mercredi 10 février 2016

MAISON FORTE DE SAINT-LEONARD

LA MAISON FORTE DE SAINT-LEONARD (88):


ÉDIFICE DISPARU

La maison forte de SAINT-LEONARD  s'élevait sur la commune du même nom. Elle était édifiée derrière le chœur de l'église elle même victime des destruction allemandes de 1944.


HISTOIRE

SAINT-LEONARD, localité de la vallée de la Meurthe dépendait de l'abbaye de SAINT-DIE quant en 1287 Anselm de RIBEAUPIERRE l'envahit semant mort et destructions. La région était alors défendue théoriquement par la famille de PARROY implantée au château de la HAUTE-PIERRE (voir ce nom). Jusqu'en 1343 les RIBEAUPIERRE seront maîtres de la contrée avant que l'abbaye de SAINT-DIE ne retrouve sa suzeraineté sur le village.

La maison forte semble avoir été édifiée à cette époque. Elle est tenue par la famille de COURESSULX ( CORCIEUX). En 1320 disparaissent Jean et Ferry de CORCIEUX. Gérardin de CORCIEUX vend le château à Burnequin de PARROY. La maison sera rachetée par la famille de CORCIEUX, puis  Jacquemin de COURESSULX vend cette maison forte dénommé LA TOUR à un écuyer nommé Erard de ALLEVILLE en 1412. Dès 1417 le châtelain s'intitule Sire DE LA TOUR FORTE DE SAINT-LEONARD. Il finit par vendre cette tour à Henry DE BARBEY qui lui-même la cède à Jean BAGADOU. Celui-ci sera anoblit par le duc de Lorraine RENE II avec titre de seigneur de SAINT-LEONARD et recevra ses propres armes:

"D'argent à trois menottes ouvertes de sable pendantes dans un anneau de même mis en cœur surmonté d'une étoile de sable". 

En 1560 Jean Guillaume BAGADOU DE SAINT-LEONARD est capitaine du château de SPITZEMBERG (voir ce nom). Son fils Christophe sera la médecin des ducs CHARLES III, HENRI II et CHARLES IV. Il mourut en 1624 et fut inhumé en la chapelle des cordeliers de NANCY.

Bien que l'on n'en ait aucune certitude, la maison forte de SAINT-LEONARD a sans doute été détruite au cours de la guerre de trente ans.

A l'automne 1944 l'armée allemande recule devant les forces américaines et pratique la politique de la terre brûlée. Le village de SAINT-LEONARD est entièrement détruit. Des vestiges de notre maison forte subsistaient-ils encore à cette époque?


COUVENT ET MONASTÈRE DU MONT SAINTE-ODILE

COUVENT ET MONASTÈRE DU MONT SAINTE-ODILE (67):

LIEU SAINT D'ALSACE

SITUATION

Le couvent de SAINTE-ODILE se trouve au sommet du mont éponyme, sur la commune d'OTTROTT à 764 mètres d'altitude.


HISTOIRE 

Comme nous l'avons vu dans le chapitre consacré au château d'ALTITONA, le couvent du MONT SAINT-ODILE succéda à cette forteresse à la fin du VII° siècle.

SAINTE ODILE

Fille du duc ETICHON et de BEREWINDE, la petite Odile nait aveugle. ETICHON appelé aussi ALARIC est furieux Il veut mettre l'enfant à mort, mais sa nourrice cache l'enfant dans un monastère. Là, deux thèses s'affrontent.

Celle du diocèse de STRASBOURG :

ODILE est placée au couvent de PALMA à BAUME LES DAMES (25). Elle y est baptisée par l'évêque de RATISBONNE (D) et l'enfant retrouve instantanément le vue.

Celle du diocèse de SAINT-DIE-DES-VOSGES :

Odile est placée au couvent d'ETIVAL (88). Elle y est baptisée par l'évêque de TREVES (D) SAINT HYDULPHE, fondateur de l'abbaye de MOYENMOUTIER et l'enfant retrouve instantanément la vue. ( Cette seconde hypothèse me semble la plus réaliste quand on sait le rôle que jouera l'abbaye d'ETIVAL durant l’histoire future du monastère.)

Odile retourne chez son père au château d'ALTITONA appelé alors HOHENBOURG. Après une tentative ratées de ce dernier de marier ODILE, SAINT-LEGER évêque d'AUTUN, ville qui se trouve sur les terres d'ETICHON, parvient à convaincre son seigneur de lui offrir son château afin qu'elle y fonde un couvent. Une légende attribue des pouvoirs miraculeux à une source située en contrebas du monastère. Cette source aurait été mise à jour par la sainte. ODILE s'éteint le 13 décembre 720. Elle est inhumée au couvent.

DU COUVENT AU MONASTÈRE

L'établissement sera pillé et ravagé au cours des X° et XI° siècle notamment par les hordes hongroises. En 1050 le pape LEON IX parent de la fondatrice consacre la nouvelle église.

Les abbesses vont se succéder. Parmi elles notons Relinde et Herade de LANDSBERG, toutes deux issues d'une famille possédant un château à proximité du couvent. Le XII° siècle marquera l'apogée du couvent avec la fondation d'un établissement annexe : NIEDERMUNSTER (voir ce nom). HERADE va aussi fonder à proximité de NIEDERMUNSTER le prieuré de SAINT-GORGON, son pendant masculin. L'abbaye d'ETIVAL (88) y dépêchera des moines prémontrés ; ETIVAL étant elle-même un établissement soumis de la puissante abbaye de FLABEMONT (88) - voir ce nom.

Une encyclopédie religieuse est réalisée sous la direction d'HERADE : Le «HORTUS DELICIARUM » ou jardin des délice dont l'original sera perdu lors du bombardement de la ville de STRASBOURG en 1870. 



Hortus deliciarum, extrait (collection personnelle)

Au XVI° siècle, les guerres de religion provoquent l'incendie du couvent en 1542 et 1546 . Les religieuses s'enfuient. C'en est finit le la congrégation des sœurs de SAINTE-ODILE.



Le monument devra son salut à l'abbaye d'ETIVAL. L'ensemble est relevé en 1573 et les prémontrés occupent les lieux jusqu'en 1632. A cette date le monastère est déserté alors que la guerre de Trente Ans fait rage. Après le rattachement de l'Alsace à la France, les moines d'ETIVAL reviennent en 1661. Un nouvel âge d'or s'inscrit dans la vie du lieu saint, mais la Révolution allait y mettre fin en 1791. A partir de 1800 le monastère est vendu plusieurs fois à une dizaine d'acheteurs successifs avant de renaître en 1853 alors qu'il est acquis par l’évêché de STRASBOURG et confié dès 1889 aux religieuses de la congrégation Strasbourgeoise de la Croix.

Avec le XX° siècle, l'hostellerie et le commerce constituent l'activité du lieux qui va devenir un haut lieu touristique. Le 12 octobre 1988 le pape JEAN-PAUL II y fera une visite.

Diverses parties du monastère seront inscrites sur la liste des Monuments Historiques à des dates différentes.


ETAT ACTUEL

Les parties les plus anciennes du lieux sont, outre la chapelle des roches, le cimetière, le tombeau et les deux chapelles carrées situées à l’extrémité nord du rocher. 

Les autres bâtiments plus modernes sont presque exclusivement consacrés à des activités d' hôtellerie et de restauration...

L'église a rang de basilique mineure, elle abrite dans une chapelle annexe le tombeau de SAINTE-ODILE et un sarcophage réputé pour être celui de son père.


ACCÈS

Une route mène directement sur le site.


VUES DU SITE



Vue générale des bâtiments




L'entrée




Sous le porche




La première cour




Parvis de la basilique




La basilique




La seconde cour




Tombeau se Sainte-Odile




Sarcophage réputé être celui d'ETICHON




Le cimetière




Les deux chapelles




Chapelle des anges




Intérieur de la chapelle des anges




Chapelle des larmes




Plafond de la chapelle des larmes




Vers les chapelles




Le grand écrivain vosgien a été inspiré par les lieux




Le jardin




Statue de Sainte Odile




Le rocher




Le chemin de croix




La chapelle des roches



LA SOURCE



Les bassins




La source




La résurgence

mardi 26 janvier 2016

CHÂTEAU DE WEPFERMANNBOURG

LE CHÂTEAU DE WEPFERMANNBOURG (67):

DEVENU HÔTEL DE VILLE

Ce château est aussi connu sous les noms de CHÂTEAU DE BARR ou encore KLEPPERNBOURG.

SITUATION

Le château de WEPFERMANNBOURG constitue l'actuel hôtel de ville de la ville de BARR (67). Il se trouve à environ 260 mètres d'altitude.


HISTOIRE

Probablement élevé au cours du XII° siècle, on en attribue la paternité au bailli impérial Frédéric II WOELFLIN. En 1210, la place est occupée par la famille WEPFERMANN qui le reconstruit en 1210. En 1295  le château est en ruines mais il sera relevé. La place est à nouveau détruite en 1377. A nouveau reconstruit le château est vendu au début du XV° siècle aux nobles d'OCHSENSTEIN.

Les Armagnacs ravagent la place en 1444.

Entre 1580 et 1587 le château qui est devenu la propriété de la ville de STRASBOURG est restauré. Il est occupé par un bailli. Le 1er septembre 1592 les troupes strasbourgeoises du prince Chrétien d'ANHALT agissant pour le compte de l'administrateur protestant de l’évêché de cette ville s'emparent du château. Elles en seront délogée par l'armée du cardinal de Lorraine commandée par Pierre de FAY LA TOUR. La ville de BARR et le château sont incendiés. En 1601 les fortifications de BARR sont abattues. Dès 1640 le WEPFERMANNBOURG est reconstruit.

Lors de la Révolution, le château est vendu à la ville de BARR en 1791. Il accueillera la mairie, rôle qu'il joue encore de nos jours.


ETAT ACTUEL

L'on peut encore voir des vestiges du mur d'enceinte du XIII° siècle Le bâtiment principal correspond à la reconstruction de 1640.

ACCÈS

Allez à la mairie de BARR, vous serez au château.



VUES DU SITE



Vue générale (collection particulière)




Le château actuel

mercredi 20 janvier 2016

ABBAYE DE BLEURVILLE

L'ABBAYE DE BLEURVILLE (88):

ÉLEVÉE SUR DES BASES CAROLINGIENNES

SITUATION

L'abbaye SAINT-MAUR de BLEURVILLE (88) s’élève au centre du village du même nom à environ 260 mètres d'altitude.

HISTOIRE

Au cours du VIII° siècle BATHAIRE et ATTALEIN sont deux moines qui sont assassinés sur les terres de l'abbaye de FAVERNEY(70). 
Au X°siècle MERANNUS clerc de BLEURVILLE fait transférer les restes des deux martyrs et les abrite dans une église qui fait aujourd'hui office de crypte. Un pèlerinage voit le jour. Devant ce succès RAYNARD II comte de TOUL et seigneur de FONTENOY ( voir ce nom), modifie l'église pour en faire une abbaye entre 1026 et 1050. L'abbaye est dédicacée à SAINT-MAUR. Une communauté de moniales bénédictine s'installe dans ces murs. Elles y demeureront jusqu'en 1128, date où elles seront remplacée par des moines de l'abbaye de SAINT-MANSUY de TOUL. Ce remplacement est motivé du fait d'une gestion désastreuse de l'abbaye. C'est aussi en 1128 que le monastère est transformé en prieuré. Rapidement, la communauté villageoise s'émancipe de la tutelle de SAINT-MANSUY et se dote d'un maire et d'échevins qui dépendra de la prévôté du Bassigny partie intégrante du Barrois Mouvant sous suzeraineté Française. Plusieurs destructions et reconstructions plus tard le monastère est uni à celui de SAINT-NICOLAS-DE-PORT (54) en 1627.

En 1791 le prieuré est définitivement fermé. Vendu comme bien de la nation en 1794, il deviendra une exploitation agricole jusqu'en 1973. Il est alors racheté par l'abbé Paul PIERRAT qui commencera les travaux de restauration du site. Désormais le monument est confié à une association qui en assure la sauvegarde.

Le site est classé Monument Historique : 1942 pour la crypte  et 1986 pour l’église haute.

ETAT ACTUEL

Il subsiste la crypte, le chœur de l'église abbatiale, un bâtiment monacal avec cour intérieure.

ACCÈS

L'abbaye SAINT-MAUR fait l'objet d'un fléchage routier. Laisser le véhicule sur la place centrale du village. Le site est ouvert aux visiteurs suivant des horaires choisis par l'association ( se renseigner sur Internet).


VUES DU SITE


Vue générale


Maison monacale


L'église et les vestiges du cloître


L'église


Le chœur


Colonnes et chapiteaux


Le jardin


La crypte

jeudi 14 janvier 2016

CHÂTEAU DE GÉRARDMER

LE CHÂTEAU DE GÉRARDMER (88):

DES ORIGINES CAROLINGIENNES ?

SITUATION

Le château de GÉRARDMER se trouvait sur la commune du même nom à environ 590 mètres d'altitude.


HISTOIRE

La tradition veut que la vallée de la Vologne ait été l'un des terrains de chasse favori de l'empereur CHARLEMAGNE. Il y aurait possédé un relais de chasse. De cette rumeur subsiste la légende du brochet du Charlemagne et le site de la "Pierre Charlemagne" où l'empereur aurait aimé venir se reposer...


Gérard d'ALSACE


En 1048 Gérard d'ALSACE, comte de CHATENOIS (88), second fils de Gérard de METZ et de Gisèle qui était peut-être la fille du roi d'Austrasie THIERRY Ier, succède à son frère ADALBERT à la tête du duché de Lorraine. Il possède lui aussi un relais de chasse dit LA TOUR édifié en 1070. Il s'agit là de la première mention du château. 

Sous le règne du duc de Lorraine FERRY III ( 1240-1303), GÉRARDMER est inféodé à la famille alsacienne de HATTSTATT, vassale des ducs lorrains.

Ensuite l'histoire concernant le château est muette.

Gérard d'Alsace donnera aussi son nom à la ville : (GIRAUDMEIX ou GIRAUMOUÉ  en vosgien veut dire "Le jardin de Gérard". Le nom sera francisé en GÉRARDMER et se prononce  GÉRARDMÉ et non GÉRARDMÈRE). 


ETAT ACTUEL

Il semblerait que les fondations de la chapelle du cimetière de GÉRARDMER soient celles du donjon du château. Cependant cette hypothèse relève de la tradition locale...



La Pierre Charlemagne (collection particulière)