samedi 9 septembre 2017

CHÂTEAU DE CREHANGE

LE CHÂTEAU DE CREHANGE (57):

SIÈGE D'UN COMTE DU BAILLIAGE D'ALLEMAGNE


Voici une ruine qui mériterait bien plus de considération que celle qui est la sienne aujourd’hui.  Son état est déplorable et son accès impossible du fait qu'elle est totalement entourée de construction modernes dont les clôtures jouxtent les vestiges.

SITUATION

Le château de CREHANGE se trouve sur la commune de même nom. Il se dresse sur une hauteur située en contrebas de l'église à  250 mètres d'altitude. 


HISTOIRE

Le château est érigé au XII° siècle par les nobles de MALBERG apparentés aux comtes de SALM et avoués de l'abbaye de REMIREMONT pour les terres de FENETRANGE. A la fin du XII° siècle, la famille de CREHANGE apparaît. Burcard de CREHANGE va se croiser aux côtés du duc de BAR et sera fait prisonnier à GAZA en 1239. A la fin du XIII° siècle le château passe à la famille DE TORCHEVILLE ( 1295). Godemann DE TORCHEVILLE va agrandir le domaine. Cette famille deviendra la lignée de barons de CREHANGE qui va posséder quelques quarante châteaux et une centaine de seigneurie entre la Meuse et le Rhin. Au cours du XIV° siècle les CREHANGE deviennent vassaux du duc de LUXEMBOURG.







Les comtes de CREHANGE


En 1477 Jean IV DE CREHANGE participe à une coalition destinée à secourir le roi de Bohème. Il sera fait prisonnier par le duc de Bourgogne et le château subira un siège qui n'aboutira pas. En 1486 Jean IV vote à l'élection de Maximilien DE HABSBOURG. La puissance de la famille est à son apogée. Georges DE CREHANGE bénéficie de lettres d'indulgences de la part du pape INNOCENT VIII en 1488 en contrepartie de sa participation au financement de la guerre contre l'empire Ottoman. En 1508 le pape JULES II en délivre de nouvelles au futur JEAN V en contrepartie de subsides pour la défense de la Livonie menacée par les Ruthènes. Ce même Jean V va épouser Immergarde DE RAVILLE et acquérir la dignité de maréchal héritier du duché de LUXEMBOURG. 

La révolte des Rustauds de 1525 menace. le baron de CREHANGE rejoint l'armée lorraine du duc ANTOINE destinée à mater les insurgés. En 1544 le château reçoit un hôte de marque en la personne de l'empereur CHARLES V. Georges Ier de CREHANGE qui a l'honneur de porter l'épée du souverain en visite à METZ, va aussi héberger le monarque en son château.   

La seigneurie devient un comté impérial en 1617. Mais l'influence française est en marche. En 1552 les français sont à METZ. De son côté le duc de Lorraine CHARLES III qui est le beau-frère du roi de France HENRY II étend son domaine en rachetant des terres orientales. Henri de GUISE a acquis les terres de HOMBOURG-HAUT jadis possession d'une branche de la famille de CREHANGE. Finalement seule le terre de CREHANGE va rester possession d'empire en 1624 et devenir terre luthérienne. La guerre de trente-Ans éclate. Le château va connaître plusieurs occupations des divers belligérants accompagnées de destructions. CREHANGE ne sera rattaché à la France qu'en 1793, quant au château il sera rasé au cours de la Révolution. 


ÉTAT ACTUEL

Sur un terrain plat envahit d'une inextricable végétation s'élève les vestiges d'une tour ronde en fort mauvais état.

ACCÈS

Impossible. On peut toutefois s'approcher du côté sud de la tour après avoir affronté ronces et orties. La tour peut être aperçue à l'arrière des construction modernes qui ont entièrement isolé le château (comme à JAILLON (54) - voir ce nom).


VUES DU SITE



Vue aérienne  ( Géoportail) - la position du château est marquée par l'étoile rouge.


Les ruines se cachent derrière la meule de foin


La tour vue du cimetière


Vue générale


La tour côté Sud


Une canonnière



Vue rapprochée Nord-Ouest


Vue rapprochée côté Nord

mardi 5 septembre 2017

CHÂTEAU DE RONCOURT

LE CHÂTEAU DE RONCOURT (88):

DEVENU UN MANOIR AU XVIII° siècle

SITUATION

Le château de RONCOURT se trouve sur la commune d'HAGNEVILLE ET RONCOURT à 380 mètres d'altitude. Il jouxte l'église d'un village qui ne compte que quelques familles.


HISTOIRE

Un château féodal existait déjà à l'emplacement de l'actuelle construction. Il appartenait à la famille D'ANGLURE. René D'ANGLURE, seigneur de LIGNEVILLE, de BOURLEMONT et gouverneur de LA MOTHE donne le château à Etienne MENU DE RONCOURT pour services rendus. Le duc de Lorraine CHARLES III anoblit le nouveau châtelain le 25 septembre 1583. Cette famille conservera les lieux jusqu'au milieu du XVIII° siècle. 

Le château féodal a laissé la place à une demeure classique. Vers 1760 Nicolas HENNEQUIN est en possession du domaine. Dès 1784, le château est acheté par un noble irlandais de la famille DE STACK. Josèphe-Pauline DE STACK épouse Richard DE FLEURY qui devient le nouveau propriétaire des lieux. En 1824 RONCOURT passe par mariage à la famille DE BIGOT. Actuellement le château est la propriété de Yann WEHRLING, illustrateur et homme politique. RONCOURT est devenu un établissement de chambres d'hôtes.


ÉTAT ACTUEL

Le château est une construction rectangulaire qui possède des canonnières à redents sur sa façade sud, vestiges du château-fort. Un parc, une ferme en ruines et un pigeonnier complètent l'ensemble.

ACCÈS

Le château est en bordure de la route qui traverse le hameau. RONCOURT est une propriété privée qui ne se visite pas. 


VUES DU SITE


Vue aérienne  ( Géoportail) - le château et entouré en rouge.


Vue générale


Eglise et entrée du château


La ferme

lundi 28 août 2017

ABBAYE DE MUNSTER

L'ABBAYE DE MUNSTER (68) :

A L'ORIGINE DU FROMAGE EMBLÉMATIQUE DU MASSIF VOSGIEN

SITUATION

Les vestiges de l'abbaye de MUNSTER se trouvent sur la commune éponyme, en ville, au sud du temple protestant, dans un parc à 390 mètres d'altitude environ. 


HISTOIRE

Un premier monastère voit le jour au VI° siècle sur la commune de STOSSWHIR au lieu-dit SCHWEINSBACH. Cet établissement serait dû à des moines venus d'Ecosse disciples de GREGOIRE 1er. Vers l'an 660 ce premier monastère est abandonné pour renaître à l'emplacement actuel à MUNSTER. L'abbaye prend le nom de MONASTERIUM AD CONFLUENTE. La règle de SAINT-BENOÏT sera observée par les religieux. A cette époque l'Alsace est gouvernée par BONIFACIUS, un noble franc. Celui-ci dote l'abbaye d'un statut reconnu par le roi CHILDERIC II. Au XI° siècle l'abbaye devenue impériale jouit de l’Immunité qui lui permet de choisir son abbé. A la fin du XI° siècle le monastère tombe sous la coupe du comte EBERHARD avant d'échoir à l'évêque de BÂLE. Le 4 mai 1182 l'abbaye est ravagée par un puissant incendie.

Le monastère sera relevé. Il devient un chapitre de nobles séculiers au XIV° siècle. En 1333 les lieux sont dirigés par l'abbé MARQUART. L'abbaye sera ravagée par un second incendie au cours du XV° siècle. La ville de MUNSTER membre de La Décapole est gagnée par la Réforme, mais le monastère se maintient. En 1659 l'abbaye s'affilie à la congrégation de SAINT-VANNE et SAINT-HYDULPHE .

En 1672 la France envahit la Lorraine. Les moines de l'Abbaye du SAINT-MONT à REMIREMONT transfèrent la chasse de SAINTE-CLAIRE vers MUNSTER afin de la protéger des pillages français. L'abbaye est devenue bénédictine. Elle va accueillir un novice illustre en la personne de DOM Augustin CALMET entre 1690 et 1696. De 1704 à 1706 il deviendra sous-prieur puis abbé de la puissante abbaye de SENONES (88) où il exercera ses activités d'historien de la Lorraine.

Au XVIII° siècle l'abbaye est un important centre littéraire qui posséda une bibliothèque de 8000 volumes. Comme partout, la Révolution va sonner le glas du monastère qui fermera ses portes en 1790. Les bâtiments sont vendus à un industriel qui les transforme en usine textile. En 1802 l'église abbatiale est abattue et ses matériaux sont dispersés. Des constructions modernes vont émerger sur l'emplacement de l'abbaye. Il faudra attendre 1967 pour redécouvrir les vestiges actuels qui seront classés Monuments Historiques en 1990 et 1992. 


HISTOIRE DU FROMAGE


Ce fromage serait né dès le VII° siècle, fabriqué par les moines de l'abbaye. Initialement prévu pour nourrir les populations locales, le recette va connaître une large diffusion sur tout le massif vosgien. Les fermiers cherchant un débouché commercial pour leur production prendront l’habitude de la vendre à GÉRARDMER (88). Ainsi, la majorité de la production est échangée dans cette ville où est fixé un prix de référence annuel chaque 23 juin. Lors de la fête qui se déroule à cette occasion, on paie aussi au duc de Lorraine les redevances relatives à la location des herbages situés à plus de 1000 mètres d'altitude. Ce paiement s'effectue un fromage, qui en lorraine prend le nom de GEROMÉ soit le nom de la localité en vosgien. C'est pour cela qu'officiellement l'appellation A.O.C. du fromage est MUNSTER-GEROMÉ.


ÉTAT ACTUEL

Il ne subsiste que quelques vestiges du cloître.

ACCÈS

A MUNSTER, suivre la déviation pour les poids-lourds, vous passerez sous les ruines. 


VUES DU SITE



Vue aérienne  ( Géoportail) - L'étoile marque l'emplacement des vestiges.




Vues générales


Une porte





Le cloître


Cage d'escalier



jeudi 24 août 2017

PRIEURE DE SAINT-QUIRIN

LE PRIEURE DE SAINT-QUIRIN (57):

ANNEXE DE L'ABBAYE DE MARMOUTIER (67)

SITUATION

Le prieuré de SAINT-QUIRIN ( 310 m) se trouve sur la commune de même nom. Il domine le village et constitue un ensemble possédant deux églises, l'une accolée au prieuré, l'autre situé au sommet d'une colline (350 m) domine la localité inscrite parmi les plus beaux villages de France. La particularité de SAINT-QUIRIN au niveau linguistique et qu'il s'agit là d'une enclave où historiquement l'on parlait le vosgien dans une contrée germanophone.


HISTOIRE

Le nom de SAINT-QUIRIN est dérivé de celui de QUIRINUS, saint martyr romain qui vivait à ROME au II° siècle où il fut martyrisé en 132 sous l'empereur HADRIEN. Occupé depuis fort longtemps, le lieu n'apparaît historiquement qu'en 966 sous le nom de GEDELSADIS. Il s'agit d'un ermitage que le comte Louis de DABO donne à l'abbaye de MARMOUTIER qui dépend du diocèse de METZ. Le pape local SAINT-LEON ( Brunon de DABO-EGUSHEIM) offre à sa sœur  Gepa de DABO abbesse de NEUSS, des reliques de SAINT-QUIRIN. Le convoi chargé du transport aurait fait halte à l'emplacement de l'actuelle chapelle du Haut. la colline pris le nom de SAINT-QUIRIN. Un prieuré fondé en 1122 vit le jour, son premier prieur sera WOLFRAMM. Son église est consacrée en 1123 par légat pontifical le cardinal CUNON. Le château-fort d' ISHEID - vois ce nom aurait-été érigé pour y loger l'avoué du prieuré.


SAINT-QUIRIN

Un pèlerinage voit le jour. Les pèlerins viennent adorer les reliques et pour compléter l'ensemble, une source jaillissant au pied de l'établissement est réputée avoir des vertus miraculeuses. Au début du XVIII° siècle le prieuré est sur le point de tomber en ruines. Le prieur Dom HERB fait reconstruire l'ensemble qui est consacré le 31 août 1724 par le prieur ANSELME. Entre 1744 et 1766 Dom Placide SCHWEIGHAUSER meuble l'église et fait installer un orgue dû au facteur Jean-André SILBERMANN. 

Le prieuré est classé Monument Historique le 18 octobre 1994.


ÉTAT ACTUEL

Le Prieuré est devenu un presbytère. L'étonnante église aux clochers en oignons est fort bien entretenue.

ACCÈS

Les accès à l'église, la chapelle du haut et la source sont bien indiqués. 


VUES DU SITE



Vue aérienne. A gauche, la chapelle, à droite le prieuré
(collection particulière)  



La chapelle du Haut


Ruelle du village


L'église


Parvis de l'église


Le prieuré-presbytère



Linteau de la porte du prieuré


Intérieur de l'église


La source "miraculeuse"


La source et le ruisseau


Le clochers

dimanche 20 août 2017

''CHÂTEAU'' DES SARRAZINS

LE ''CHÂTEAU'' DES SARRAZINS (88):

OPPIDUM CELTIQUE

SITUATION

L'oppidum dit "château des SARRAZINS" se trouve sur la commune d'ETIVAL-CLAIREFONTAINE. Il occupe le sommet de la tête de REPY à 492 d'altitude et englobe l'ensemble rocheux constitué par les roches de la PIERRE D'APPEL et de la POÊLE.


HISTOIRE

Au cours des années 1960, un projet d'implantation d'une antenne relais de télévision entraîne un chantier de fouilles archéologiques sur l'emplacement retenu pour les travaux. L'endroit nommé CAMP DES SUÉDOIS ou CHÂTEAU DES SARRASINS avait déjà fait l'objet de fouilles au XIX° siècle. Un important oppidum comprenant les vestiges de 37 constructions est mis à jour. Les sondages dureront de 1967 à 1969 pour aboutir au classement du lieu au titre des Monuments Historiques le 24 octobre 1969.

Pendant du camp celtique de LA BURE - voir ce nom, qui lui occupe la rive opposée de la Meurthe,  le site de la côte de REPY révèle une occupation humaine remontant à l'an 2000 avant J.C. L'oppidum Leuque aurait été édifié vers 250 avant J.C. Les lieux ont été désertés aux alentours de l'an 15 avant J.C, sans doute détruits par les armées de l'empereur AUGUSTE en lutte contre les Germains. L'endroit revivra entre les années 150 et 230 comme l'ont prouvé des restaurations du système de défense datées de cette époque. Un cimetière païen datant des VI° ou VII° siècle a été découvert. Certains historiens pensent qu'une construction défensive a été aménagée au haut Moyen-Âge d'où la dénomination de "château". Au XIII° siècle, une ferme occupait encore le sommet de la tête de REPY.

Les fouilles ont permis d'établir que le site possédait des maisons dont les tailles maximum étaient de 15 mètres sur 6. Il y avait plusieurs sites métallurgiques sur lesquels on a découvert des scories et de nombreux objets de fer; il y avait aussi comme à LA BURE plusieurs lieux dédiés aux pratiques religieuses comme le BECHOT DES OISEAUX au sommet de la roche de la Poêle qui est une vaste cupule de 80 centimètres de diamètre.


ETAT ACTUEL

Des vestiges de murailles sont visibles sur la Pierre d'Appel. Le site s'étend sur 2,5 hectares mais les vestiges sont plus que discrets car la végétation a repris ses droits et il faut deviner l'emplacement des remparts et des fossés. Depuis la pierre d'Appel qui est un impressionnant ensemble minéral, la vue vers les vallées de la MEURTHE et du RABODEAU est unique. 

ACCÈS

A ETIVAL-CLAIREFONTAINE, passer devant l'abbaye , traverser le pont de LA VALDANGE et emprunter l'étroite rue qui s'embranche après ce pont. Après les dernières maisons stationner le véhicule au premier embranchement forestier. Un sentier mène au site en 40 minutes de forte montée.


VUES DU SITE



Croquis du site


La côte de REPY et la PIERRE d'APPEL


Sous les roches


Arrivée sur le site




Les roches


Le plateau rocheux



La "tour"


Mur antique


Roche de la POÊLE et le BECHOT DES OISEAUX
(Béchot en vosgien veut dire verre à boire ou bol)


Gros plan sur le "béchot"


Le rocher observatoire


Les fossés


Emplacement d'un chantier de fouilles


Les fouilles en 1971


Près des remparts en 1971


Traversons la passerelle pour jouir du panorama


Vallée de la Meurthe. Au second plan on voit
les papeteries de CLAIREFONTAINE


La vallée du Rabobeau et MOYENMOUTIER


Le château de la HAUTE-PIERRE ( voir ce nom)


L'abbaye de MOYENMOUTIER (voir ce nom)



L'abbaye d'ETIVAL (voir ce nom)


Vers SAINT-DIE et le HOHNECK


Hameau de SAINT-BLAISE et RAON-L'ETAPE