samedi 18 juillet 2020

LE CHÂTEAU DE VARENNES

LE CHÂTEAU DE VARENNES (55) :


AU VILLAGE DU LIEU D'ARRESTATION DE LOUIS XVI


SITUATION

Le château de VARENNES aujourd'hui entièrement disparu se trouvait à VARENNES-EN-ARGONE (55). Il occupait le plateau qui constitue aujourd'hui la ville hautes de cette localité, où se trouve entre autre le monument américain relatif aux combats de la première guerre mondiale. 

HISTOIRE

L'origine de ce château est ancienne. C'est une Possession de l'évêque de VERDUN. La place échoit au comte RENAUD de BAR qui est voué de l'évêché en 1120. Celui-ci réside au château.

THIEBAUD II de BAR mentionne le château de VARENNES en 1243 dans la charte de BEAUMONT qui affranchit le cité. VARENNES devient alors très prospère. C'est un centre économique qui va peu à peu perdre de son importance avec la réunion du Barrois à la Lorraine. La cité va peu à peu  se dépeupler au point que l'archevêque de REIMS va supprimer la cure. 

Le château abandonné va progressivement disparaître au cours des ans.

En 1648, la cité de VARENNES devient l'apanage du Grand CONDE. Elle  reprend de l'importance et devient même la capitale du Clermontois. En 1790 c'est un chef-lieu de canton.

Le 21 juin 1791 un événement va survenir et procurer à la localité une reconnaissance nationale.

Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791 le roi de France LOUIS XVI et la reine Marie-Antoinette née de HABSBOURG-LORRAINE ainsi que leurs enfants quittent incognito la palais des Tuileries à PARIS. Le but du voyage est de rejoindre MONTMEDY (55) qui est un foyer royaliste. La voiture royale s'arrête au relais de poste de SAINTE-MENEHOULD (51). Là, le roi est reconnu par Jean-Baptiste DROUET qui est le maître de poste. Il va provoquer l'organisation d'une embuscade pour arrêter la fuite. A cette époque, à VARENNES, subsistait une ancienne porte de fortification dite voûte de l'église SAINT-GENGOULD. L'accès au pont sur la rivière AIRE qui succède à cette voûte est barricadé. Quand la berline des fuyard paraît, elle est stoppée par la troupe sous les ordres du futur général RADET. La famille royale est conduite vers l'estaminet dit du BRAS D'OR. Le juge DESTEZ qui connait bien la famille royale reconnaît formellement celle-ci. Le roi, la reine et leurs enfants sont ramenés à PARIS et incarcérés à la prison du TEMPLE. On connaît la suite...


l'arrestation de la famille royale


Dans l'estaminet du Bras d'Or



ETAT ACTUEL

Il reste bien peu de vestiges historiques à VARENNES-EN-ARGONNE. Le clocher de l'ancienne église SAINT-GENGOULD est devenu la TOUR DE L'HORLOGE sur laquelle a été apposé une plaque commémorant l'arrestation de LOUIS VI. 



ACCÈS

La tour de l'horloge se trouve à l'entrée de la ville haute.


VUES DU SITE


Tour de l'horloge


Plaque commémorative


samedi 27 juin 2020

LE CHÂTEAU DE BADONVILLER

LE CHÂTEAU DE BADONVILLER (54) :


SIÉGE DU GOUVERNEMENT DU COMTE DE SALM


SITUATION

Le château de BADONVILLER aujourd'hui entièrement disparu se trouvait au confluent de deux ruisseaux, a environ 440 mètres d'altitude, à l'est de l'ancienne gare.

HISTOIRE

L'histoire de ce château est intimement lié à celle de la famille de SALM. Hermann 1er de SALM a été un éphémère roi de Germanie au X° siècle. C'est son fils HERMANN II qui arrive dans la région après avoir épousé Agnès de LANGENSTEIN fille de de THIERRY de MONTBELIARD-BAR. vers 1111 - voir château de LANGENSTEIN. 

Le domaine de l'abbaye d'OFFONVILLE -voir ce nom,  jouxte les terres de SALM. Cette proximité motivera en partie la guerre entre HERMANN II et l'évêque de METZ ADALBERON. HERMANN sera tué lors du conflit. Les descendants d'HERMANN qui demeuraient au château de SALM (voir ce nom) dit SALM SUPERIEUR vont le quitter pour ériger un château à BADONVILLER qui deviendra la capitale du comté.  Les SALM sont alors voués de plusieurs abbayes ( SENONES, HAUTE SEILLE, SALIVAL). Henri 1er de SALM est l'époux d'Adelaïde de DABO fondatrice de SALIVAL. Cette vouerie va se concrétise par des pillages répétés contre les moines qui sont pourtant supposés être protégés par leurs voués HENRI II qui part en croisade en 1190. Il participera au sac de CONSTANTINOPLE. La famille va se scinder en deux branches, les SALM et les BLÂMONT. Ils vont aussi étendre leurs possession avec les châteaux de BACCARAT et de DENEUVRE - voir ces noms.


Le comté de SALM

En 1246 Henri IV de SALM tente de capter l'héritage de son cousin Ferry de BLÂMONT. les SALM perdront ce conflit et seront battu en 1301. La cité de BADONVILLERS appartient alors pour moitié aux Templiers. Après la suppression de cet ordre, Jean II de SALM possède la totalité de la ville. NICOLAS de SALM participe au conflit qui oppose le duc RAOUL DE LORRAINE à Henri de BAR. Il meurt des suites de cette guerre le 3 août 1343. A la fin du XIV° siècle, le comté est ravagé par la peste noire. Puis, en 1363, la contrée subit les ravages des hordes de "Bretons" qui sont des mercenaires sans emploi. Jean VI de SALM est tué à la bataille de BULGNEVILLE en 1431.


Gisant de Henri 1er de SALM

En 1431 a lieu de partage du pays de SALM en deux entités: Le Comté et la Principauté de SALM. Les terres sont dirigées respectivement par Jacques 1er de SALM et par Jean V, rhingrave ou comte sauvage du Rhin. Ces deux nobles administrent conjointement leurs terres. Il n'y a pas de réelle division du territoire. Chaque village est alors doté d'un maire appelé "maïeur".


Philippe Othon Rhingrave de SALM

Au XVI° siècle le duc CHARLES III de Lorraine est l'ennemi acharné de la Réforme aux cotés de ses cousins les GUISE qui intriguent à la cour de France. CHARLES III aura des prétentions à la couronne française à la mort d'HENRI III. Le maréchal Paul de SALM accompagné d'Africain d'HAUSSONVILLE et de Théodoric SCHÔMBERG commande une armée Lorraine contre les Huguenots. D'abord épargnés par les pillages et les tueries les pays de SALM vont leur tour connaître leurs exactions. 

AU XVI° siècle, les bûchers anéantissent les sorciers avec frénésie. Jean IX de SALM est un personnage puissant. Il arrive au pouvoir à l'âge de huit ans en 1540. Il sera l'ami du duc CHARLES III qui le nommera conseiller d'état et maréchal de Lorraine. Il habite souvent à NANCY dans le palais qu'il s'est fait construire en 1583 et qui est l'actuelle Cour d'Appel. Il était redouté pour son caractère impulsif et fougueux. Il achète la vallée de la BRUCHE et fera représenter son autorité localement à LA NEUVEVILLE- DEVANT-BAREMBACH qui prendra plus tard le nom de SCHIRMECK. Jean IX n'aura pas de descendance. Sa nièce Christine de SALM va hériter du comté. Elle est l'épouse de François de VAUDEMONT, le comté de SALM devient lorrain. Le 16 décembre 1597 après avoir fait arpenter le territoire, le partage est consommé. Terres et villages sont simplement divisés en deux moitié non délimitées, ce qui fait que deux maisons voisines d'une même localité vont dépendre pour la première  du comté, donc de NANCY et pour la seconde, de la principauté sous l'autorité des Rhingraves.


Jean IX de SALM

A cette époque le château de BADONVILLER est habité par un châtelain nommé DITERMAN. Ce partage provoque le démantèlement des fortifications de BADONVILLER et la destruction de la porte de France, puis de celle d'Allemagne quatre ans plus tard. Le pays de SALM est divisé en VAL DE SENONES (88), BAN DE SALM (67), VAL d'ALARMONT (88) et PAYS DE BADONVILLERS (54). Il convient d'ajouter les possession de FENETRANGE (57) et celles plus lointaines de DIEMERINGEN (67).

En 1767, la Lorraine est rattachée à la France. La principauté subit une sorte de remembrement autour de la ville de SENONES (88) - voir Châteaux de SENONES.

Qu'advient-il du château de BADONVILLER dont les éléments historiques s'y rapportant sont très rares ? mystère, ce qui est sûr, c'est qu'il a entièrement disparu.


ACCÈS

Le site du château se trouvait peut-être aux abords de l'actuelle station d'épuration.


VUES DU SITE


Emplacement supposé du château ( étoile rouge)


L'église de BADONVILLER


Le clocher

vendredi 26 juin 2020

COUVENT DE DUSENBACH

LE COUVENT DE DUSENBACH (68) :


SOUS LE CHÂTEAU DES SIRES DE RIBEAUPIERRE


SITUATION

Le couvent de DUSENBACH se trouve sur la commune de RIBEAUVILLÉ dissimulé en contrebas du château de SAINT-ULRICH - voir ce nom à 400 mètres d'altitude.

HISTOIRE

Un ermitage existe en ce lieu avant le XIII° siècle. Egelophe II de RIBEAUPIERRE participerent au siège de Constantinople en 1204, puis se bat à Damiette en 1221. Il ramène de ses périples en terre sainte une précieuse statue de la vierge et fait construire une chapelle pour l'abriter sur le site de l'ermitage. L'invocation de cette statue aurait permis plusieurs miracles..

ULRICH II de RIBEAUPIERRE fait ériger une seconde chapelle vers 1260. Une troisième chapelle est construite vers 1297 par Anselme dit Le Téméraire libéré après un emprisonnement motivé par une insurrection contre l'empereur Adolphe de NASSAU.

Au XV° siècle le sanctuaire de DUSENBACH est réaménagé Les chapelles sont vouées au culte de la vierge Marie. MAXIMIN II de RIBEAUPIERRE fait ériger le chemin de croix. Vers 1484, suite à un pèlerinage en Judée, DUSENBACH est entièrement reconstruit. Un y construit aussi une tour, aujourd'hui disparue, appelée tour de la captivité dédiée à la captivité du Christ. Un sépulcre est aménagé dans la chapelle primitive.

DUSENBACH sera anéanti au cours de la guerre de Trente-ans. Les suédois mettent le sanctuaire à sac en 1632. La statue de la vierge échappa au désastre. Vingt-cinq ans plus tard le lieu de culte est relevé de ses ruines et les pèlerinages reprennent. Une maison d'habitation est élevée à proximité des chapelles en 1656 pour y abriter un gardien.



Maquette des ruines de DUSENBACH

En 1791 le sanctuaire est fermé par les révolutionnaires qui ordonnent la démolition des chapelles. Il semblerait toutefois que des cérémonies religieuses clandestines perdurent dans les ruines. Aussi, le 25 mars 1794 les chapelles sont rasées ne laissant que des pans de murs délabrés. Le site est vendu comme bien de la nation. En 1810 les lieux sont achetés par Jacques DOMLER lors d'une vente judiciaire. Les ruines appartiennent à Grégoire OWALLER en 1836, puis de 1837 à 1876 à l'abbé HISS de RIBEAUVILLE. Le 2 novembre 1876 Joseph WURER est propriétaire des lieux. L'évêque de STRASBOURG FRITZEN fera relever les ruines par l'architecte WINCLER qu'il racheta à la fin du XIX° siècle. Le pèlerinage est restauré le 15 mai 1894. Le chemin de croix est restauré en 1921-1922. La garde du sanctuaire est alors confié à des moines capucins.

Le couvent de DUSENBACH est classé Monument Historique en 2007.


ÉTAT ACTUEL

L'ensemble, toujours habité par des religieux est très bien entretenu; Deux chapelles et les parties extérieures sont ouvertes au public.  

ACCÈS

En bordure de la route dite du col du HAUT-RIBEAUVILLE vers SAINTE-MARIE-AUX-MINES, laisser le véhicule sur un parking dédié. On accède au couvent après vingt minutes de marche en rampe constante bordée par le chemin de croix.


VUES DU SITE


vue générale


Sentier d'accès par le chemin de croix


arrivée sur le site


Vue générale


Ruisseau et jardin


Couvent et maison dite du gardien


la rue


Le nouvelle chapelle et le couvent


Le couvent


la nouvelle chapelle


Nef de la nouvelle chapelle


Le rocher


Nef de l'ancienne chapelle


Les fresques


Chœur de l'ancienne chapelle


Le tombeau

jeudi 28 mai 2020

PAPE URBAIN IV

PAPE URBAIN IV :



IL FUT ÉVÊQUE DE VERDUN


La lorraine peut s’enorgueillir d'avoir donné quatre papes à la chrétienté. URBAIN IV est l'un d'eux.


BIOGRAPHIE

Il est d'origine champenoise et issu d'une modeste famille de savetiers. Jacques PANTALEON, dit DE TROYES, futur pape URBAIN IV est né vers 1200 à TROYES (10). Il décède le 2 octobre 1264 à PEROUSE (I). 

Il entre en religion est se retrouve clerc à la cathédrale de TROYES vers 1210. Vers 1215  il est prêtre et prédicateur. Il appartient à l'évêché de LAON (02) en 1216. Il devient docteur en théologie en 1220, puis archidiacre de la cathédrale de LAON en 1238. Il occupera ensuite la même fonction à LIEGE (B) en 1241.




Urbain IV


De 1252 à 1255 il est évêque de VERDUN (55). Le pape Alexandre IV va le nommer patriarche de JERUSALEM en 1255.

Il sera élu pape sous le nom d'URBAIN IV le 29 août 1261. Il va négocier le trône de Sicile au profit de Charles d'ANJOU qui est le frère du roi de France LOUIS IX, plus connu sous le nom de SAINT-LOUIS. Charles d'ANJOU devra néanmoins conquérir son royaume par les armes car la place est usurpée par Manfred de HOHENSTAUFFEN, fils bâtard de l'empereur FREDERIC II. 


Détail de la liste des évêques de VERDUN
au palais épiscopal devenu Centre Mondial de la Paix

En 1264 il créé la Fête de l'Eglise Universelle qui deviendra la Fête-Dieu. Cette cérémonie existait déjà sous l’appellation de Fête du Saint-Sacrement depuis 1246.

URBAIN IV s'éteint âgé d'environ 61 ans.




Armes du pape Urbain IV

samedi 9 mai 2020

LE CHÂTEAU DE GONDREVILLE

LE CHÂTEAU DE GONDREVILLE (54):


SA PRÉSENCE DÉFIE L’ÉVÊQUE DE TOUL


SITUATION

La cité de GONDREVILLE jouxte l’agglomération de TOUL. Le château a entièrement disparu.


HISTOIRE 

Gondreville aurait été fondé par GONDULPHE, maire du palais du roi d'Austrasie THEODEBERT. Il aurait laissé son nom à le cité.

Le  château a été érigé par le duc de Lorraine TIERRY II LE VAILLANT au cours du XIème siècle. Cette construction va entraîner le mécontentement de l'évêque de TOUL qui n'accepte pas la présence de cette forteresse lorraine aux portes de sa cité. Il appuie son bon droit pour contester la construction par le fait que jadis les rois de France avaient interdit la construction de château-fort à l'est de LIVERDUN - voir ce nom. Mais le château ne sera pas détruit. En 1220, le duc THIEBAUT 1er meurt sans descendance. Sa veuve Gertrude de DABO épouse le comte de Champagne. Elle reçoit en douaire le château de GONDREVILLE. le château revient en 1295 au duc FERRY III et restera une propriété ducale jusqu'au XVème siècle où il sera investi par les troupes bourguignonnes. En représailles, les forces lorraines stationnées au château voisin de FONTENOY (SUR-MOSELLE)-voir ce nom, mettent le siège au château qui est abandonné par les Bourguignons.

En 1356, le duc JEAN 1er participe à la bataille de POITIERS aux côtés du roi de France JEAN II le bon contre les Anglais. Le gouverneur du château de GONDREVILLE Pierre PIERROT fait partie des forces lorraines. Au cours de la bataille, deux chevaux seront tués sous lui avant d'être fait prisonnier par les Anglais. Il revient en lorraine en 1360 mais tombera en roture. 

Au XV° siècle nous sommes sous le règne de RENE II. Celui-ci a repris NANCY à CHARLES LE TEMERAIRE. Le château est confié au bâtard de VAUDEMONT. Celui-ci avec ses hommes arborant une écharpe blanche en signe de reconnaissance vont aller massacrer les hommes du Téméraire à LAXOU (54), avant de regagner la forteresse nantis d'un important butin. 




La duchesse Renée de BOURBON MONTPENSIER


Le duc ANTOINE LE BON donnera le château à son épouse Renée de BOUBON MONTPENSIER qui en fera une résidence de loisir. GONDREVILLE est alors le siège d'une prévôté du bailliage de NANCY. Un hôpital y sera fondé par le prince d'ELBOEUF qui demeure dans un nouveau château reconstruit sur les ruines médiévales.  Cette nouvelle construction n'existe plus de nos jours.


ETAT ACTUEL

Rien ne reste des châteaux mais dans le village, à proximité de la place centrale se trouvent les vestiges d'une des anciennes portes de la ville médiévale



VUES DU SITE


La porte vue sens Sud-Nord


Vue en sens inverse


Vue rapproché. Une poterne est visible sous l'arcade à droite


Un gond


ouverture en œil de bœuf vertical