mardi 19 juin 2018

SALINE DE DIEUZE

LA SALINE DE DIEUZE (57) :


NÉE DE L'EXPLOITATION DE SOURCES SALÉES


SITUATION

La saline de DIEUZE se trouve sur la commune du même nom, au nord de l’agglomération à 211 mètres d'altitude. 

HISTOIRE

Tout comme à MARSAL ( voir ce nom), les sources salées de DIEUZE sont connues depuis l'antiquité. Elles sont exploitée à l'époque gallo-romaine et sont connues sous le nom de DUOSA VILLA. Au XI° siècle, c'est une terre propriété du dux de Haute-Lorraine GODEFROY LE BARBU. Au XII° siècle, DIEUZE est une terre verdunoise. La saline est exploitée pour le comte du chapitre SAINTE-MADELEINE de VERDUN et l'Objet de litiges entre les évêques de VERDUN et les ducs de Lorraine. Ces derniers deviennent finalement les maîtres des lieux. Ils exploitent d'autres salines notamment à ROSIERES-AUX-SALINES (54) ou à MARSAL (57), où la possession de cette dernière constitue l'un des nombreux motifs de querelle entre les Lorrains et les Messins. La saline de DIEUZE va être fortifiée par une enceinte renforcée. Elle se situe historiquement dans le troisième bailliage Lorrain dit BAILLIAGE d'ALLEMAGNE. En 1594 DIEUZE devient le siège d'une prévôté.



                               DIEUZE et la saline fortifiée à gauche



Lors de la guerre de Trente-Ans les populations sont massacrées et les localités pillées et ravagées. En 1642 les français envahissent la région puis en 1657 ce sont les espagnols qui tentent sans succès de conquérir la ville. Vers 1663, l'occupant français encourage l'immigration picarde pour remplacer les habitants tuées lors du conflit. En 1697 par le traité de RISWICK, DIEUZE est rendue au duc de Lorraine LEOPOLD 1er.

A la mort du roi STANISLAS, son gendre LOUIS XV fait édifier une porte monumentale et moderniser les bâtiments d'exploitation. DIEUZE sera l'une des six salines royales françaises. NAPOLEON 1er, puis son neveu NAPOLEON III séjourneront chacun à leur tour à DIEUZE. En 1871 la région est annexée par l'Allemagne jusqu'en 1918. La ville sera bombardée par les américains en 1944 mais la saline sera peu endommagée. La production de sel perdurera jusqu'en 1973.

Ce qui reste de la saline, classé Monument Historique le 31 octobre 1997, fait actuellement l'objet de travaux de restauration.

ÉTAT ACTUEL

Outre une partie des remparts et la porte classique, il subsiste quelques bâtiments dont celui de la source salée.

ACCÈS

L'accès au site est libre, mais les bâtiments en cours d’aménagement sont fermés au public.


VUES DU SITE


Vue aérienne (Géoportail)



La saline au XIX° siècle (collection particulière)


Vue générale vers 1930 (collection particulière)


Les remparts


La porte


Fronton de la porte


Vers la ville


Intérieur de la saline


Bâtiment des sources


Porte principale


Façade


Projet d’aménagement intérieur

jeudi 7 juin 2018

CHAPELLE SAINT-SÉBASTIEN DE DAMBACH-LA-VILLE

CHAPELLE SAINT-SÉBASTIEN DE DAMBACH-LA-VILLE (67) :


OSSUAIRE DE LA RÉVOLTE DES RUSTAUDS ?


SITUATION

La chapelle SAINT-SÉBASTIEN se situe sur la commune de DAMBACH-LA-VILLE, hors agglomération, dans le vignoble en contrebas des ruines du château de BERNSTEIN, à une altitude de 258 mètres. 

HISTOIRE

Cette chapelle constitue l'ancienne église paroissiale du village disparu d'OBERKIRCK. L'édifice est cité en 1285. Elle est consacrée à SAINT-SEBASTIEN. En 1340 la cité de DAMBACH-LA-VILLE est promue au rang de ville épiscopale. Celle-ci est fortifiée entre 1328 et 1340. L'évêque de STRASBOURG Jean de LICHTENBERG y fait construire une nouvelle église dédiée elle aussi à SAINT-SEBASTIEN. Toutefois l'église d'OBERKIRCH restera un lieu de pèlerinage qui sera donné à l'abbaye de DACHSTEIN, puis à la cathédrale de STRASBOURG qui y nomme un vicaire . Cette situation prendra fin en 1480 sur décision du pape INNOCENT VIII.

En 1525 survient la révolte des Rustauds réprimée dans le sang par l'armée lorraine commandée par le duc ANTOINE-LE-BON. Lors de la bataille de SCHERWILLER, le 25 mai, ce fut un véritable massacre de révoltés, mais aussi d'innocents dont le seul crime était de se trouver là au mauvais moment. Une partie des ossements présents dans l'ossuaire de la chapelle seraient ceux des victimes de cette bataille mélangés avec les restes de l'ancien cimetière du village d'OBERKIRCH. D'autres ossements sont visibles à la chapelle SAINTE-MARGUERITE d'EPFIG - voir ce nom.

A la révolution, le curé ZAEPFFEL refuse de prêter serment à la constitution. La chapelle est saisie et vendue comme bien de la nation en 1892. L'édifice est acquit en copropriété  par 32 personnes dont les descendants fonderont l'association du droit local alsacien-mosellan. C'est cette structure qui assure encore de nos jours l'entretien de la chapelle. Celle-ci avait beaucoup souffert lors de la seconde guerre mondiale. Sa restauration a été longue et l'édifice ne sera rendu au culte qu'en 1962.

La chapelle est classée Monument Historique le 24 mai 1921.

ÉTAT ACTUEL

La chapelle présente des parties romanes, gothique, renaissance et un maître-autel en bois sculpté de style baroque. L'ossuaire se trouve dans une cave voûtée. A proximité du monument se trouve une maison constituant la demeure du gardien des lieux.

ACCÈS

On accède au site directement en voiture. Suivre le fléchage routier.


VUES DU SITE



Vue aérienne (Géoportail)


La cité de DAMBACH-LA-VILLE vue depuis la chapelle


Vue générale


L'entrée et le clocher


La chapelle et la maison du gardien


L'ossuaire


Intérieur de l'ossuaire


Coté Nord de la chapelle


L'intérieur de la chapelle et sa tribune


Vers l'autel


Un bien étrange pillier


L'autel baroque

jeudi 31 mai 2018

L'ABBAYE DE PONT-A-MOUSSON

L'ABBAYE DE PONT-A-MOUSSON (54):

DEVENUE UN CENTRE CULTUREL


SITUATION

L'abbaye de PONT-A-MOUSSON se situe sur la commune du même nom, en ville, en bordure de la Moselle, à 180 mètres d'altitude.


HISTOIRE

La fondation de l'abbaye est relativement récente. Elle succède à l'ouverture de l'université créée à PONT-A-MOUSSON à l'initiative du duc de Lorraine CHARLES III en 1578. Cette université est confiée aux Jésuites. En 1608 l’abbé Servais DE LAIRUELZ, supérieur de l'abbaye de SAINTE-MARIE AU-BOIS implantée à VILCEY-SUR-THEY (54) décide du transfert de son monastère à PONT-A-MOUSSON.  Ce transfert est autorisé par le pape PAUL V, mais deux moines doivent demeurer à SAINTE-MARIE-AU-BOIS pour y accomplir les offices.

Une première abbaye est construite sur le site actuel. Au XVIII° siècle, une reconstruction totale du monastère est entreprise. Les travaux débutent sous le règne du duc LEOPOLD 1er en 1705 sous la direction de l'architecte Thomas MORDILLAC. Nicolas PIERSON lui succède. Ces deux personnes appartiennent à la congrégation des Prémontrés, ordre qui vient d'être réformé par la Réforme Lorraine à l'initiative le l'abbé fondateur du lieu. 

L'abbaye est en partie ravagée par un incendie en 1771. En 1792, les moines sont expulsés. Au XIX° siècle l'abbaye retrouve un usage religieux en devenant le Petit Séminaire diocésain. Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, les lieux sont transformés en hôpital militaire. 

En 1906 la ville de PONT-A-MOUSSON achète l'abbaye. Les lieux redeviendront à nouveau un hôpital militaire lors du premier conflit mondial, puis hôpital civil entre 1919 et 1944. A cette date l'armée américaine du général PATTON avance sur la Moselle. Les allemands sont réfugiés au château de MOUSSON  - voir ce nom. PATTON fait bombarder la ville le 3 septembre 1944. L'abbaye est touchée et la prestigieuse bibliothèque est incendiée. Une célèbre fresque due à Joseph GILLES représentant La Cène est détruite. L'abbaye est en ruines, on pense même à la raser avant de commencer sa restauration en 1957. Il faudra attendre 1974 pour lui trouver un usage, celui de Centre Culturel Lorrain.

L'abbaye est classée Monument Historique en deux étapes, 1910 et 1919. Elle a fait l'objet d'un timbre poste en 1979.


ÉTAT ACTUEL

Les bâtiments restaurés sont partiellement ouverts au public. Les lieuxaccueillent des exposition temporaires mais aussi une structure hôtelière. 

ACCÈS

Longez la rive droite de la Moselle et laisser le véhicule sur un vaste parking situé à proximité immédiate de l'abbaye.


VUES DU SITE


Vue aérienne, l'étoile situe l'abbaye (Géoportail)


Vue ancienne d'une salle de l'abbaye (collection particulière)


Coté Nord vers 1930 ( collection particulière)


Vue générale. L'église n'est pas encore restaurée
 ( collection particulière)


Vue aérienne (collection particulière)


L'église


L'entrée


Façade de l'église


Le fronton


Le cloître


Dans le parc

mercredi 16 mai 2018

LE CHÂTEAU DE RECHICOURT

LE CHÂTEAU DE RECHICOURT (57):

MALMENÉ PAR LES ÉLÉMENTS NATURELS


Comme beaucoup de châteaux lorrains, RECHICOURT est privé et de ce fait non visitable. Pourtant, en août dernier j'ai pu profiter d'une visite guidée des lieux  dirigée par son actuel propriétaire. Ce fut pour moi une excellente surprise.


SITUATION

Le châteaux de RECHICOURT se trouvent sur la commune de RECHICOURT-LE-CHÂTEAU, à proximité de l'église à environ 275 mètres d'altitude. 


HISTOIRE

L'origine du château remonte à l'époque carolingienne. Sa première trace dans l'histoire remonte à l'an 770 où l'on apprend que le lieu appartient à un nommé REHENSALDO. Au XII° siècle la place est un fief des comtes de SALM. Elle passe ensuite pour moitié aux comtes de WERD qui vont y installer la une famille noble qui deviendra les DE RECHICOURT. C'est de cette époque que date la partition du château en deux antités distinctes. En 1181 Warin de RECHICOURT est co-seigneur du château avec Dietrich DE WERDE. Vers 1255 Thierry DE RECHICOURT est vassal de l'évêque de METZ.



Les sires de RECHICOURT

Au XIII° siècle, Cunon DE RECHICOURT participe aux croisades. Il est emprisonné et retenu prisonnier dans la Tour Noire de CONSTANTINOPLE. Il se met à prier et invoque SAINT-NICOLAS. La légende dit qu'il fut miraculeusement libéré et transporté dans la basilique SAINT-NICOLAS-DE-PORT où sont conservés ses fers dans un reliquaire...

Au XIV° siècle le château est l'apanage des comtes de LINANGE. Le duc de Lorraine CHARLES III achète un quart de la place en 1585. Les troupes suédoises au service de la France endommagent l'édifice entre 1628 et 1630. CHARLES IV de Lorraine occupe le château en 1633 lors de la guerre de Trente-ans. Il va y contracter la peste mais en réchappera. Le château est restauré mais va perdre son caractère féodal pour évoluer vers un style renaissance.

Adolphe-Jean de DEUX-PONTS-BITCHE achète le château le 7 avril 1667. En 1681 le comte Frédéric d'AHLEFELT rend hommage au roi de France pour la seigneurie de RECHICOURT. Il sera nommé grand chambellan à la cour du DANNEMARK ( 1681-1702). Son fils Charles vend la seigneurie aux comtes de NASSAU. Entre 1751 et 1789 la place appartient au duc de FRONSAC-RICHELIEU. 

 A la révolution, le château sera vendu comme bien de la nation. La partie nord va disparaître pour laisser place à l'érection d'un moulin. La partie sud deviendra une huilerie qui fonctionnera jusqu'au XIX° siècle. Ensuite l'édifice sera transformé en ferme avant de devenir une habitation privée.

Lors de la tempête de 1999 les toitures des hangars agricoles dont les murs sont médiévaux s'envolent. Des travaux de dégagement des anciennes douves ont été imposés par les Monuments Historiques, ce qui semble avoir fragilisé les soubassements de la façade principale, entraînant récemment l'effondrement de tout un pan de mur...

Le château est inscrit sur la liste des monuments historiques le 16 novembre 1988. 


ÉTAT ACTUEL

Il ne subsiste qu'environ un quart du monument. Les partie renaissances qui constituent l'habitation du propriétaire sont bien visibles de la rue. Les remparts féodaux s'élèvent au dessus des douves qui sont en eau. Malheureusement une partie de la façade renaissance s'est écroulée récemment.

ACCÈS

Allez à l'église du village, vous ne pouvez pas manquer le château. Il semble que le propriétaire fasse visiter les lieux chaque après-midi durant l'été. Entrée gratuite.


VUES DU SITE


Le château se trouve au dessus de la croix marquée sur la carte (collection particulière)


Vue aérienne. L'assiette du château est encerclée (Géoportail)


Reconstitution, notez le mur de séparation créant deux entités


Reconstitution état du XVIII° siècle


La façade du château avant l'écroulement


Même lieu en 2017


l'oriel et l'entrée


Tour d'entrée. La grande ouverture est contemporaine de l'huilerie


L'angle de façade disparu


Les douves


rempart du XII° siècle


Les communs moyenâgeux


Tourelle de flanquement


L'entrée de la partie Nord du château



Même lieu vue intérieure


Chemin de ronde


Vue intérieur des remparts


Porche principal


Vue intérieure du porche et des logis


Façade renaissance intérieure