vendredi 4 août 2017

CHÂTEAU DE MAIZIERES

LE CHÂTEAU DE MAIZIERES  (54):

UN CHÂTEAU ÉPISCOPAL DEVENU UNE HABITATION MODERNE

SITUATION

Le château de MAIZIERES ( autrefois MAIZIERES-LES-TOUL) se trouve en contrebas du village, au milieu d'un quartier neuf irrigué par la rue de Fort à environ 240 mètres d'altitude.


HISTOIRE

Le village de MAIZIERES est une possession de l'évêque de TOUL dès le XI° siècle. L'évêque Gilles DE SORCY y fait construire un château entouré de douves. A la mort du prélat ( 1272) deux candidats à sa succession vont s'opposer. C'est Jean de LORRAINE, petit-fils du duc MATHIEU 1er qui obtient la charge. Gautier de BAUFREMONT, candidat malheureux va se venger et investir les châteaux épiscopaux de BRIXEY (55), de LIVERDUN (54) - voir ces noms, et de MAIZIERES. L'évêque en appelle au duc FERRY III qui reprend les trois places sans coup-férir. En 1347 le château est sous la suzeraineté de Thomas de BOURLEMONT, évêque de TOUL. Deux de ses vassaux Erard DE THELOD, seigneur d'ACRAIGNE aujourd'hui appelé FROLOIS et Pons d'HARAUCOURT s'emparent du château qu'ils incendient. L'évêque Bertrand DE LA TOUR D'AUVERGNE fait renforcer les défenses de MAIZIERES pour faire face aux bandes de soudards nommés "Bretons" à la solde des anglais qui menacent la contrée. Il confie la garde des lieux  au régent de Lorraine Burchard DE FENETRANGE qui y dépêche une garnison. Malgré ces précautions la place est prise en 1360 et très endommagée. 

En 1406 l'évêque est Philippe DE VILLE ( VILLE-SUR-ILLON - voir ce nom) . A sa mort, c'est son frère Henri qui lui succède. A partir de 1409 il fait restaurer la place qui est en fort mauvais état, de même que les châteaux de BRIXEY et de BLENOD-LES-TOUL - voir ces noms. Au XV° siècle les écorcheurs ravagent le château. Antoine de NEUFCHÂTEL, l'évêque le fait restaurer afin de se protéger des Lorrains ( nous sommes ici aux portes de NANCY). Jean II de Lorraine dépêche son fils Nicolas pour assiéger MAIZIERES qui tombera au bout de six jours. Antoine de NEUFCHÂTEL récupère rapidement son château et le restaure. Le maréchal de Lorraine Jean VII de FENETRANGE reprend la forteresse mais en sera rapidement chassé par l'évêque. Un nouveau péril couve. Le propre frère de l'évêque Henri de NEUFCHÂTEL-BLÂMONT tente de s'emparer du château de son frère. Nous sommes en pleine guerre de conquête Bourguignonne menée par CHARLES LE TEMERAIRE et comme la famille de NEUFCHÂTEL est bourguignonne...

En 1585 le duc Henri 1er DE GUISE dit LE BALAFRE ravage à son tour le château de MAIZIERES l'évêque de TOUL est son frère Charles de LORRAINE. En 1587 le château est tenu par Jean Blaise De MAULEON chambellan du duc CHARLES III, beau-frère du roi de France HENRI II. En septembre les reîtres du duc de BOUILLON investissent le château. Le châtelain se repliera au château de L'AVANT-GARDE - voir ce nom. Les français occupent MAIZIERES de 1634 à 1635. RICHELIEU ordonne la destruction de la place. Tous les éléments défensifs furent rasés. Dès 1674 le château est transformé en ferme qui sera exploitée jusqu'au début du XXI° siècle.  

Après plusieurs années d'abandon ( 2001 - 2006), les bâtiments sont vendus. Entre temps la plupart des éléments historiques, portes, fenêtres avaient été démontés. Les vestiges sont finalement rasés, sauf le donjon d'habitation qui possède encore une belle fenêtre du XVI° siècle. Cette tour est devenue une maison d'habitation qui se confond avec les autres constructions neuves du quartier. 


ÉTAT ACTUEL

Mis à part la fenêtre précitée, peu d'éléments permettent de reconnaître un château médiéval dans l'édifice actuel.

ACCÈS

Au bas de la rue du Fort, le château est en bordure de rue au début d'un longue ligne droite. Seule une vue extérieure est possible.


VUES DU SITE



Plan vu sur un ancien cadastre  



Le château vu au début du XX° siècle (collection particulière)


Vue générale


Façade


vestiges de courtine



fenêtre renaissance




détail de la tour

CHÂTEAU DE CASENOVE

LE CHÂTEAU DE CASENOVE (54):


DEVENU UNE MAIRIE

SITUATION

Le château de CASENOVE se trouve sur la commune de MAIDIERES-LES-PONT-A-MOUSSON à environ 185 mètres d'altitude et constitue l'actuelle mairie de ce village accolé à la ville de PONT-A-MOUSSON. 


HISTOIRE

A l'origine, le château est une maison forte. Le 5 août 1489 le duc de Lorraine RENE II anoblit son premier valet de chambre Jacquet DE MARIA et lui inféode la seigneurie de MAIDIERES nommé fief de CASA NOVA qui deviendra par déformation CASENOVE. Ce nouveau seigneur fait édifier une modeste chapelle à proximité du château, la chapelle Notre Dame des anges. 

Le château passe à Claude-Dagobert MILLET, conseiller au bailliage de MIRECOURT à compter du 9 mars 1705. Le nouveau seigneur est aussi procureur du bailliage de PONT-A-MOUSSON. La famille tirait sa fortune de leur charge de fermier généraux du marquisat de HAROUE en 1646. Elle était aussi au service du maréchal de BASSOMPIERRE. Claude Dagobert devient secrétaire du duc de Lorraine CHARLES IV et ambassadeur envoyé à PARIS. Il est anobli le 6 juin 1661. l'Hôtel de Lorraine ( l’ambassade) est confisqué par le roi de France au cours de la Guerre de Trente-Ans. Dagobert rejoint son château de CRANTENOY (54) et occupe la charge de prévôt d'HAROUE passé à la famille de BEAUVAU-CRAON. Il siégera ensuite à la Cour des Comptes de NANCY et habitera alternativement MAIDIERES ou son hôtel de la place Carrière. Il mourra comme Conseiller d'Etat à la Cour souveraine de Lorraine et du Barrois. 

Le fils aîné de Claude-Dagobert héritera du château de CASENOVE. Il mourra en 1701 alors qu'il est président de la Cour des comptes de NANCY. C'est à cette époque que la famille prends le nom de DE CHEVERS. Jules-Marie-Léonard DE MILLET DE CHEVERS meurt sans postérité. Sa veuve vendra le domaine en trois lots. Le château sera acquit par la commune de MAIDIERES en 1828 qui en fera sa mairie. La chapelle, l'exploitation agricole et moulin seront achetés par des particuliers. 

Entre septembre 1914 et juillet 1915, MAIDIERES est une base arrière allemande pour les rudes combats du BOIS LE PRÊTRE. La chapelle est fortement endommagée puis restaurée après le conflit. 

ÉTAT ACTUEL

L'ensemble château-chapelle sont en bon état. la cour, ancienne exploitation agricole de château est privée

ACCÈS

Le château se trouve à l'entrée Est du village. Seule la visite extérieure des lieux est possible.


VUES DU SITE



Vue aérienne, le château est entouré en rouge  ( Géoportail)



Vue générale au début du XX° siècle (collection particulière)


Vue générale


La porte et la poterne


pierre héraldique


La chapelle coté Est



Entrée de la chapelle


Tour et jardin



Le château

vendredi 28 juillet 2017

CHÂTEAU DE SAINT-OUEN-LES- PAREY

CHÂTEAU DE SAINT-OUEN-LES-PAREY ( (88):

SUR LES LIEUX DU MARTYRE D'UNE SAINTE

SITUATION

Le château de SAINT-OUEN-LES-PAREY se trouve sur la commune du même nom, à proximité de la mairie du village à environ 340 mètres d'altitude.

HISTOIRE

A l'époque gallo-romaine, ODE sœur de SAINT-ELOPHE - voir ce nom, est martyrisée dans le village.

Le château voit le jour au cours du XIV° siècle, il est une possession de la famille DE SAINT-OUEN. Transformé en manoir au cours des XVI° et XVII° siècle, l'édifice devient la propriété de la famille des comtes DE LAVAUX qui en font leur résidence estivale. Suite à un mariage, la propriété passe au baron Canon DE VILLE, ancien capitaine de l'empereur en 1775. En 1791, le châtelain refuse d'enlever ses armoiries qui surmontent les grilles du château. Les villageois protégés par une milice armée détruisent les grilles. 

ÉTAT ACTUEL

C'est un château carré à un étage autrefois flanqué de quatre tours. Une tour carrée en mauvais état subsiste dans la cour près de la mairie.

ACCÈS

Le château est toujours une propriété privée qui ne se visite pas.


VUES DU SITE



Vue aérienne  ( Géoportail)


Le château au début du XX° siècle (collection particulière)


Vue générale

lundi 17 juillet 2017

CATHÉDRALE DE TOUL

LA CATHÉDRALE DE TOUL (54):

Remontant aux alentours de l'an 350, l'évêché de TOUL sera supprimé en 1776, suite à son démembrement afin de créer les nouveaux évêché de NANCY et de SAINT-DIE.

ARCHÉTYPE DU STYLE GOTHIQUE LORRAIN

SITUATION

La cathédrale de TOUL s'élève à l'Est de la ville fortifiée, à 209 mètres d'altitude. Elle voisine avec l'ancien palais épiscopal devenu hôtel de ville et d'un vaste cloître gothique.


HISTOIRE

L'édifice actuel est en fait la sixième cathédrale édifiée à TOUL en remplacement d'édifices plus anciens. La cité de TOUL, "TOLLUM" existait déjà à l'époque gauloise, la tribu des Leuques en avait fait sa capitale. Au IV° siècle la contrée est évangélisée par SAINT MANSUY (338-375). Le siège épiscopal connaîtra dix-sept évêques canonisés : MANSUY, ALCHAS, GELSIMUS, AUSPICE, OURS (contemporain de CLOVIS), EPVRE, ALBAUD, DULCITIUS, PREMON, EUDOLIUS, BODON, JACOB, ARNULF, GAUZELIN, GERARD, ETIENNE DE LUNEVILLE, et SAINT-LEON qui fut le pape LEON IX.




SAINT-GERARD, évêque de TOUL


La première cathédrale détruite par l'invasion des Huns avait été érigée sur les ruines d'un temple romain. D'autres églises se succédèrent. Entre 963 et 967 l'évêque SAINT-GERARD fit bâtir une cathédrale romane afin de réunir trois basiliques pré existantes. Au XI° siècle, suite à une destruction la cathédrale que l'on reconstruit adopte un plan roman-rhénan, un chœur flanqué de deux tours. L'édifice actuel voit le jour vers 1220. La transformation de l'édifice roman en cathédrale gothique va s'opérer durant une longue période qui s'achèvera en 1497. L'histoire a retenu le nom de l'un des architectes qui va œuvrer à cette métamorphose: Mangin CHEVENOT, originaire de VICHEREY (88). L'ensemble s'inspire de REIMS et va servir de modèle pour les églises NOTRE-DAME de TREVES, l'église des Franciscains de COLOGNE ou la collégiale de WIMPFEN-IM-TAL (D). A l'origine, les tours gothiques possédaient des flèches gothiques ajourées. Le cloître actuel est construit par Pierre PERRAT avant 1400. Les travaux seront perturbés par la guerre opposant la Lorraine à la Bourgogne entre 1400 et 1460. Les travaux se terminent par la substitution du chœur roman par le chœur gothique entre 1331 et 1400. En 1460, le chapitre en appelle au roi de France pour financer l’achèvement de la rosace de façade due à Jacquemin De LENONCOURT. Sur cette façade figure les rames de l'évêque Warry DE DOMMARTIN et celles du duc de Lorraine RENE II. En 1497, les cloches retentissent dans les tours flamboyantes.  Vers 1530, on édifie le dôme dit ''De la boule d'or'' et vers 1530, l'évêque Hector D'AILLY commande la chapelle abritant le tombeau des évêques qui est de style renaissance. La flèche de la tour Sud s'effondre, par soucis de sécurité la seconde flèche est à son tour abattue. 



SAINT-LEON évêque de TOUL, élu pape sous le nom de LEON IX


En 1648, l’évêché de TOUL est rattaché à la France, tout comme celui de METZ et de VERDUN afin de former la nouvelle province des TROIS ÉVÊCHÉS. C'est le début de la fin. En 1776 le territoire épiscopal est démembré. On créé des sièges épiscopaux à NANCY et à SAINT-DIE-DES-VOSGES, l'évêché de TOUL disparaît en 1790. Au XVIII° siècle, on construit des chapelles latérales dans la cathédrale. En 1794, on abat les statues qui ornaient la façade de l'église, le jubé, les stalles, les sculptures du cloître et de la nef disparaissent également. En 1824, l'évêché de NANCY prend le nom d'évêché de NANCY-TOUL. La cathédrale est classée Monument Historique sur la première liste de 1840, le cloître est classé en 1889.

Les prussiens endommagent la grande rosace et la façade en 1870 par des tirs. Les dégâts seront restaurés en 1874. Les malheurs des guerres modernes ne faisaient que commencer pour notre édifice. Le 19 juin 1940 un bombardement anéanti la tour sud, et un incendie ravage la charpente; Une charpente provisoire sera construite et perdurera jusqu'aux années 1980. Après une restauration de plusieurs dizaines d'années, la cathédrale a retrouvé son aspect d'antan.


ÉTAT ACTUEL

Les tours culminent à 62 mètres ( 90 mètres avec les flèches disparues). La nef a une hauteur de 29,60 mètres. Le transept très vaste ne repose sur aucune colonne ni aucun collatéral. C'est la plus grande ouverture gothique d'un seul tenant de France ( 22 mètres de hauteurs. Le cloître d'une longueur totale de 157 mètres sur trois galeries est le plus vaste de France.

Les sols de la cathédrale et du cloître sont constitués d'une multitude de pierres tombales et de gisants, même en dehors de la chapelle funéraire des évêques. 43 de ces gisants sont classés monuments Historiques. Parmi ceux-ci figurent les gisants de SAINT-MANSUY et de SAINT-GERARD.

Le palais épiscopal de style classique fait office d'hôtel de ville.

ACCÈS

Il n'est pas aisé de stationner un véhicule dans le vielle ville touloise. Il vous faudra atteindre la cathédrale à pied.


VUES DU SITE



Vue aérienne  ( Géoportail)



Plan (collection particulière)


La cathédrale


Façade


Tour Nord et rosace


Grand portail



Portail Sud


Croix de façade


Détail de la façade


Dôme de la boule d'or


Vue extérieure du transept et du chœur


La chapelle des évêques


La parc et les tours


La nef




La nef et les orgues



Le transept



Le chœur



Le sol au niveau du tombeau des évêques




Le sol constitué de gisants


LE CLOÎTRE



Entrée par la cathédrale



Entrée par la rue



Vue générale



Cloître et cathédrale



Dans le cloître



Côté Ouest


Comme dans la cathédrale, le sol est constitué de gisants

PALAIS ÉPISCOPAL


Entrée


Façade Est