jeudi 9 novembre 2017

LES CHÂTEAUX DE COMMERCY

LES CHÂTEAUX DE COMMERCY (55):

DEUX CHÂTEAUX ET DEUX SEIGNEURIES

SITUATION

Les châteaux de COMMERCY se trouvent sur la commune du même nom.

Le CHÂTEAU-BAS présente ses rares vestiges à proximité de la gare S.N.C.F. à environ 230 mètres d'altitude. 

Le CHÂTEAU-HAUT abrite l'hôtel de ville. Il se trouve à environ 245 mètres d'altitude, en bordure de la ligne S.N.C.F. n°1 qui relie PARIS à STRASBOURG.



Plan de situation. En rouge, le CHÂTEAU-BAS, en bleu, le CHÂTEAU-HAUT 


LE CHÂTEAU-HAUT

HISTOIRE

Le château est cité dès 830 comme résidence itinérante de l'empereur carolingien LOUIS 1er LE PIEUX. Il est tenu par la famille de COMMERCY vassale de l'évêque de METZ, de l'empereur et du comte de CHAMPAGNE. 


Les comtes de COMMERCY-SARREBRUCK

En 1247, par mariage la seigneurie passe à SIMON II DE SARREBRUCK cette branche des SARREBRUCK prend le nom de BROYES-COMMERCY. Le 13 octobre 1318 Jean épouse Mahaut d'APREMONT et se lie avec le roi de France PHILIPPE V LE LONG. Il constitue le branche cadette des comtes de SARREBRUCK. Il accorde une charte aux bourgeois de COMMERCY en 1324. Il divise ensuite comté en deux entités; COMMERCY et SARRE. Jean II hérite du comté de COMMERCY et son frère Jean IV de celui de SARRE et fera construire le CHÂTEAU-BAS en 1345. Cette division en deux entités perdurera jusqu'au XVIII° siècle. Les descendants de Jean II prennent le titre de damoiseau. Au XIV° siècle SIMON IV, fils de Jean de BROYES-COMMERCY est vassal du duc de Lorraine FERRY III et de l'évêque de VERDUN. Jeanne de COMMERCY épouse Jean 1er DE NASSAU en 1353. Le château est alors occupé par des chevaliers allemands. Avec le décès d'AMÉ III en 1525 s'éteint la famille de BROYES-COMMERCY. Sa soeur Philipine épouse Charles DE SILLY, seigneur de ROCHEFORT-EN-YVELINES.

En 1544 CHARLES QUINT s'empare de COMMERCY après un long siège. Nouveau siège du fait des français en 1653.


Le cardinal de RETZ

La France annexe les Trois Évêchés et revendique les terres de COMMERCY. Par héritage, lors de la Fronde en 1653, le château sera assiégé par le prince de CONDE et conquis entre les 4 et 6 décembre. le château échoit au cardinal DE RETZ en 1650. En 1662 il y habite, mais endetté il est obligé de le vendre à Anne DE LORRAINE, princesse de LILLEBONNE, qui avec son époux sera la nouvelle maîtresse des lieux.  Le château devient propriété du duc de Lorraine LEOPOLD 1er en 1702 malgré la contestation française. Le château sera habité par Charles-Henry de VAUDEMONT-LORRAINE qui va entièrement reconstruire le château. Il fait raser les parties médiévales et construire la place du Fer à Cheval . Au décès du châtelain le château est habité par la duchesse douairière Elisabeth-Charlotte de LORRAINE. Son fils FRANCOIS III a renoncé au trône lorrain pour devenir empereur grâce à son mariage avec Marie-Thérèse d'AUTRICHE. Il sera la père de la reine de France MARIE-ANTOINETTE. En 1744 le roi STANISLAS prend possession des lieux. Il va, à l'instar de LUNEVILLE y faire réaliser de somptueux jardins qui seront détruit à sa mort par son gendre le roi LOUIS XV.


Charles-Henri De VAUDEMONT-LORRAINE

Le château va devenir une caserne. Le 31 août 1944 un char américain incendie un camion allemand stationné devant le château. L’incendie se propage à l'ensemble des bâtiments, les réduisant en ruines...

En 1956, les ruines sont cédées par l'Etat à la ville de COMMERCY qui envisage d'abord de les raser avant d’entamer une reconstruction qui durera plus de vingt ans. Aujourd'hui le monument sert entre autres d'hôtel de ville .

Le CHÂTEAU-HAUT est inscrit sur la liste des Monuments Historiques en 1926 et classé successivement en 1960 et 1972.


ÉTAT ACTUEL

Le château repose sur des bases féodales bien visibles côté canal. La base de plusieurs gros bastions ou tours percés de canonnières sert de soubassement au château classique lui-même précédé d'une place monumentale dite du Fer à Cheval.

ACCÈS

Situé au centre de la ville l'accès au château en véhicule et le stationnement sont compliqués. Il est conseillé de s'y rendre à pieds. Seuls les extérieurs du château sont visibles. Les parties médiévales sont ouvertes aux visiteurs lors des journées du patrimoine.


VUES DU SITE



Le château au temps du roi Stanislas


Les ruines après l'incendie (collection particulière)


Arrivée place du fer à Cheval


Place du Fer à Cheval


Côté Nord de la place du Fer à Cheval


Place du Fer à Cheval et du Château


Place du château


Détail des rambardes


Entrée



Soubassement médiéval


Canonnières




Intérieur d'une chambre de tir (photo affichée sur place)


Mâchicoulis


Tour Sud-Est


Le château et le canal


Partie centrale


Façade Sud-Est




LE CHÂTEAU-BAS


HISTOIRE

Ce château est postérieur au CHÂTEAU-HAUT puisqu'il voit le jour en 1345 suite au partage du comté de COMMERCY. Cette forteresse est une propriété des comtes de SARREBRUCK. Le château est réaménagé en 1389, puis en 1403 par Philippe DE SARREBRUCK. Cette famille conservera la place jusqu'en 1444 avant de la vendre à la duchesse de lorraine ISABELLE 1ère. Par mariage le château revient au duc de Lorraine RENÉ Ier.  Louis d'ANJOU son fils en héritera. Suite à la victoire de NANCY sur CHARLES LE TEMERAIRE en 1477, RENE II donne le château  le 5 juillet 1472 à Nicolas de MONTFORT, comte de CAMPOBASSO  qui est de souche italienne et qui parviendra au rang de vice-roi d'Italie. En 1478 Nicolas revend COMMERCY au duc RENE II, lequel en fait don en 1487 à son écuyer Gérard d'AVILLERS qui fera agrandir la place vers 1487. A sa mort sans descendance en 1526 le château revient à nouveau au duc de Lorraine. Le 19 août 1530 le château fait l'objet d'un échange avec le château de KOEUR -voir ce nom. Le bénéficiaire de l’opération est Jacques de LARBAN DIT de VILLENEUVE, chevalier de BEAUVOISIN dans l'actuel département du GARD. A sa mort en 1542 le château revient à sa fille Antoinette épouse de Jean d'URRE, seigneur de THESSIERE, maître-d'hôtel ordinaire du duc de Lorraine FRANCOIS 1er et capitaine du château de FOUG - voir ce nom. Par mariage le château reviendra à Jean DES ARMOISES. 

En décembre 1652 lors de la Fronde des princes, le château est assiégé par les armées du prince de CONDE. Lors du siège, les français décèlent des pierres des courtines, obligeant les occupants à se réfugier dans le donjon puis à se résoudre à une réédition honteuse.

Après le traité de RYSWICK, le CHÂTEAU-BAS revient au duc LEOPOLD quand Pierre-Joseph DES ARMOISES l'échange avec le duc contre le marquisat de SPINCOURT. Les deux châteaux de COMMERCY sont désormais lorrains. Le CHÂTEAU-BAS  est restauré entre 1639 et 1657.

Après la réunion de la Lorraine à la France, le CHÂTEAU-BAS est transformé en buanderie militaire en 1757. Il devait rester une caserne durant une longue période. Il est rasé lors de la construction de la gare de chemin de fer au XIX° siècle.


ÉTAT ACTUEL

il ne subsiste qu'un reste de mur faisant office de séparation mitoyenne entre deux propriétés.

ACCÈS

Les rares vestiges du château sont située non loin de la gare, rue du Château-Bas. on peut les apercevoir si l'on est grand en portant son regard au-dessus d'un mur de clôture entourant une cour privative



VUES DU SITE



Le château autrefois


Emplacement du château


Dernier vestige du château

jeudi 26 octobre 2017

ABBAYE SAINT-MANSUY

ABBAYE SAINT-MANSUY (54):

MAZARIN FUT L'UN DE SES ABBES

SITUATION

Les vestiges de l'abbaye SAINT-MANSUY se trouvent au nord-est de la ville de TOUL autour de la place SAINT-MANSUY, à 210 mètres d'altitude.  

HISTOIRE

La religion chrétienne arrive à TOLLUM (TOUL) capitale du peuple celtique des Leuques à partir du II° siècle. Le futur diocèse s'étendra sur tout le territoire Leuque suivant les circonscriptions définies sous l'empereur DIOCLETIEN, d'où le nom de diocèse. MANSUETUS (Mansuy) sera le premier évêque reconnu du diocèse de TOUL. Il aurait tenu cet office entre 338 et 375. C'est un contemporain de SAINT-EUCHAIRE, martyr exécuté à LIVERDUN et de son frère SAINT-ELOPHE martyrisée à SOULOSSE (88) - voir ce nom. 

SAINT-MANSUY est fêté le 31 août suivant de rituel de SAINT-DIE au le 3 septembre. A sa mort il est déposé dans une crypte de l'église SAINT-PIERRE située hors les murs de la cité touloise. Au XI° siècle Brunon de DABO EGUISHEIM, évêque de TOUL devenu pape sous le nom de LEON IX officialise le culte de SAINT-MANSUY.





Gisant de SAINT-MANSUY à la Cathédrale de TOUL


L'abbaye fut fondée au X° siècle à l'initiative de SAINT-GERARD, évêque de TOUL. Les premiers moines sont issus de l'abbaye école bénédictine de SAINT-EVRE. Son premier abbé sera ADAM. L'abbaye est reconnue en 965. Elle aura la charge de garder des reliques de son saint patron. Plusieurs de ses abbés seront des personnages illustres. Outres ceux issus de la noblesse locale comme les familles de GONDRECOURT ou de HOUDELAINCOURT, il y aura le cardinal Jean de LORRAINE, le prince Armand DE CONTY, le cardinal Jules MAZARIN, Philippe de VENDÔME, grand prieur de France. son dernier abbé sera le conseiller d'Etat Louis-Augustin BERTIN entre 1773 et 1779. 

L'évêque Hugues DES HAZARDS prélève le crâne de SAINT-MANSUY en 1506 pour le placer dans un reliquaire toujours conservé à la cathédrale de TOUL.

En 1552 l'abbaye est saccagée mais le tombeau du saint-évêque sera préservé. Pourtant la même année, elle accueille un visiteur de choix en la personne du roi de France HENRI II visitant sa nouvelle province des TROIS ÉVÊCHÉS. En 1607 l'abbaye rejoint la congrégation de SAINT-VANNE.


Le monastère est fermé lors de la Révolution. En 1792 l'évêque constitutionnel de NANCY Monseigneur DE LALANDE fait transférer les reliques de SAINT-MANSUY en l'église SAINT-ETIENNE de TOUL. 

L'abbaye est livrée aux démolisseurs. Elle est partiellement détruite puis transformée en maison d'habitation une grande partie des bâtiments monastiques subissent le même sort. Le 18 mai 1980 le quartier est touché par un incendie. Le tombeau de SAINT-MANSUY est exhumé en 2004. D'abord exposé au musée de la ville, il est actuellement visible dans la cathédrale. 


Les vestiges de l'abbaye ne sont ni inscrits ni classés par les monuments historiques.


ÉTAT ACTUEL

Il subsiste quelques restes de l'église en cours de restauration, d'une chapelle, du cloître et de plusieurs portes. Toute une partie de l'édifice n'est pas accessible car privée.

ACCÈS

Allez à la place SAINT-MANSUY, vous êtes à l'emplacement de l'abbaye


VUES DU SITE



Quartier SAINT-MANSUY et emprise de l'abbaye (Géoportail)


Le portail de l'abbaye au début du XX° siècle (collection particulière)


Même lieu en 2017


sous le porche



Inscriptions diverses


La chapelle


Coté Nord de l'église


Entrée de l'église


Le chœur de l'église



Autre porche


Détail du mur du cloître



Côté Ouest de l'abbaye

vendredi 20 octobre 2017

CHÂTEAU DES FÉES

LE CHÂTEAU DES FÉES (88):


ENCEINTE ÉNIGMATIQUE



SITUATION

Le CHÂTEAU DES FÉES se trouve sur la commune PLOMBLIERES LES BAINS (88), au hameau de CLAIREFONTAINE proche de RUAUX, dans la forêt du FAYS-BOIS,  à 450 mètres d'altitude.

HISTOIRE

Les vestiges présentent un type de construction polygonal remontant au XI° siècle. Il est probable que la construction du château soit contemporain des règnes des ducs de Lorraine THIERRY II Le Vaillant ou SIMON 1er Le Gros. L'abbesse de REMIREMONT n'acceptant pas cette construction sur ses terres aurait fait stopper les travaux qui seraient restés inachevés.

Au XIX° siècle, le site présentaient encore des courtines hautes de quelques trois mètres. Ces vestiges vont constituer une aubaine pour fournir les matériaux nécessaires aux travaux entrepris à l'église de RUAUX en 1871-72 et en 1889-91.

Certains historiens attribuent l'origine des ruines à l'époque préhistorique ou celtique. Il est vrai qu'au centre de l'enceinte ce trouve des roches parallèles formant un couloir et divers fragments minéraux qui seraient les vestiges d'un dolmen. D'autres y ont vu une construction gallo-romaine destinées à contrôler l'accès à la Séquanie. Une autre hypothèse propose un château fort primitif de l'époque mérovingien qui gardait la frontière entre l'Austrasie et la Burgondie.

Une légende ancienne y voit un port destiné à ancrer les bateaux circulant sur un  lac légendaire alimenté par le Rhin. La tradition locale attribue l'édification du château aux fées qui tiennent un rôle important dans les légendes vosgiennes. Certaines de ces dames ont une nature bénéfique, d'autres sont maléfiques comme la fée HERQUEUCHE assimilée à CARABOSSE...


ETAT ACTUEL

Nous sommes en présence de ruines dont l'aspect en rappelle d'autres comme les châteaux de KOEPFEL ou de PETIT RINGELSTEIN - 67  (voir ces noms). 

Les ruines délimitent une surface plane de 45,5 mètres sur 31 entourant un amas de grosses roches dont certaines semblent avoir été taillées. Sur les côtés sud, la pente raide est encombrée d'un chaos rocheux. Les murs larges d'environ un mètre sont constitués de blocs de pierre taillés montés sans mortier.  

Le "dolmen" possède une allée délimités par six roches hautes de 1,20 mètre. 

ACCÈS

Au hameau de CLAIREFONTAINE, laisser le véhicule à l'embranchement d'un chemin forestier proche d'un chalet situé en lisière de bois. Ne vous fiez pas aux panneaux indiquant le Château des Fées à deux heures de marche...

En fait vous atteindrez les ruines en quinze minutes en suivant le cheminement indiqué  en rouge sur la carte ci-dessous. 


VUES DU SITE



Plan d'accès


Croquis des ruines (réalisation personnelle)


Les ruines sur une carte ancienne. Aujourd'hui il ne subsiste plus
de muraille de cette hauteur, comparez avec les deux personnages assis
(collection particulière)


L'esplanade. Au premier plan le "dolmen"


couloir du "dolmen"


cônes d'éboulis



Côté Sud


Enceinte Sud-Ouest


Le rempart en vue intérieure


Le rempart en vue extérieure



chaos rocheux et rempart Ouest


Vue extérieure de l'angle Sud




Enceinte Sud-Est


Vue rapprochée, sans doute l'endroit représenté sur la carte postale ancienne


Côté Nord de l'enceinte

vendredi 13 octobre 2017

ABBAYE DE CHAUMOUSSEY

L'ABBAYE DE CHAUMOUSSEY (88):

ELLE S’ÉLEVAIT PRES DE L'ACTUEL SITE D'UN LAC ARTIFICIEL

SITUATION

L'abbaye de CHAUMOUSSEY se trouvait sur la commune du même nom, à 374 mètres d'altitude, au lieu-dit "L'abbaye" en bordure du réservoir de BOUZEY qui sert de réserve d'eau pour l’alimentation du canal des Vosges.


HISTOIRE

Au XI° siècle, Thierry de CHAUMOUSSEY fait don d'une terre à un religieux ascète solitaire nommé SEHERE venant de l'ermitage du SAINT-MONT près de REMIREMONT, pour y créer un oratoire au bord de l'Avière. L'établissement sera consacré en 1095. A la mort de Thierry, Josselin son frère conteste la donation et va infliger diverses vexations et pillages envers les religieux. SEHERE appelle à son secours le duc de Lorraine THIERRY II LE VAILLANT et l'évêque de TOUL. CHAUMOUSSEY devient subordonnée à l'abbaye SAINT-LEON de TOUL avant de devenir indépendante en 1094. En 1107 l'abbesse de REMIREMONT GISELA revendique l'autorité sur le monastère, obligeant l'évêque de TOUL à en appeler au pape. Le souverain pontife confirmera SEHERE à la tête de CHAUMOUSSEY  moyennant une indemnité financière due à GISELA. Cette dernière rejeta le jugement ce qui provoqua la convocation des deux parties devant le pape qui resta sur ses positions. 

SEHERE incita dès lors l'évêque de TOUL à officialiser la création de son abbaye. L'église abbatiale est consacrée le 1er octobre 1107 par la cardinal RICHER, légat du pape. SEHERE s’éteint en 1128. Il aura quarante-deux successeurs et parmi eux les membres des familles nobles locales comme les DARNIEULES, les DOMPAIRE, les PARROY, les DE VAUX, les  CRAINCOURT, les LENONCOURT ou les BASSOMPIERRE... 

Au XVI° siècle l'abbaye est en pleine décadence. En 1586 François PATISSIER en est l'abbé. Il reçoit les vœux du jeune Pierre FOURIER en 1587, le futur SAINT-PIERRE FOURIER. Ce dernier est ordonné prêtre en 1589 à TREVES (D) , puis part faire des études à l’université de PONT-A-MOUSSON en 1591. De retour à l'abbaye en 1595 il va devenir de curé de MATTAINCOURT (88) - voir ce nom.

En 1653 l'abbaye se réforme et embrasse la congrégation de Notre-Sauveur crée par Pierre FOURIER. Pierre-François PATISSIER, neveu du précédent dirige le monastère. 

Les XVII° et XVIII° siècle marquent l’apogée de l'abbaye de CHAUMOUSSEY. En 1727 l'abbaye accueille seize moines qui vont entièrement reconstruire les bâtiments à l'occasion de la béatification de Pierre FOURIER. La cérémonie est célébrée à l'abbaye les 5,6 et 7 juillet 1731.

A la veille de la Révolution CHAUMOUSSEY est dirigée par Stanislas-Louis DE BASSOMPIERRE. Elle exerce son autorité sur douze cures et un prieuré. Le 2 novembre 1789 l'Assemblée Constituante supprime les bénéfices ecclésiastiques. En 1792 les bâtiments sont vendus à un nommé HOENER imprimeur à EPINAL. Dès 1793 Le mobilier est dispersé, l'abbatiale et les bâtiments monacaux sont transformés en carrière de pierre. Tout va disparaître ne laissant que de maigres vestiges qui seront engloutis lors de la création du barrage qui formera le réservoir de BOUZEY mis en eau en 1880 pour alimenter le canal des Vosges devenu nécessaire suite à l'annexion de l'Alsace. Le 27 avril 1895 à 5H15 le barrage cède alors que le niveau de l'eau n'est qu'à cinquante pour cent. On dénombrera 87 victimes et d'importants dégâts sur les commune avoisinantes. Cette catastrophe suivait un premier incident mal consolidé.






Vestiges du barrage après la catastrophe (collection particulière)

En 1997 des travaux d'assainissement mettent à jour des vestiges de l'abbaye dont une grande partie finira au remblais, provoquant un scandale. La pierre tombale d'un abbé et un sarcophage contenant des ossements ont toutefois pu être sauvé.


ÉTAT ACTUEL

Sur un bâtiment de ferme subsiste une partie reconstituée d'un mur de l'abbaye. Lorsque le niveau de l'eau du réservoir est très bas on peut voir les lavoirs de l'abbaye. D'autres restes sont visibles à GIRANCOURT (88), le maître autel remonté dans l'église et qui a été classé monument Historique le 27 décembre 1907, une cloche remontée dans l'église de BELMONT SUR BUTTANT (88), la chaire en l'église SAINT-ROMARIC d'UXEGNEY (88) et l'ostensoir conservé en l'église de DARNIEULES (88).

ACCÈS

A CHAUMOUSSEY suivre la rue de l'abbaye jusqu'au réservoir de BOUZEY. Le site de l'abbaye se trouve à l'Est du lac.


VUES DU SITE



vue aérienne situant l'emplacement de l'abbaye (Géoportail)



Plan de l'ensemble abbatial



L'abbaye au XVIII° siècle



Vestiges imbriqués dans un mur moderne



Maître-autel de l'abbatiale remonté à GIRANCOURT (collection particulière)

dimanche 8 octobre 2017

CHÂTEAU DE PONT-A-MOUSSON

LE CHÂTEAU DE PONT-A-MOUSSON (54):

LIEU DE NAISSANCE D'UNE REINE D'ANGLETERRE

SITUATION

Le château de PONT-A-MOUSSON se trouvait sur la commune du même nom. Il s'élevait au nord de la ville.  

HISTOIRE

Il s'agit d'une possession des comtes de BAR qui disposent de l'imposant château-fort de MOUSSON - voir ce nom, et qui domine la ville actuelle à l'est. Au pied du château se trouvait l'unique pont traversant la Moselle entre NANCY et METZ. Le 20 avril 1261 le comte Thiebaut II de BAR fonde la ville de PONT-A-MOUSSON qui est affranchie par la loi dite de BEAUMONT. La nouvelle cité s'entoure de remparts.

Robert 1er de BAR décide de la construction d'un château-fort en 1359. L'empereur CHARLES IV élève la seigneurie de PONT-A-MOUSSON au rang de marquisat en 1354, puis c'est au tour de la ville d'être promue au rang de cité en 1372. La forteresse est entièrement réaménagée en 1395.




Thiebaut II de BAR

En 1431, René 1er de BAR, comte d'Anjou, de Guise, de Provence et de Forcalquier, roi de Naples, de Sicile, de Hongrie, d'Aragon et de Jérusalem épouse la duchesse Isabelle de Lorraine, réunissant ainsi les domaines de BAR et de LORRAINE autrefois rivaux. Il entreprend le reconstruction complète du château en 1496. Le couple RENE 1er, ISABELLE engendra une fille prénommée MARGUERITE (d'Anjou), future épouse du roi d'Ecosse HENRI VI. MARGUERITE vint au monde au château de PONT-A-MOUSSON ( voir château de KOEUR). En 1480 le duché de BAR revient officiellement à la Lorraine. Le fils aîné du duc régnant se fera désormais s'appeler MARQUIS DE PONT.

En 1572 le duc CHARLES III et son cousin le cardinal Charles de LORRAINE fondent une université gérée par les Jésuites suivant la bulle "IN SEPEREMINENTI" du pape GREGOIRE XIII. Au XVII° siècle, l'université de PONT-A-MOUSSON comptait jusqu'à 2100 Élèves. On y enseignait la théologie, les arts, le droit et la médecine. La présence de ces étudiants générera pas mal de chahut et de rivalité entre les divers quartiers de la ville.

La Lorraine est occupée par la France suite à la guerre de Trente-Ans. Le cardinal de RICHELIEU ordonne alors la destruction du château de PONT-A-MOUSSON. Le coup de grâce viendra en 1670 du fait des troupes du maréchal DE CREQUY.

Plus tard, les vestiges du château fort sont arasés pour laisser sa place à la construction de casernes.



ÉTAT ACTUEL

Il ne reste rien du château de PONT-A-MOUSSON.



La tour dite de Prague est le dernier vestige 
des fortifications de la ville (collection particulière)