éléonore d'Autriche (1653-1697), reine douairière de Pologne et sœur de l'empereur LEOPOLD. Il recevra de son beau-père la province du TYROL. 


                        Charles V et Éléonore d'Autriche

La guerre contre les turcs se poursuite. En septembre 1683 CHARLES V et le roi de Pologne Jean III SOBIESKI attaquent les turc qui assiègent VIENNE depuis deux mois. Les ottomans défaits sont poursuivis à travers la HONGRIE. Les impériaux assiègent BUDA occupée. Ce siège sera victorieux en 1686 la ville est reconquise, puis se sera le tour des provinces de SLAVONIE et de TRANSYLVANIE en 1687, anéantissant les velléités de conquêtes des ottomans.


                               Le siège de BUDA

La santé du duc de Lorraine se dégrade, il abandonne son commandement en 1688. Il le retrouve lors de la Ligue d'AUGSBOURG mais il meurt le 18 avril 1690.

CHARLES V aura tissé des liens étroits entre les famille HABSBOURG et de LORRAINE. Il a ainsi sans le savoir préparé l'accession de son petit-fils FRANCOIS III au trône impérial. Ainsi, la famille de HABSBOURG allait devenir HABSBOURG-LORRAINE et donner naissance à des illustres personnages comme FRANCOIS-JOSEPH, empereur d'Autrice-Hongrie, MARIE-ANTOINETTE, reine de France ou encore MARIE-LOUISE impératrice des Français et mère de l'Aiglon. 

LA DESCENDANCE DE CHARLES III


Léopold 1er( 1679-1729) duc de Lorraine et de Bar qui retrouvera la jouissance de ses duchés. Il épousera Elisabeth-Charlotte d'Orléans (1676-1744).

Charles-Joseph (1680-1715) Primat de Lorraine en 1687, évêque d'OLMÛTZ en 1695, prince- évêque d'OSNABRÜCK en 1698 et archevêque-électeur de TREVES en 1711.

Éléonore ( 1682-1682) 

Charles-Ferdinand (1683-1685)

Joseph Innocent Emmanuel Félicien Constant ( 1685-1705), général dans l'armée impériale, tué à la bataille de CASSANO.

François (1689-1715) Abbé de MALMEDY et de STAVELOT.


                                                       Charles V

mardi 27 août 2019

COLLÉGIALE SAINT-GENGOULD DE TOUL

COLLÉGIALE SAINT-GENGOULD DE TOUL (54):


UN CLOÎTRE REMARQUABLE


SITUATION

La collégiale SAINT-GENGOULD de TOUL se trouve à 209 mètres d'altitude, à l'intérieur des remparts, au sud ouest de la ville et à proximité de la place ronde.


HISTOIRE

La collégiale SAINT-GENGOULD a été construite à compter de 1240, alors que les travaux d'édification de la cathédrale étaient déjà engagées. La collégiale ne sera achevée que vers 1522, et encore, on renoncera à l'édification d'une second tour et au parachèvement du portail. Il faut chercher la cause de ces renoncements par le fait qu'à cette époque la famine et une épidémie de peste décimaient la population.

La construction du monument a été financée par les bourgeois de TOUL affirmant ainsi leur indépendance  vis à vis de l'évêque. Un cloître est édifié accolé à l'église. Celui-ci est de style renaissance inspiré du gothique flamboyant. A l'origine il devait avoir deux étages, mais le second niveau n'a jamais été élevé.

La tour de l'église a servit de beffroi.

La collégiale a été classée Monument Historique en 1840, la cloître l'a été en 1889.

SAINT-GENGOULD

On sait bien peu de choses sur SAINT-GENGOULD. Il semblerait qu'il s'agisse d'un noble de la cour du roi mérovingien PÉPIN LE BREF originaire de la région de LANGRES (52). C'était un chasseur émérite qui pratiquait la charité avec grande générosité. Trompé par sa femme, il s'est retiré dans ses terre avant d'être assassiné par l'amant de sa femme. C'est le saint patron des couples en difficulté, des veneurs et des fauconniers. 


ÉTAT ACTUEL

La collégiale est en mauvais état. Elle surprend par son portail à l'allure désaxée. Elle fut la plus grande surface vitrée de Lorraine

Le cloître possède 78 clés de voûtes qui sont toutes différentes.


ACCÈS

Généralement l'église et le cloître sont inaccessibles en dehors des offices, mais là, pas question de visiter...

J'ai vécu dix ans à TOUL et je n'ai jamais pu visiter cet ensemble!

VUES DU SITE


Vue aérienne. L'emprise de la collégiale est encerclée en rouge (Géoportail)


Plan de l'église


Vue générale vers 1930 (collection particulière)


La façade (collection particulière)


La façade en 2017


Les tours


Le chœur ( photo trouvée sur le Net)


Entrée du cloître


Le cloître (collection particulière)


Allée du cloître (collection particulière)