vendredi 7 août 2015

COUVENT ET ABBAYE D'ETIVAL

LES ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX D'ÉTIVAL (88):

SAINTE ODILE ET SAINTE RICHARDE Y ATTACHENT LEURS NOMS

SITUATION

La commune d'ETIVAL-CLAIREFONTAINE (88) a possédé deux établissements religieux distinct: un couvent et une abbaye.



LE COUVENT D'ETIVAL

HISTOIRE

Ce couvent est une création d'ODILE, épouse de SAINT-BODON. Il se situait dans quartier de SAINTE-ODILE, à l'ouest de la localité. Ce que l'on sait après des textes historiques, abstraction faite des légendes, que c'est bien dans ce couvent qu'entra RICHILDE, amie de SAINTE-HUNNE  et de SAINT-DEODAT, proche parente du duc ETICHON. RICHILDE entra dans le plus proche établissement monastique ouvert aux femmes. La postulante fut accueillie accompagnée d'une enfant aveugle, fille répudiée d'ETICHON. L'enfant est instruite dans la foi, mais elle n'est pas  baptisée. A peu de distance d'ETIVAL, SAINT-HYDULPHE, évêque de TREVES (D), vient de fonder le monastère pour hommes de MOYENMOUTIER. C'est lui qui baptise la petite fille au nom d'ODILE, en honneur à la responsable du couvent.

C'est alors que l'enfant aurait miraculeusement retrouvé  la vue. Plus tard, à la demande de son père, elle regagna le château d'ALTITONA (voir ce nom) par la route ETIVAL - SCHIRMECK - ALTITONA, qui depuis ce nomme LE CHEMIN DE SAINTE-ODILE. C'est sur le site d'ALTITONA qu'ODILE fondera elle aussi un couvent.



Le baptême de SAINTE-ODILE
(Abbaye de MOYENMOUTIER - collection personnelle)


Bien sûr me direz-vous, l'évêché de STRASBOURG soutient une toute autre version, la thèse de BEAUME LES DAMES...



Fonds baptismaux voués à SAINTE-ODILE

En 888 SAINTE-RICHARDE arrive à ETIVAL. Elle aussi  descend  des ETICHONIDES. Elle est l'épouse de l'empereur CHARLES LE GROS. Elle y installe douze chanoinesses et donne le Ban d'ETIVAL à l’abbaye d'ANDLAU (67) qu'elle avait fondée en 881. Le couvent poursuit sa vie jusqu'en 912. Pillé une première fois par les hordes hongroises, il succombe définitivement en 920.


ETAT ACTUEL

Il ne subsiste aucun vestige du couvent d'ETIVAL.


L'ABBAYE D'ETIVAL

SITUATION

L'abbaye d'ETIVAL se dresse à proximité de l'île de CLAIREFONTAINE, près de la célèbre papeterie connue de tous les écoliers. 


L'abbaye d'ETIVAL

HISTOIRE

L'abbaye d'ETIVAL constitue la branche ouest de ce que l'on appelle la CROIX MONASTIQUE DE LORRAINE avec SAINT-DIE, MOYENMOUTIER, SENONES et BONMOUTIER.

Vers 605 BODON épouse ODILE (rien à voir avec Sainte ODILE). Tous deux vont quitter leurs vie de couple pour fonder chacun un monastère à ETIVAL. Ils fonderont aussi BONMOUTIER (54) qu'ils donneront à leur fille THIERBERGE.

Après les invasions Hongroises le monastère est rattaché à l'ordre des Prémontrés. Les moines refusent le changement de règle et vont s'installer dans une nouvelle abbaye à AUTREY (88), monastère toujours en activité de nos jours. En 1147 les Prémontrés venus de l'abbaye de FLABEMONT (88) s'installent à ETIVAL. L'ordre des Prémontrés est né de la volonté de SAINT-NORBERT en 1120. Ce sont ces moines qui vont édifier l'église et les bâtiments conventuels actuels.

En 1309 le duc de Lorraine THIEBAUT II accorde à l'abbé qui a rang d'évêque les droits de haute et moyenne justice. Lors de la renaissance du couvent du MONT SAINTE-ODILE (67), ce sont des prémontrés d'ETIVAL qui vont redonner vie à cet établissement. Déjà au XIII° siècle, l’abbesse HERADRE de LANDSBERG avait fait appel à eux pour fonder les prieuré de SAINT-GORGON aux alentours du mont. Les prémontrés vont établir en 1512 le premier moulin à  papier de la région sur les bords de la rivière VALDANGE. Initiative de l'abbé Jean FAGNOZEL, elle fera la richesse de l'abbaye. Cette production papetière perdure toujours dans le quartier de CLAIREFONTAINE...

Jusqu'en 1739 l'abbaye sera directement dépendante du Saint-Siège mais en 1777 après la création de l’évêché de SAINT-DIE,  elle sombrera peu à peu dans l'oubli.

L'ensemble de l'abbaye a été vendue lors de la Révolution et les bâtiments conventuels ont été transformés en maison d'habitation. Déjà endommagée lors du premier conflit mondial, l'église va connaître une quasi destruction le 9 novembre 1944 à 20h00, conséquence d'un dynamitage orchestré par les troupes nazie en retraite alors que les Américains sont à 800 mètres de l'édifice. Le bâtiment ne ressuscitera complètement qu'au cours des années 1990.

ETAT ACTUEL

L'église a été restaurée, mais pour des raisons techniques le clocher sera rebâti à droite de la façade alors qu'historiquement il se trouvait à gauche. La nef présente une série de vitraux modernes certains sont dûs à Jacques GRÜBER. La chapelle SAINTE-RICHARDE possède une partie de ses reliques. Le cloître a disparu et la cour de l'abbaye donne une idée de l'ampleur des infrastructures d'origine.


VUES DU SITE




Plan de l'abbatiale (collection personnelle)




L'église abbatiale au début du XX° siècle (collection particulière)




L'église abbatiale après 1945 (collection particulière)




L'église abbatiale SAINTE-ODILE en 2015




Vue générale Est / Ouest




La chœur




Chapelle Sainte-Richarde




Le clocher reconstitué




La façade




Détail




Emplacement du cloître




Jardin du cloître




Transept et vestiges du cloître muré




Le grand portail




Partie Est de la cour des moines




Partie Ouest de la cour des moines




Le palais abbatial




La nef




Piliers romans




reliques de SAINTE-RICHARDE




Transept




Les stalles




Baptême de SAINTE-ODILE




Les orgues

mardi 4 août 2015

CITÉ DE MARSAL

LA CITÉ DE MARSAL (57):

PLACE FORTE DU SEL

SITUATION


Le village fortifié de MARSAL se situe à l'écart de la route menant de VIC-SUR-SEILLE à DIEUZE. Il est situé à une altitude d'environ 190 mètres, au milieu d'un marécage constitué de mares salées où pousse entre autre la salicorne alors que l'on est à plusieurs centaines de kilomètres de la mer.


HISTOIRE


Dans la région du SAULNOIS, région de CHÂTEAU-SALIN, le sel est exploité depuis le néolithique. Ce sel est une des grandes richesses de la Lorraine. Son exploitation est toujours d'actualité notamment à EINVILLE-AU-JARD à DOMBASLE ou VARANGEVILLE (54). A MARSAL on a retrouvé les vestiges d'une exploitation florissante lors de la préhistoire. A l'époque romaine, l'exploitation perdure. Une stèle en l'honneur de l'empereur CLAUDE datée de l'an 44 retrouvée sur place témoigne de leur présence.
MARSAL allait être l'objet de conflits sans fins entre les évêques de METZ et les ducs de Lorraine. Une église collégiale est élevée en 1222. En 1259 la cité est un fief tenu par Renaud de BITCHE. Cette terre est confiée à Jacques de Lorraine, évêque de METZ par le duc FERRY III. La localité est fortifiée dès cette époque. Dès 1272 FERRY III reprend la place aux évêques, car le prélat Laurent de LICHTENBERG ne peut payer ses dettes. MARSAL est rendu à l’évêque Bouchard d'AVESNES en 1284.

Au XIV° siècle, les hommes du duc JEAN Ier déguisés en paysans investissent et pillent la cité Thierri V BAYER DE BOPPARD évêque de METZ reprend la ville et fait exécuter les lorrains. A partir de 1383, c'est à MARSAL que les messins battrons leur monnaie jusqu'en 1460. L'évêque Renaud de BAR étand l'exploitation du sel à MOYENVIC et VIC ce qui engendre de nouveaux conflits avec les édiles de NANCY. En 1540, le procurateur de MARSAL sollicite l'emploi du français dans la cité car la langue allemande n'est plus comprise par la population. L'emploi de l'allemand est définitivement interdit à compter de 1548. L'évêché de METZ devient français en 1552, mais dès 1553, MARSAL retoune aux Lorrains. CHARLES III de Lorraine nomme un premier procureur Claude DE MENGIN. En 1603 Emmanuel REMY lui succède, puis son fils François en 1633.
Durant la guerre de Trente-Ans Jacques NOMPAR DE CAUMONT investit MARSAL au nom du roi de France LOUIS XIII. La traité de VIC SUR SEILLE de 1632 fait de la cité une possession royale. En 1641 le traité de SAINT-GERMAIN prévoit le démantèlement des fortifications qui n'aura pas lieu du fait de la reprise de la guerre entre la France et la Lorraine. Finalement le 2 septembre 1663 le roi LOUIS XIV s'empare de la cité. Il charge VAUBAN d’améliorer le système de défense. La reddition de MARSAL fera l'objet de la réalisation d'une tapisserie par la manufacture des GOBELINS et Jean DE LA FONTAINE écrira un sonnet sur la prise de MARSAL.

Dès lors la cité devint une ville de garnison. Les armées y résideront jusqu'en 1870 date de la prise de contrôle par les Prussiens. C'est lors du premier conflit mondial en 1915 que les remparts tomberont sous les bombardements...


Dans les années 1960, MARSAL sera vedette de l’actualité par l'affaire dite "du MAGE DE MARSAL". Le nommé Maurice GERARD qui demeurait au village est chef d'une secte ésotérique. Ces deux enfants vont disparaître mystérieusement...  

ETAT ACTUEL

Les principaux bâtiments historiques sont outre la collégiale, l'enceinte "VAUBAN" presque totalement enfouie sous la végétation, la porte fortifiée dite PORTE DE FRANCE et divers bâtiments ou casernes dont l'un a été transformé en musée. Un chemin aménagé permet de visiter le marais salé.

ACCÈS

Laisser le véhicule dans le village et visiter à pieds


VUES DU SITE



La place de MARSAL




Mare salée




Les couches salées affleurent dans les prairies




Salicorne à MARSAL




Le sentier du marais




La porte de France




Couloir de la poterne




La porte coté village




Le grand escalier




Dans les entrailles de la porte




Galerie latérale




Le passage désaffecté




Une pompe à saumure




Les remparts




Un casernement




Le musée




Vers la porte

samedi 1 août 2015

CHÂTEAU DE CHAREMONT

LE CHÂTEAU DE CHAREMONT (88):

SUR LE SITE D'UN PÈLERINAGE

SITUATION

Le château de CHAREMONT se trouvait au hameau du même nom, commune de FRAPELLE (88) à 450 mètres d'altitude.

HISTOIRE

Cette forteresse très ancienne a certainement vu le jour dans la cadre de la série de châteaux érigés pour la défense de l'abbaye de SAINT-DIE, tout comme CHASTEL SOUS BURE (voir châteaux de SAINT-DIE).
On ne sait rien de son histoire si ce n'est que c'est ruine au début du XIV° siècle. Il a sans doute été abandonné car il faisait double emploi avec le SPITZEMBERG (voir ce nom) qui le domine.

A ces pieds, une chapelle en l'honneur de SAINTE-CLAIRE, fille de SAINT-ROMARIC ( ce titre de fille correspond à celui porté par les abbesse du monastère du SAINT-MONT - voir ce nom) est érigée au XIV° siècle suite à la guérison miraculeuse d'un aveugle qui a invoqué la sainte en ces lieux. Cette chapelle, toujours ouverte au culte fait l'objet d'un pèlerinage annuel et la source captée pour la consommation aurait des vertus miraculeuses...


ETAT DES LIEUX

Il ne subsiste aucun vestige du château. La plateforme dominant la chapelle présente encore un fossé, à moins qu'il ne s'agisse d'une tranchée de 14/18. L'actuelle chapelle est du XVIII° siècle.


ACCÈS

Devant la mairie de FRAPELLE, suivre la direction CHAPELLE SAINTE-CLAIRE. traverser le hameau de CHAREMONT et laisser le véhicule sur le parking aménagé à quelque cent mètres de la chapelle.


VUE DU SITE




Vue générale des lieux. Le château s'élevait derrière la chapelle




La chapelle vue depuis la plateforme du château




S'il reste des vestiges, ils sont cachés la dedans...




Digitales, plante emblématique des Vosges, aussi belle que vénéneuse




Entrée de la chapelle




Sainte Claire




L'hôtel de la chapelle




La source au "miracle" est captée




Mais ce bassin reste à disposition des pèlerins...