dimanche 8 juillet 2018

ABBAYE D'EBERSMUNSTER

L'ABBAYE D'EBERSMUNSTER (67):

CHEF D’ŒUVRE DU BAROQUE


SITUATION

L'abbaye d'EBERSMUNSTER se trouve sur la commune du même nom, au centre du village, à 164 mètres d'altitude. 


HISTOIRE

La fondation de l'abbaye d'EBERSMUNSTER remonte à la fin du VII° siècle. SAINT-DEODAT ( SAINT-DIE), est un moine irlandais évêque de NEVERS qui se lie d'amitié avec les seigneurs alsaciens HUNON et HUNA - voir château de HUNAWIHR. Vers 675, DEODAT va fonder l'abbaye d'EBERSMUNSTER et y imposer la règle de SAINT-COLOMBAN - voir abbaye de LUXEUIL. Dès 669, il avait créé l'abbaye des JOINTURES devenue aujourd'hui la cathèdrale de SAINT-DIE-DES-VOSGES - Voir châteaux de SAINT-DIE. Le seigneur HUNON et son épouse sont des favoris du fils du maire du palais de NEUSTRIE, nommé ETICHON ou ALARIC qui sera comte d'Alsace et père de SAINTE-ODILE. Le couple HUNON - HUNA aura un fils qui sera prénommé DIEUDONNE en l'honneur de SAINT-DEODAT. Ce fils deviendra religieux et mourra à l'abbaye d'EBERSMUNSTER. HUNA sera canonisée sous le nom de Sainte HUNE. A sa mort, ses biens seront partagés entre l'abbaye des JOINTURES et celle d'EBERSMUNSTER.



SAINT-DEODAT

L'abbaye reçu les reliques de SAINT-DEODAT à la mort de celui-ci le 19 juin 679 aux JOINTURES. Au VIII° siècle, l'église abbatiale est consacrée par SAINT-PIRMIN. En 817 l'empereur Louis 1er Le Pieux y impose la règle de SAINT-BENOIT et en 818 le monastère est élevé au rang d'abbaye impériale. Au IX° siècle EBERSMUNSTER est placée sous l'autorité de l'évêque de STRASBOURG. En 1049 le pape SAINT-LEON IX, ancien évêque de TOUL y aurait consacré une chapelle dédiée à SAINT-MAURICE, édifice rasé en 1813.

Une abbatiale romane est érigée en 1112 et consacrée en 1155. Cet édifice sera ensuite modifié par des éléments architecturaux gothiques. L'église deviendra l'objet d'un pèlerinage très populaire en l'honneur de SAINT-NICOLAS. La localité qui s'est constituée autour de l'abbaye est élevée au rang de ville en 1331 par l'évêque de STRASBOURG Berthold DE BUCKECK. 

En 1525, la guerre des Rustauds fait rage. Les paysans révoltés pillent l'abbaye, dispersent les reliques de SAINTE-HUNE. Puis en 1549 ce sont les habitants de HUNAWIHR, convertis au protestantisme qui ravagent les lieux.

Au XVII° siècle (1607) l'abbaye relève de la congrégation de BURSFELDE implantée à HANOVRE (D). En 1624 elle dépend à nouveau de STRASBOURG. La guerre de Trente-Ans survient et en 1632 le monastère est incendié par les Suédois du maréchal Gustav HORN. Les moines se réfugient à SELESTAT. Il resteront dans cette ville jusqu'en 1648, date du traité de WESTPHALIE par lequel l'Alsace devient française. Pour remplacer l'abbatiale en ruines une nouvelle église est érigée en 1712. De style baroque, elle est due à l'architecte autrichien Peter THUMB. La foudre frappe cette église en 1717. Elle sera relevée entre 1720 et 1726. En 1791, il restait vingt moines lorsque les communautés religieuses furent abolies. L'abbaye sera vendue en 1792  et sa bibliothèque qui possédait 9025 ouvrage sera pillée. La majorité des ouvrages seront brûlés, le reste sera transporté à STRASBOURG. 

Heureusement, l'abbaye sortira intacte de la période révolutionnaire. L’abbatiale deviendra église paroissiale et les bâtiments annexes sont aujourd'hui une institution privée. 

L'abbatiale est classée Monument Historique en 1898 par les autorités allemandes. 


ÉTAT ACTUEL

L'abbatiale constitue le seul exemple d'architecture baroque autrichien de l'est de la France. L'église est dans un état remarquable. Le reste de l'abbaye qui est privé n'est pas ouvert aux visiteurs.

ACCÈS

L'église se trouve au centre du village.


VUES DU SITE



Vue arrière de l'abbatiale


La façade


Entrée de l'abbaye


Les bâtiments abbatiaux


Maquette de l'abbaye exposée dans l'église


Le chœur


Coté intérieur Sud


Les orgues


La chaire



L'autel



Les stalles




SAINT-DEODAT et SAINTE HUNE


Au centre SAINT-HYDULPHE, fondateur de
 l'abbaye de MOYENMOUTIER (88) .




Détail du plafond de l'église

mardi 3 juillet 2018

CHÂTEAU DE HARDEMONT

CHÂTEAU DE HARDEMONT (88) :


UN CHÂTEAU DISPARU COMME TANT D'AUTRES


SITUATION

Le château de HARDEMONT se trouvait sur la commune de LA CHAPELLE-AU-BOIS, lieu dit HARDEMONT, à environ 360 mètres d'altitude. 

HISTOIRE

Le château est construit au début du XIII° siècle probablement par le comte FERRY DE TOUL, époux d'Agnès DE FERRETTE. Par héritage la place revient aux comtes de FERRETTE vers 1250.




                                                     Les comtes de FERRETTE


Le château passe aux sires de THUILLIERES par le mariage d'un membre de cette famille avec Jeanne de MONTREUX-FERRETTE. Les THUILLIERES garderont le château jusqu'à la guerre de Trente-Ans, événement qui est certainement la cause de sa destruction.

Malheureusement et comme beaucoup de châteaux du département des Vosges, les ruines vont être exploitées comme carrière de pierre, jusqu'à disparaître entièrement.

Sur la carte de CASSINI réalisée au XVIII° siècle, le château est mentionné comme étant ruines.




Le château sur la carte de Cassini

VUES DU SITE



Vue aérienne du hameau de HARDEMONT. La
croix situe l'emplacement supposé du château (Géoportail)

mardi 26 juin 2018

ABBAYE DE SAINT-VANNE

L'ABBAYE DE SAINT-VANNE (55):

ENGLOBÉE DANS UNE CITADELLE


SITUATION

L'abbaye SAINT-VANNE se trouvent sur la commune de VERDUN (55) Ses vestiges sont mêlés à ceux d'un casernement situé au centre de l'enceinte de la citadelle ( voir citadelle de VERDUN), à environ 205 mètres d'altitude. 


HISTOIRE

L'abbaye est fondée en 952 par l'évêque de VERDUN BERANGER sur les site de la première cathédrale du IV° siècle fondée par SAINT-SAINTIN (voir cathédrale de VERDUN). Le monastère est placé sous la règle bénédictine. 

L'abbaye est dédiée à SAINT-VANNE, huitième évêque de VERDUN. Entre 1004 et 1046, L'abbé RICHARD, ancien chanoine de la cathédrale de REIMS instaure au monastère un souffle de réforme qui va essaimé bien au delà de la Lorraine. La discipline monacale est rétablie et un scriptorium est réalisé. Une église abbatiale à deux clochers est érigée au cours du XII° siècle.

Au XIV° siècle, les abbés successifs ont dilapidé la fortune du lieu au point que l'abbé Gérard de VADENAY est contraint de l’hypothéquer. A cette époque ( 1353 - 1381) il ne reste que six moines dans l'établissement.

Avec les années l'abbaye va retrouver son équilibre financier puisqu'au XV° et XVI° siècle on édifie la nef gothique de l'abbatiale. Vers 1590 les fonctions d'abbé de SAINT-VANNE et d'évêque de VERDUN sont réunies sous l'épiscopat de Nicolas PSAUME. L'évêque Eric de LORRAINE instaure l'élection d'un prieur régulier pour l'abbaye. Le premier sera Didier DE LA COUR. C'est à son initiative que le 30 avril 1603 il se rapproche de l'abbaye vosgienne de MOYENMOUTIER - voir ce nom, pour fonder une nouvelle congrégation nommés de SAINT-HYDULPHE et SAINT-VANNE. Cette création est reconnue le 78 avril 1604 par le pape CLEMENT VIII. Plusieurs abbayes de Lorraine et de Franche-Comté vont rejoindre cette congrégation. Bientôt ce seront quelque cinquante abbayes de Lorraine, Franche-Comté, France, Bavière, Pays-Bas qui se retrouveront dans cette famille monastique. Les abbayes françaises s'en séparent en 1618 pour former la congrégation de SAINT-MAUR.

 En août 1792, la congrégation de SAINT-HYDULPHE et SAINT-VANNE est abolie et en août 1792 les bâtiments monastiques sont saccagés par des volontaires venant de Mayenne et de la vallée de la Loire. L'abbaye abandonnés devient une caserne.

La plupart des bâtiments monacaux sont détruits en 1838 par le génie militaire. Durant la guerre de 1970-71, le site est bombardé par les Prussiens et seuls la tour nord de l'abbaye, la porte d'entrée, des vestiges du cloître et le cellier subsistent. Cette tour servira de poste d'observation durant la grande guerre. Les vestiges de l'abbaye sont classés Monument Historiques le 15 juin 1920, mais ils resteront englobés dans une caserne jusqu'en 2009, année de la vente de l'ensemble de la citadelle à la ville de VERDUN. En chantier de fouille a été ouvert en 2012, il a permis de mettre à jour plusieurs sarcophages des VI° et VII° siècles. 


ÉTAT ACTUEL

Actuellement les vestiges de l'abbaye font l'objet d'un chantier archéologiques et ne sont pas ouverts aux visiteurs.



VUES DU SITE




Plan de l'abbaye autrefois


L'église abbatiale


L'abbaye après la guerre de 1870 (collection particulière)


Vestiges du cloître au début du XX° siècle (collection particulière)


La tour (photo trouvée sur le Net)

mardi 19 juin 2018

SALINE DE DIEUZE

LA SALINE DE DIEUZE (57) :


NÉE DE L'EXPLOITATION DE SOURCES SALÉES


SITUATION

La saline de DIEUZE se trouve sur la commune du même nom, au nord de l’agglomération à 211 mètres d'altitude. 

HISTOIRE

Tout comme à MARSAL ( voir ce nom), les sources salées de DIEUZE sont connues depuis l'antiquité. Elles sont exploitées à l'époque gallo-romaine et sont connues sous le nom de DUOSA VILLA. Au XI° siècle, c'est une terre propriété du duc de Haute-Lorraine GODEFROY LE BARBU. Au XII° siècle, DIEUZE est une terre verdunoise. La saline est exploitée pour le comte du chapitre SAINTE-MADELEINE de VERDUN est l'Objet de litiges entre les évêques de VERDUN et les ducs de Lorraine. Ces derniers deviennent finalement les maîtres des lieux. Ils exploitent d'autres salines notamment à ROSIERES-AUX-SALINES (54) ou à MARSAL (57), où la possession de cette dernière constitue l'un des nombreux motifs de querelle entre les Lorrains et les Messins. La saline de DIEUZE va être fortifiée par une enceinte renforcée. Elle se situe historiquement dans le troisième bailliage Lorrain dit BAILLIAGE d'ALLEMAGNE. En 1594 DIEUZE devient le siège d'une prévôté.




                                            DIEUZE et la saline fortifiée à gauche



Lors de la guerre de Trente-Ans les populations sont massacrées et les localités pillées et ravagées. En 1642 les français envahissent la région puis en 1657 ce sont les espagnols qui tentent sans succès de conquérir la ville. Vers 1663, l'occupant français encourage l'immigration picarde pour remplacer les habitants tuées lors du conflit. En 1697 par le traité de RISWICK, DIEUZE est rendue au duc de Lorraine LEOPOLD 1er.

A la mort du roi STANISLAS, son gendre LOUIS XV fait édifier une porte monumentale et moderniser les bâtiments d'exploitation. DIEUZE sera l'une des six salines royales françaises. NAPOLEON 1er, puis son neveu NAPOLEON III séjourneront chacun à leur tour à DIEUZE. En 1871 la région est annexée par l'Allemagne jusqu'en 1918. La ville sera bombardée par les américains en 1944 mais la saline sera peu endommagée. La production de sel perdurera jusqu'en 1973.

Ce qui reste de la saline, classé Monument Historique le 31 octobre 1997, fait actuellement l'objet de travaux de restauration.

ÉTAT ACTUEL

Outre une partie des remparts et la porte classique, il subsiste quelques bâtiments dont celui de la source salée.

ACCÈS

L'accès au site est libre, mais les bâtiments en cours d’aménagement sont fermés au public.


VUES DU SITE



Vue aérienne (Géoportail)



La saline au XIX° siècle (collection particulière)


Vue générale vers 1930 (collection particulière)


Les remparts


La porte


Fronton de la porte


Vers la ville


Intérieur de la saline


Bâtiment des sources


Porte principale


Façade


Projet d’aménagement intérieur

jeudi 7 juin 2018

CHAPELLE SAINT-SÉBASTIEN DE DAMBACH-LA-VILLE

CHAPELLE SAINT-SÉBASTIEN DE DAMBACH-LA-VILLE (67) :


OSSUAIRE DE LA RÉVOLTE DES RUSTAUDS ?


SITUATION

La chapelle SAINT-SÉBASTIEN se situe sur la commune de DAMBACH-LA-VILLE, hors agglomération, dans le vignoble en contrebas des ruines du château de BERNSTEIN, à une altitude de 258 mètres. 

HISTOIRE

Cette chapelle constitue l'ancienne église paroissiale du village disparu d'OBERKIRCK. L'édifice est cité en 1285. Elle est consacrée à SAINT-SEBASTIEN. En 1340 la cité de DAMBACH-LA-VILLE est promue au rang de ville épiscopale. Celle-ci est fortifiée entre 1328 et 1340. L'évêque de STRASBOURG Jean de LICHTENBERG y fait construire une nouvelle église dédiée elle aussi à SAINT-SEBASTIEN. Toutefois l'église d'OBERKIRCH restera un lieu de pèlerinage qui sera donné à l'abbaye de DACHSTEIN, puis à la cathédrale de STRASBOURG qui y nomme un vicaire. Cette situation prendra fin en 1480 sur décision du pape INNOCENT VIII.

En 1525 survient la révolte des Rustauds réprimée dans le sang par l'armée lorraine commandée par le duc ANTOINE-LE-BON. Lors de la bataille de SCHERWILLER, le 25 mai, ce fut un véritable massacre de révoltés, mais aussi d'innocents dont le seul crime était de se trouver là au mauvais moment. Une partie des ossements présents dans l'ossuaire de la chapelle seraient ceux des victimes de cette bataille mélangés avec les restes de l'ancien cimetière du village d'OBERKIRCH. D'autres ossements sont visibles à la chapelle SAINTE-MARGUERITE d'EPFIG - voir ce nom.

A la révolution, le curé ZAEPFFEL refuse de prêter serment à la constitution. La chapelle est saisie et vendue comme bien de la nation en 1892. L'édifice est acquit en copropriété par 32 personnes dont les descendants fonderont l'association du droit local Alsacien-Mosellan. C'est cette structure qui assure encore de nos jours l'entretien de la chapelle. Celle-ci avait beaucoup souffert lors de la seconde guerre mondiale. Sa restauration a été longue et l'édifice ne sera rendu au culte qu'en 1962.

La chapelle est classée Monument Historique le 24 mai 1921.

ÉTAT ACTUEL

La chapelle présente des parties romanes, gothique, renaissance et un maître-autel en bois sculpté de style baroque. L'ossuaire se trouve dans une cave voûtée. A proximité du monument se trouve une maison constituant la demeure du gardien des lieux.

ACCÈS

On accède au site directement en voiture. Suivre le fléchage routier.


VUES DU SITE



Vue aérienne (Géoportail)


La cité de DAMBACH-LA-VILLE vue depuis la chapelle


Vue générale


L'entrée et le clocher


La chapelle et la maison du gardien


L'ossuaire


Intérieur de l'ossuaire


Côté Nord de la chapelle


L'intérieur de la chapelle et sa tribune


Vers l'autel


Un bien étrange pilier


L'autel baroque