vendredi 2 octobre 2015

CHÂTEAUX DE GRIFFON: Grand et petit château

LES CHÂTEAUX DE GRIFFON (67):

GARDIEN DE LA VALLÉE DE LA ZORN

GRIFFON! 
Certains vont hurler car depuis peu de temps ces châteaux se font appeler "GREIFENSTEIN". Moi, qui ai toujours connu ces ruines sous le nom de GRIFFON, je reste fidèle à cette appellation.
Faudra-t-il aussi renommer les nombreuses "rues du Griffon" situées dans la majorité des localités de la région Savernoise?

SITUATION

Les châteaux de GRIFFON se trouvent sur la commune de SAVERNE (67) sur le versant Nord de la vallée de la Zorn à 385 mètres d'altitude.


HISTOIRE

Le grand château ou GRIFFON ORIENTAL est né au cours du XII° siècle. Il est tenu par Méribodo de GREIFENSTEIN en 1160, vassal de l'évêque de STRASBOURG.

Le petit château ou GRIFFON OCCIDENTAL sera édifié entre 1240 et 1332. Cette construction est attribuée à la famille d'OCHSENSTEIN.

Avec le XIV° siècle, Eberlin et Petermann de GRIFENSTEIN en difficulté financière engagent le grand châteaux à divers seigneurs dont les LUTZELBOURG (1397) , FENETRANGE (1441), SAARWERDEN (1441) et HOHENBOURG ( 1444). C'est alors qu'en 1457 Eberlin de GREIFENSTEIN s'éteint sans descendance. L'évêque de STRASBOURG inféode d'abord les châteaux à la famille de THANN avant de les confier au comte Palatin LOUIS LE NOIR. Un conflit éclate en 1468 entre l'électeur palatin FREDERIC LE VICTORIEUX et le comte LOUIS LE NOIR. L'électeur menace les châteaux qui seront défendus par des mercenaires strasbourgeois. Le conflit est réglé en 1471 par la cession du comté de LA PETITE PIERRE au Palatin.


Les nobles de GREIFENSTEIN

Richard de HOHENBOURG brise l'alliance qui l'unissait à la famille d'OCHSENSTEIN. Il possède encore quelque droit sur le grand griffon. L'évêque de STRASBOURG ordonne l'incarcération du dernier descendant des HOHENBOURG d'abord au GRIFFON, puis en 1476 au château du HAUT-BARR. En 1516 l'évêque est devenu le seul propriétaire des deux châteaux qui ne semble pas beaucoup intéresser le prélat. Abandonnés, les châteaux tombent peu à peu en ruines. En 1634 lors de la guerre de trente ans les châteaux sont démantelés. Les déprédations vont se poursuivre ; aussi, en 1670 lorsque l'on édifie de château de SAVERNE au profit de l'évêque François Hugon de FURSTENBERG, le donjon du GRAND GRIFFON et les pierres de revêtement extérieur du PETIT GRIFFON sont utilisées pour le chantier. Une rumeur court alors: les ouvriers italiens chargés des travaux y auraient découvert un fabuleux trésor. Cette rumeur va déclencher la ruée des chercheurs de trésor qui vont éventrer un grand nombre de donjons en laissant l'ouverture brute caractéristique de leur passage.

En 1674 TURENNE aurait fait remettre en état les ouvrages défensifs des châteaux, mais en fait les Français vont dynamiter les derniers vestiges des défenses.

Les ruines sont classées Monument Historique par les autorités Allemande en 1878.

ETAT ACTUEL

Juchés sur un rocher, les châteaux sont séparés l'un de l'autre par un fossé taillé dans le roc. Du grand château il subsiste la base du donjon et une tour de guet accessible. Le petit château dresse son donjon mutilé qui domine les vestiges du logis. Les deux châteaux sont reliés par un pont de pierre. L'ensemble des ruines est peu entretenu et enfoui dans une végétation assez dense.

ACCÈS

A SAVERNE prendre la direction de LUTZELBOURG. A la sortie de la ville prendre à droite la première route forestière qui franchit la rivière et la voie ferrée. Longer un étang et atteindre un petit parking où il faudra laisser la voiture. Suivre un sentier balisé en rampe qui conduit aux ruines en 35 minutes.


VUES DU SITE




(collection personnelle)




Reconstitution (collection personnelle)




Les châteaux vus du HAUT-BARR en 1983




En 2015 les ruines sont dans la jungle




A proximité des châteaux, le Griffon veille...





LE PETIT CHÂTEAU





L'entrée par le grand château




Le pont enjambant le fossé




Angle Sud du donjon




Dans la basse-cour




Courtine Sud-Est




Entrée Est des logis




Côté Ouest




côté Ouest du donjon




Entrée Ouest des logis




Corridor




Archère




Coté Est du donjon




Sommet du donjon





LE GRAND CHÂTEAU




Le fossé Est




Côté Ouest en 1983 ( le seconde tour est le donjon du petit GRIFFON)




La tour de guet en 2015 est mangée par le lierre




Le donjon en 1983




Le donjon en 2015




Le donjon et sa chemise vus du fossé




L'escalier d'accès au château




La tour de guet




Les escaliers




Du sommet, vue sur les châteaux de HAUT-BARR au centre et de
GRAND-GEROLDSECK à droite.




Prolongement de la chemise du donjon



Passage vers le petit château

jeudi 1 octobre 2015

CHÂTEAU DE WARTHENBERG

LE CHÂTEAU DE WARTHENBERG (67):

OUBLIE PUIS REDÉCOUVERT EN 1979

Ce château était encore récemment dénommé DAUBENSCHLAGFELSENSCHLOSS.

SITUATION

Le château de WARTHENBERG se dressait sur un roche nommée DAUBENSCHLAGFELSEN situé à  402 mètres d'altitude sur la commune d'ERNOLSHEIM-LES-SAVERNE (67).

HISTOIRE

L'histoire de cette ruine est assimilée à celle du château de WARTHENBERG qui n'avait encore pas été localisé. La forteresse est mentionnée en 1158 dans un écrit de l'abbaye de NEUWILLER-LES-SAVERNE. La place est peut-être une construction due à Hugues de DABO, comte de METZ. On sait que l'abbaye de NEUWILLER dépend de l’évêché de METZ. L'on ne sait rien d'autre sur ce château très vite abandonné. Il semble avoir servi de carrière au XVI° siècle tout comme de HERRENSTEIN (voir ce nom), pour l'agrandissement du château de LICHTENBERG (67) en 1515. Les rares vestiges visibles encore connus au XIX° siècle vont sombrer dans l'oubli jusqu'en 1979. Une équipe de passionnés va organiser des fouilles et faire revivre les vestiges.


Redécouverte du château vers 1981 ( collection personnelle)


Malgré le mystère et l'incertitude quant à l'histoire du lieu, les restes du château seront classés Monument Historique en 1994...

ETAT ACTUEL

Les ruines s'étendent sur une surface d'environ 150m X 50. La base du donjon  et plusieurs bases de murs déterrées et restaurées témoignent de la présence de ce château-fort. Un large fossé creusé dans le roc est présent au sud du rocher.

ACCÈS

Suivre la route départementale reliant DOSSENHEIM SUR ZINSEL (67) à PHALSBOURG (57). A la sortie du village, peu après le route forestière menant au château de HUNEBOURG, prendre la route à gauche traversant la rivière. Laisser le véhicule après le pont. Un sentier balisé assez raide conduit aux ruines en 45 minutes .


VUES DU SITE





Croquis des ruines présenté sur place




Arrivée sur place




Sous le rocher




Éboulis




Pierre à bossage émergeant du chaos




Angle Nord-Est du rocher




Le fossé




Fossé et base du donjon




Le donjon




Les logis




Une salle




Vestiges d'une porte




Entrée des logis




Arche reconstituée




La porte principale




La chapelle




Enceinte




Vue générale Nord-Sud




Abri des archéologues




Extrémité Nord du rocher "ATTENTION A LA MARCHE"

ABBAYE DE POUSSAY

L'ABBAYE DE POUSSAY (88):

A L'ORIGINE DE LA DEUXIÈME PLUS GRAND FOIRE DE FRANCE

SITUATION

Située sur la commune éponyme, l'abbaye de POUSSEY couronnait le mamelon dominant à environ 300 mètres la vallée du Madon et le village.

HISTOIRE

La création de l'abbaye est due à BERTHOLD évêque de TOUL de 996 à 1019. C'est l'évêque BRUNON D'EGUISHEIM ( futur pape SAINT-LEON) qui consacre l'abbaye le 15 mai 1026. A cette occasion les reliques de SAINTE MENNE, ermite qui vécu au IV° siècle sont transférées à l'abbaye. Il s'agit d'un monastère tenu par les religieuses bénédictines. Un village dépendant du chapitre apparaît autour de l'abbaye au XI° siècle. L'effectif du couvent se composait d'une abbesse, d'une doyenne, de quinze chanoinesses et de quatre chanoinesses-chapelains, toutes issues de la noblesse lorraine.
 


L'abbaye de POUSSAY


A l'instar des chanoinesses de REMIREMONT ou d'EPINAL, celles de POUSSAY vivaient très librement et pouvaient ne pas prononcer de vœux comme Marie-Elisabeth de LUDRE (1647-1726), un temps maîtresse du roi de France LOUIS XIV.

L'abbaye possédait un évangéliaire enluminé à REICHENAU  (D) vers 990. Aujourd'hui conservé par la bibliothèque nationale il et classé par l'UNESCO au titre de la mémoire du monde.


L'évangéliaire de POUSSAY

L'abbesse, investie par le pape, avait pouvoir de haute, moyenne et basse justice hors les cas criminels. Ce droit est confirmé par le duc de Lorraine FERRY II en 1208. Au XIV° siècle le roi de France PHILIPPE VI dit DE VALOIS prend l'abbaye sous sa protection (1331). Ce fait déplaît au duc RAOUL, ce qui conduira le roi de France à renoncer à ses prétentions.


En juillet 1598 SAINT-PIERRE-FOURIER ouvre au sein de l'abbaye la première école de filles ouverte aux pauvres comme aux riches. Il est soutenu par les chanoinesses Catherine DE FRESNEL et Judith d'APREMONT, mais surtout par la future bienheureuse Alix LECLERC. La même années est créée à POUSSAY une foire agricole toujours active de nos jours et qui est devenue la deuxième de France par son importance.

Les bâtiments abbatiaux furent anéantis en 1793 lors de la Révolution.



ALIX LECLERC



Elle est née à REMIREMONT le 2 février 1576. Elle a 19 ans quand elle rencontre à MATTAINCOURT (voir ce nom) le futur SAINT-PIERRE-FOURIER. La vocation lui vient et la nuit de noël 1597 avec quatre autres jeunes femmes elle se consacre à la vierge en l'église de MATTAINCOURT, donnant naissance au "Rassemblement de notre Dame Chanoinesses". Ces femmes vont se consacrer aux pauvres, mais durant la nuit du 19 au 20 janvier 1598, Pierre FOURIER reçoit l'inspiration. Ces femmes seront des maîtresses d'école. Pierre FOURIER développe son idée devant les chanoinesses de POUSSAY qui décident alors d'accueillir Alix et ses institutrices, au sein de l'abbaye pour y fonder la première école pour filles. Les vocations de maîtresses d'école vont se multiplier et d'autres écoles virent le jour. Alix meurt à l'âge de 46 ans à NANCY le 9 janvier 1632.

ETAT ACTUEL

Il reste bien peu de vestiges de l'abbaye de POUSSAY. Un puits médiéval en témoigne et quelques bâtiments construits avec les pierres du monastère subsistent.

ACCÈS

Allez au centre de POUSSAY, vous serez sur le site de l'abbaye.


VUES DU SITE



Vue aérienne du site de l'abbaye (collection particulière)




le chœur de l'église




La place centrale




Le puits




Détail du puits




Vers la mairie




Place du puits




Partie du champ de foire ( image trouvée sur le net)

CHÂTEAU DE BELMONT SUR VAIR

LE CHÂTEAU DE BELMONT SUR VAIR (88):

AU CŒUR DU VILLAGE


SITUATION



Le château de BELMONT-SUR-VAIR se trouve sur la commune du même nom et marque le point culminant de la localité à 350 mètres d'altitude.



HISTOIRE


La forteresse est mentionnée au XII° siècle. Elle est occupée par les nobles de BELMONT. Le château passera à plusieurs familles à la fin du XIV° siècle. Au XV° siècle les nobles de SEROCOURT occupent la place. En 1508 la chapelle castrale est agrandie puis réaménagée en 1512.



Les Seigneurs de BELMONT



Avec le XVIII° siècle la forteresse perd son caractère médiéval. Au XIX° siècle le château est en ruines. Partagées entre plusieurs propriétaires, il  va connaitre de multiples démolitions qui se poursuivront même durant la seconde moitié du XX° siècle, puisqu'une tour va disparaître au profit d'une maison d'habitation...

ETAT ACTUEL

Il reste néanmoins d'importants vestiges qui ne sont pas mis en valeur. Quant à la chapelle castrale, elle  est devenue l'église paroissiale.

ACCÈS

Au centre du village, les restes du château s'étalent entre la place de l'église et la rue du château. Seule une visite extérieure du site est possible.



VUES DU SITE



Côté Ouest




Courtine englobée dans une bâtisse




Tour d'habitation




Façade Ouest de la tour




Détail




Muraille isolée




Côté Sud




La chapelle et le château




Chapelle castrale




Portail XVIII° siècle