CHAMPS DE BATAILLE DE LA CHAPELOTTE (54):
L'ENFER DE LA GUERRE DES MINES
N'ayant plus beaucoup de réserves pour alimenter mes articles par des monuments féodaux, j'inaugure une série consacrée au champs de batailles du premier conflit mondial situés sur le massif des Vosges.
SITUATION
Le site se trouve sur les communes de PIERRE-PERCEE, de BIONVILLE (54) et de la foret communale d'ALLARMONT (88) de part et d'autre du COL DE LA CHAPELOTTE qui permet à la route départementale 992 de relier les vallées de la Plaine et de la BLETTE sur l'axe SCHIRMECK-LUNEVILLE.
HISTOIRE
Ce paragraphe n'a pas vocation à relater le détail du déroulement des combats, mais à en faire un résumer concis et chronologique.
Dans le nuit du 21 au 22 août 1914, un zeppelin largue des bombes sur le cantonnement du 21ème Corps d'Armée à BADONVILLER. Le dirigeable est abattu à proximité du Col de la Chapelotte. Les allemands sont présents dan la vallée de la Plaine et plusieurs combats se sont déjà déroulés sur la ligne de crête. Le 26 février 1915 une patrouille allemande teste les défenses françaises au HAUT-des-planches. Le site est ensuite bombardé par les allemands qui vont prendre d'assaut les positions françaises tenues par le 70ème BCA, le 349ème RI et le 38ème RIT. En fin de journée les Français ont repris une partie des positions perdues. La neige tombe. les français vont progressivement creuser un réseau de tranchées. Dans la nuit du 28 février au premier mars des renforts français arrivent, un assaut est programmé après une préparation d'artillerie qui sera sans effet. Les allemands sont retranchés dans de solides bunker et leurs tranchées sont taillées dans le grés. L'assaut est un échec. Les assaut continuent et le 8 juin 1915, les allemands inaugurent la guerre des mines qui prendra fin le 2 septembre 1917 après 55 explosions provoquées par les deux camps.
Certaines galeries de mines sont creusées à de grande profondeur, soit 20,30, 40 et même 70 mètres sous la montagne On recense des cratères de mines de 50 mètres de diamètre. Le 25 avril 1916, les positions françaises subissent un feu d'artillerie de cinq heures durant lequel 30 000 obus seront tirés. Mille fantassins allemands prennent les positions française d'assaut. Celui-ci sera un échec et le col restera français. Dorénavant la guerre des mines va s'intensifier les sapeurs travaillent désormais à 75 mètres de profondeur. Le 14 avril 1917 deux explosions souterraine annonce une nouvelle attaque allemande qui sera elle aussi repoussée entrainant de lourdes pertes humaines et une consommation de 1059 obus de 75 et de 155 sur le site du Haut-Du-Faîte.
Le 2 septembre 1917 les français font exploser dix tonnes d'explosif à 70 mètres de profondeur créant une cavité de 200 m3. Le 28 mai 1918, les français dynamitent leurs galeries de mines pour éviter une invasion ennemie par celles-ci. A compter de septembre 1917 il n'y aura plus d'assaut important, les deux camps limiteront leurs attaques à des escarmouches et des jets de grenades.
Le 11 novembre 1918 l'armistice est signé. Les allemands ont aussi dynamité leurs galeries avant de quitter les lieux.
Les allemands avaient édifié d'importantes infrastructures sur l'ensemble de la ligne de crête. Ces bâtiments seront utilisés par les maquis durant le second conflit mondial.
ETAT DES LIEUX
Longtemps laissé à l'abandon, le champs de bataille a été restauré et ouvert au public à l'occasion de centenaire de l'armistice. Une association qui possède aussi un musée dédié aux combats au lieu-dit LA MENELLE à PIERRE-PERCEE entretien les lieux. Les divers abris sous roche ont été condamnés en raison de la présence en ces lieux de colonies de chauves-souris. Malheureusement plusieurs de ces barrages ont été vandalisés. Les accès aux sites installés sur les forêts gérées par l'ONF ont été balisés ; il n'en est pas de même pour ceux situés sur des terrains privés. Il est dangereux de s'écarter des sentiers balisés car de nombreux pièges datant du conflit s'y trouvent encore. De même, il est dangereux de s'aventurer dans les galeries de mines ( risques d'éboulement et d'asphyxie).
VISITE DES LIEUX
Le champs de bataille se divise en deux secteurs de part et d'autre du Col de la Chapelotte. La partie ouest est accessible en véhicule, la partie est nécessitera près de dix kilomètres de marche souvent en pente raide pour une visite intégrale.
SECTEUR DE DAMEGALLE
Il s'agit là des lignes arrières françaises. On y trouve à proximité des vestiges du château féodal de DAMEGALLE (voir ce nom) et qui n'a joué aucun rôle dans la bataille, les premières tranchées ainsi que le site dit de LA GROTTE DES POILUS qui était un poste de secours français et l'observatoire du rocher de LA PIERRE A CHEVAL qui était équipé d'une pièce d'artillerie surnommée JULOT.
Au Col de la Chapelotte ce trouve la fontaine construite par les soldats et la chapelle CARTIER-BRESSON, du nom d'une famille d'industriels de la vallée de la plaine dont est issu un célèbre photographe. Cette chapelle remplace un édifice plus ancien anéanti par la guerre et dont il ne reste que deux piliers. On y trouve aussi un monument commémoratif de taille assez modeste. En se dirigeant vers le champ de bataille, on rencontre les ruines d'une maison forestière détruite lors des combats.
En empruntant le chemin de droite on accède à la roche dite DES DEUX JUMELLES, un poste d'observation français sur un secteur appelé en langue corse GECHETTI-BLAISE.
Faire demi-tour et monter le chemin de gauche pour atteindre l'USINE SOUTERRAINE qui est un ensemble de cavités étalées sur 200 mètres et creusées dans une falaise de grés. Ces cavités abritaient de puissants compresseurs destinés à fournir l'air comprimé nécessaire au creusement des abris et des galeries de mines.
Poursuivre sur de chemin initial jusqu'à la STELE CORSE. ce monument a été érigé en souvenir des soldats du 373ème RI composé majoritairement de soldats venant de l'Île de beauté. Ces derniers avaient amené avec eux des châtaignes, lesquelles ont ensemencé la forêt où cet arbre est devenu très abondant.
Poursuivre dans la tranchée de première ligne sur plusieurs centaines de mètres où postes d'observation, abris et blockhaus se succèdent.
Enfin, on arrive au blockhaus dit BISMARSCHANZE où se trouve la stèle en la mémoire du lieutenant Karl JUNKER mortellement blessé à cet endroit.
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